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Observabilité : New Relic casse les prix et refond sa plateforme

New Relic annonce une refonte de sa plateforme d’observabilité New Relic One. L’éditeur veut simplifier son modèle économique et ses produits alors que les clients se plaignent de la complexité et du coût des solutions disponibles sur le marché.

Le spécialiste de l’observabilité New Relic a lancé il y a un peu plus d’un an sa plateforme SaaS d’observabilité New Relic One. Celle-ci doit offrir une vue unifiée aux Equipes SRE et de développement.

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« Aujourd’hui, les développeurs et les SRE doivent disposer de compétences Full Stack parce que les architectes se sont beaucoup fragmentées, sont devenues beaucoup plus complexes et volatiles. Le besoin d’une observabilité complète est là. Néanmoins, les clients nous disent qu’ils ont beaucoup trop d’outils pour surveiller les traces, les logs, les métriques issus des infrastructures et des applications », déclare Gregory Ouillon, CTO EMEA chez New Relic.

Hormis cette complexité, les éditeurs ont leur responsabilité dans cet éparpillement. En cause, le coût des solutions disponibles sur le marché. « Beaucoup de clients nous disent que [l'observabilité] est trop cher, qu’ils sont obligés d’échantillonner, d’arbitrer quels systèmes ils vont instrumenter », assure Gregory Ouillon.

Cette réalité n’encourageait pas les clients à passer sur une solution unifiée comme celle de New Relic. D’autant que l’éditeur cumulait jusqu'alors une dizaine de produits plus ou moins complémentaires et donc eux aussi concernés par les remarques des prospects et des développeurs.

Une (petite) refonte de New Relic One

Pour faciliter l’adoption de New Relic One accentue sa démarche. « Nous allons abandonner la tarification basée sur la taille de l’infrastructure et sur le nombre d’hôtes et réduire le nombre de produits », annonce le CTO EMEA.

Ainsi, cette restructuration avant tout commerciale de New Relic One repose maintenant sur trois produits. Le premier se nomme Telemetry Data Platform. Celui-ci intègre NRDB, la base de données Time Series et multitenant de New Relic. Celle-ci serait capable d’ingérer au moins un pétaoctet de données.

Ainsi, Telemetry Data Platform doit permettre d’ingérer les données, de les stocker, de les visualiser et de créer des alertes à un seul endroit. « Elle disposera d’une compatibilité totale avec Prometheus, PromQL et Grafana », ajoute Gregory Ouillon. De la sorte, l’éditeur veut donner un moyen pour supprimer les serveurs Prometheus installés sur site et de les remplacer par sa Telemetry Data Platform. Les données doivent être interrogeables via NRQL, le langage de requête propriétaire de NRDB ou avec celui de Prometheus, PromQL. Pour la visualisation, les clients ont maintenant le choix entre celles proposées par l’éditeur ou celles réalisables avec Grafana.

« Beaucoup de clients nous disent que [l'observabilité] est trop cher, qu’ils sont obligés d’échantillonner, d’arbitrer quels systèmes ils vont instrumenter ».
Gregory OuillonCTO EMEA, New Relic

 Pour faciliter cette ingestion, l’éditeur compte passer l’ensemble de ses agents, ses intégrations et ses SDK en open source en les adaptant au projet OpenTelemetry de la Cloud Native Computing Foundation. Hormis, les agents Java, Web, mobile et PHP, tous les autres sont déjà disponibles en open source.

À noter que Telemetry Data Platform « devient le socle de New Relic One ». C’est sur cette couche que reposent les deux autres produits.

Le deuxième produit se nomme Full-Stack Observability. Il doit faciliter l’analyse et le dépannage des infrastructures, des applications (APM), des logs, des traces, des métriques, tout en gérant l’expérience utilisateur depuis une seule interface.

En clair, tous les outils de monitoring, de recherche et de visualisation des données et métadonnées des systèmes sont disponibles au même endroit. Par exemple, il est possible de créer depuis un seul tableau de bord avec une vue sur tous les services et microservices inclus dans une infrastructure.

Enfin, Applied Intelligence est le nouveau nom pour New Relic AI, une offre lancée en avril dernier. L’outil offre de la détection automatique d’anomalies, permet de réaliser la corrélation d’incidents, leur enrichissement avec des évènements historiques et la réduction automatique du bruit des alertes.

Pour utiliser ce service, le client de New Relic doit donc souscrire à Telemetry Data Platform et Full-Stack Observability. C’est la combinaison de ces trois offres qui finalise l’obtention de la plateforme New Relic One.

