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French Tech en crise : le gouvernement s’apprête à lui injecter 1,2 milliard d’€

Bruno Le Maire, ministre de l’Économie et des Finances, et Cédric O, secrétaire d’État chargé du numérique, ont annoncé ce 5 juin un plan de soutien financier à la French Tech. Les entreprises et les jeunes pousses qui affichent fièrement cette cocarde 2.0 auraient été durement touchées par la crise sanitaire en cours.

Selon les informations du ministère de l’Économie, les startups françaises représentent 100 000 emplois et prévoyaient d’en créer 25 000 supplémentaires en 2020. Seulement, la crise sanitaire a rebattu les cartes.

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Fidèle à sa logique, le gouvernement tire la couverture vers le positif et ancre ce « plan de soutien public conjoncturel » dans une stratégie globale de souveraineté numérique, une notion chère à Cédric O, mais qui n’est pas encore totalement une réalité au niveau institutionnel.

« Nous devons protéger nos startups et les aider à se développer face à la concurrence américaine et chinoise. »
Bruno Le MaireMinistre de l’Économie et des Finances

« Les entreprises technologiques sont au cœur de la reconstruction économique de notre pays. Les soutenir est un impératif, car elles sont essentielles à l’innovation et à notre souveraineté technologique. La crise du Covid-19 a montré l’importance croissante de l’économie numérique dans nos sociétés. Nous devons protéger nos startups et les aider à se développer face à la concurrence américaine et chinoise. C’est toute l’ambition que nous portons avec ce plan de soutien », déclare Bruno Le Maire.

Si au bout du compte, il est bien question de pansements financiers pour éviter la fuite des cerveaux, ceux-ci prendront plusieurs formes (prêts, aides, investissements) et seront dépendants du Programme d’investissement d’avenir (PIA).

Le gouvernement à la rescousse de la French Tech

Ce nouveau plan comprend donc cinq volets. Le premier consiste à lancer le fonds « French Tech Souveraineté » géré par Bpifrance. La banque publique d’investissement peut déjà compter sur un portefeuille de 150 millions d’euros. Celui-ci pourra à grossir jusqu’à 500 millions d’euros en 2021 afin de financer « les acteurs clés » de « l’autonomie technologique » de la France.

 Le gouvernement compte également allouer une enveloppe de 335 millions d’euros, pour ré-abonder le fonds French Tech Bridge (80 millions), lancer une offre de prêt pour les startups en difficulté non éligibles au prêt garanti par l’État (100 millions), renflouer le fonds PSIM (Programme de soutien à l’innovation majeure) à hauteur de 120 millions, et renforcer les dispositifs d’aide à l’innovation dont le concours d’innovations i-Nov (20 millions) et les Challenges IA (15 millions).

Le gouvernement garde aussi un œil sur les futures pépites. Traduisons : tous ces fonds ne sont pas uniquement réservés au FT120. Ainsi, deux cents millions d’euros seront attribués à la continuité du plan Deep Tech « afin de ne pas compromettre la création de nouvelles startups », peut-on lire dans un communiqué de presse. Là encore, les fonds sont répartis dans trois programmes, dont le fonds French Tech Accélération n° 2 doté de 100 millions d’euros. Le réseau SATT recevra 65 millions, tandis que l’appel à projets deep tech bénéficiera de 15 millions supplémentaires.

Recréer de l’envie autour des startups

En parallèle, Bruno Le Maire et Cédric O présentent deux mesures moins financières que politiques. Le ministre et le secrétaire d’État souhaitent favoriser le recrutement de jeunes soldats de la French Tech en mettant sur pied dès cet été « une plateforme de contenus en ligne » qui présentera les opportunités d’emplois chez les jeunes pousses françaises.

De même, 500 000 euros tirés du French Tech Community Fund 2020 (1 million d’euros) seront attribués à des initiatives locales sur le même thème. Enfin, une consultation publique sera lancée dans les prochains jours jusqu’au 31 juillet afin de « recenser les mesures à maintenir et les nouvelles dispositions à prendre » pour « le développement des usages numériques ». Par exemple, le gouvernement avait demandé la révision de textes de loi pour faciliter le télétravail et la télémédecine.

Au bout du compte, l’État promet 700 millions à 1,2 milliard d’euros pour aider ces entreprises du numérique à redresser la barre. En mars dernier, le gouvernement avait lancé des mesures d’urgence à hauteur de 5,5 milliards d’euros. Trois milliards ont déjà été distribués sous forme de prêts garantis auprès de 5 000 PME et 2,5 milliards d’avances de trésorerie, via le crédit impôt recherche.

Le CES 2021 de Las Vegas, toujours prévu pour le mois de janvier, permettra sans doute de prendre le pouls de cet écosystème français.

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