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DataOps : Saagie lève 25 millions d’euros pour renforcer sa présence aux États-Unis

Saagie, un spécialiste normand du DataOps a annoncé cette semaine une levée de fonds de 25 millions d’euros réalisée auprès d’investisseurs français. Son objectif : élargir son influence en Europe et aux États-Unis.

Tout comme Delphix, l’éditeur Saagie s’est fait connaître pour son expertise DataOps. Il propose un orchestrateur de pipelines de données, capable de connecter divers outils open source de préparation, d’injection, de calcul et d’analyse de données et d’en surveiller le bon fonctionnement.

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Afin de poursuivre le développement de son produit et sa portée commerciale, Saagie a levé 25 millions d’euros auprès de Crédit Mutuel Innovation, Seventure Partners (Natixis), et AG2R LA MONDIALE. Les investisseurs historiques Cap Horn, BNP Developpement et participent également à l’opération. Depuis sa création, Saagie a donc récolté 37 millions d’euros.

L’éditeur propose d’installer son orchestrateur sur site, mais aussi sur les clouds publics Azure, AWS et Google Cloud. « Nous voulons renforcer cette dimension multicloud, c’est-à-dire le passage d’un cloud à l’autre des données, des traitements, des orchestrations des jobs tout en continuant à proposer la solution sur site », affirme Jérôme Trédan, directeur général chez Saagie.

De même, le spécialiste du DataOps veut améliorer le monitoring, le contrôle des processus, la gestion de l’aspect de sécurité afin de « tracer la chaîne de vie d’un projet data ». Il veut également embarquer « plus de technologies » pour faciliter l’orchestration des pipelines de traitements de données et la compatibilité avec les nombreux composants d’une chaîne analytique.

« Les niveaux de sécurité sont très appréciés chez nous. Nous avons mis en place le protocole Kerberos. Il offre un degré d’authentification très poussé. »
Jérôme TrédanDG, Saagie

« Les niveaux de sécurité sont très appréciés chez nous. Nous avons mis en place le protocole Kerberos. Il offre un degré d’authentification très poussé. Plus généralement, les clients apprécient la liberté de notre solution qui permet de gérer des traitements en Python, en Scala, en R, en Java, etc. », vante le dirigeant. La solution peut notamment être connectée avec des plateformes de Data Science comme Dataiku ou Datarobot.

L’éditeur développe en ce moment même un SDK afin que ses clients puissent intégrer eux-mêmes leurs environnements à sa plateforme.

Se développer aux États-Unis, d’abord auprès des banques

Actuellement, Saagie emploie environ 90 personnes. La somme récoltée servira notamment à doubler les effectifs d’ici à deux ans.

« Nous allons engager des développeurs, mais nous allons aussi investir dans l’accompagnement de nos clients et dans le marketing pour nous assurer qu’au travers de nos partenaires, nos clients puissent développer davantage de cas d’usage avec notre outil », annonce Jérôme Trédan.

« Les banques et assurances représentent environ 50 % de notre chiffre d’affaires. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous nous sommes installés à New York. »
Jérôme TrédanSaagie

Cet acteur français affichait déjà des ambitions internationales. Installé à Rouen, Paris, Londres et New York. Il veut maintenant renforcer son activité aux États-Unis et en Europe. L’objectif, c’est de multiplier par quatre le nombre de clients, selon le directeur général. Aujourd’hui, « les banques et assurances représentent environ 50 % de notre chiffre d’affaires. C’est l’une des raisons pour lesquelles nous nous sommes installés à New York », affirme-t-il. En France, la Caisse d’épargne, BNP Paribas, mais aussi l’industriel Vallourec et le ministère des Armées, utilisent la solution DataOps de Saagie.

« Nous nous sommes aperçus que la souveraineté des données et la maîtrise de la chaîne de valeur sont importantes pour nos clients. Nous nous développons très fortement sur le secteur public en France », assure le dirigeant.

Saagie veut rester fidèle à l’approche DataOps

Aux États-Unis, Saagie n’aura pas seulement à faire à Delphix. Des acteurs plus traditionnels, dont IBM, se sont lancés sur le marché du DataOps.

Jérôme Trédan ne s’en inquiète pas outre mesure. « Je considère que c’est le signal d’un sujet porteur. Nous observons effectivement un peu de “DataOps washing” effectué par des acteurs traditionnels », déclare-t-il.

« Le DataOps est une méthodologie, un outillage et un concept, [...] [la méthodologie est] basée sur l’ouverture et l’interopérabilité. »
Jérôme TrédanSaagie

Le dirigeant ne jette pas la pierre à ses concurrents. « Cela demande d’entrer dans le détail de chaque solution parce que le DataOps est une méthodologie, un outillage et un concept », précise-t-il. « C’est une question de conception. Si derrière c’est pour vendre du matériel ou adopter une logique propriétaire, c’est un peu dévoyer la méthodologie qui est basée sur l’ouverture et l’interopérabilité », tranche Jérôme Trédan.

L’éditeur se veut plus fidèle au concept de DataOps. Avec les autres acteurs de la chaîne analytique, Saagie veut proposer des propositions communes. Le DG cite notamment le rapprochement avec le spécialiste du data wrangling, Trifacta. « Nous voulons fédérer l’écosystème et nous commençons pour nous allier avec les acteurs reconnus du traitement de données », conclut-il.

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