Une réduction drastique des coûts pour les clients

Mais qu’en est-il de cette réduction des prix ? La facturation de Telemetry Data Platform est maintenant basée sur le volume de données de télémétrie (événements, métriques, traces, logs) ingérées (et non stockées).

Le tarif est fixé à 25 centimes de dollars par Gigaoctet. De manière permanente, 100 Go d’ingestion sont offerts par mois et les autres services disponibles sur la plateforme sont accessibles gratuitement tant que ce quota n’est pas dépassé. Un administrateur peut ajouter un nombre illimité d’utilisateurs « basiques » qui peuvent interroger et créer des visualisations à partir des données.

« Nous pensons que les développeurs vont pouvoir accéder à l’ensemble de la pile d’observabilité de manière extrêmement compétitive »[...] Ce modèle est beaucoup plus prévisible pour les clients ».
Gregory OuillonCTO EMEA, New Relic

Dans le cadre du modèle précédent, les utilisateurs devaient acheter New Relic APM à un prix de base qui commençait à 25 dollars par mois pour un compte Pro. Ce prix était calculé sur la base d'une instance AWS t2.micro fonctionnant 750 heures par mois, selon le site web de la société. Ceux qui voulaient collecter des données de logs devaient payer des frais distincts à partir de 55 dollars par mois pour huit jours de conservation des données. Pour 30 jours de rétention, ce prix grimpait à 75 dollars. Une simulation sur le site web de New Relic fait apparaître un coût de 750 dollars par mois pour une ingestion de 10 Go par jour avec 30 jours de rétention, soit un coût annuel de 9 000 dollars. Avec le forfait à 0,25 dollar par Go, cette même collecte de données de 10 Go par jour coûterait 912 dollars par an.

Full-Stack Observability dépend de trois forfaits : Standard, Pro et Entreprise, suivant le nombre d’utilisateurs. L’offre standard coûte 99 dollars par utilisateur jusqu’à cinq sièges et un accès utilisateur est offert. On n’en saura pas plus des prix pour les offres Pro et Enterprise qui contiennent davantage d’options d’authentification, de SLA, de respect de standards, un support, etc.

Applied Intelligence propose un quota gratuit de 100 transactions applicatives par mois pour la détection proactive et 1000 corrélations d’incidents par mois. Au-delà, le million de transactions est facturé 0,25 de dollar et les incidents 0,50 de dollar par mois.

« Nous pensons que les développeurs vont pouvoir accéder à l’ensemble de la pile d’observabilité de manière extrêmement compétitive », vante Gregory Ouillon. « Ce modèle est beaucoup plus prévisible pour les clients ».

Concernant les clients existants, New Relic serait en train de les aider à passer une expérience unifiée afin de profiter de la nouvelle offre Full-Stack Observability. « Tous les clients ont commencé à basculer depuis le 30 juillet. Cet été tous reverront leur contrat avec nous », affirme Gregory Ouillon. « Il n’y a pas d’intention de faire coexister plusieurs solutions à des prix différents ».

Une offre pour se relancer dans la course à l’observabilité

« Nous ne pensons pas que tout le marché va vers cette simplicité de fonctionnalités et de tarifications. Derrière les prix uniques [affichés par les concurrents], il y a beaucoup de règles de contournement qui provoque des chocs à la consultation de la facture », défend le CTO EMEA.

Cependant, la concurrence s’intensifie. Les startups pullulent et les acteurs comme Cisco, Splunk, Dynatrace ou encore Sumo Logic veulent s’imposer sur ce marché de l’observabilité. Justement, Sumo Logic a réduit il y a moins de six mois les prix d’ingestion et de rétention de données.

Dynatrace a la réputation d’être cher, mais son One Agent lui réussit en termes de croissance. Son premier trimestre fiscal 2021 s’est terminé avec une augmentation de 225 % des revenus par rapport à la même période l’année dernière, Alors que New Relic prédisait une augmentation de 13 % de son chiffre d’affaires au Q1 2021, en mai dernier. En juin dernier, Lew Cirne, le PDG de New Relic, faisait part de ses inquiétudes quant aux pertes subies par son entreprise. Il présentait alors une nouvelle offre sous le nom de code Hercules, selon les informations de l’Oregonian.

New Relic devra donc faciliter la transition de ses clients existants vers le nouveau modèle et convaincre les nouveaux venus lors de cette phase d’essai prolongé indéfiniment.

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