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Observabilité et GenAI : ClickHouse lève 400 millions de dollars

En sus de récolter des fonds, ClickHouse rachète l’éditeur d’une plateforme d’observabilité open source, Langfuse. Le concurrent de Snowflake et de Databricks, spécialisé dans l’analytique en temps réel, espère bien devenir une référence dans l’observabilité de l’IA générative.

Le 16 janvier 2026, ClickHouse a annoncé une levée de fonds de 400 millions de dollars en série D. Elle est menée par Dragoneer Investment Group, avec la participation, entre autres, de Bessemer Venture Partners, GIC, Index Venture Khosla Ventures ou encore LightSpeed. Sa valorisation atteint désormais 15 milliards de dollars. Au total, ClickHouse a levé 1,2 milliard de dollars en sept tours de table, selon Crunchbase.

Le spécialiste de l’analytique en temps réel ne cesse de gagner en importance. ClickHouse a su se faire une place dans l’ombre de Databricks et de Snowflake. Il a convaincu des équipes qui développent des systèmes d’observabilité, de BI opérationnelle et de machine learning en temps réel. Son aspect open source, les performances de sa base de données orientée colonnes et sa tarification plus douce que ses concurrents auraient attiré 3 000 clients.

Son revenu annuel récurrent a, selon la startup basée à San Francisco et à Amsterdam, crû de 250 % l’année dernière. Outre, les acteurs de la « tech » dont Meta, Cursor, Sony et bien d’autres, ClickHouse séduit de plus en plus les e-commerçants et les institutions financières (Capital One, Deutsche Bank, etc.). Malgré cette forte progression, il reste encore derrière Snowflake, et ses 12 600 clients avérés ainsi que de Databricks, qui revendique plus de 20 000 clients.

Observabilité, IA : ClickHouse muscle son jeu

Fondée en 2021, l’entreprise s’appuie sur un projet développé chez le Russe Yandex, dont le développement a débuté en 2009. Le SGBD s’appuie sur trois fondamentaux : le traitement des requêtes en parallèle, grâce à la vectorisation de l’exécution des requêtes, une couche de stockage établie sur un arbre LSM et plusieurs techniques de compression de données.

En 2012, une première version propriétaire voit le jour pour propulser une plateforme analytique Web, concurrente de Google Analytics. En 2014, elle traite plus de 12 milliards d’événements. Deux ans plus tard, ClickHouse est ouvert sous la licence Apache 2.0.

Désormais, à l’instar de ses deux concurrents, le fournisseur cherche à développer une plateforme unifiée capable d’accueillir un maximum de charge de travail. Évidemment, son regard est tourné vers l’IA générative et agentique.

Et ClickHouse de dévoiler le rachat de Langfuse, une plateforme open source consacrée à l’observabilité des LLM et des applications d’IA générative basée sur… ClickHouse. Déjà utilisée par les grands groupes américains, elle est téléchargée plus de 23 millions de fois par mois. En novembre 2025, l’éditeur avait également acquis LibreChat, un framework open source qui reproduit à la fois l’expérience utilisateur de ChatGPT et intègre la panoplie d’outils nécessaires pour les cas d’usage d’IA agentique (interprétation de code, serveurs MCP, recherche Web, mémoire, etc.).  

Rapprocher ClickHouse de PostgreSQL

En mars, il a mis la main sur HyperDX, une plateforme d’observabilité open source s’appuyant elle aussi sur sa base de données et OpenTelemetry. Oui, avant Snowflake, ClickHouse cherchait déjà à concurrencer Elastic, Datadog, Splunk ou encore New Relic.

En juin 2024, ClickHouse avait racheté PeerDB, un spécialiste de la réplication de bases de données PostgreSQL. Ce service de « change data capture » est en bêta publique sur la plateforme cloud de la startup. En parallèle, elle propose en préversion privée des instances du SGBD ouvert, en partie pour propulser des applications d’IA. Pour ce faire, ClickHouse s’appuie sur UbiCloud, une entreprise qui doit faciliter la conception de services managés en s’appuyant sur les instances de bare-metal des fournisseurs cloud. Comme chez Databricks et Snowflake, l’objectif est de rapprocher les fonctionnalités analytiques et transactionnelles. Cerise sur le gâteau, ClickHouse prend partiellement en charge les formats de tables open source Apache Iceberg, Apache Hudi et Delta Lake.

« Le financement supplémentaire, combiné à la mise à jour continue du produit, nous permettra de proposer la meilleure plateforme d’observabilité des données et du LLM à l’ère de l’IA », espère Aaron Katz, CEO de ClickHouse.

Bien qu’il soit possible de déployer sa plateforme sur site, l’éditeur a surtout obtenu ses lettres de noblesse en se rapprochant des hyperscalers. Sa DBaaS est disponible sur AWS, GCP et Microsoft Azure. Une version self-managed peut être déployée sur les clouds d’Amazon et de Google. Dernièrement, il a annoncé un rapprochement avec Microsoft pour faciliter les intégrations entre son SGBD OLAP et OneLake, l’une des capacités phares de Microsoft Fabric.

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