Base orientée documents : Oracle dégaine sa Autonomous JSON Database

Avec cette nouvelle base cloud, partie intégrante d’Autonomous Database, mais qui est désormais aussi commercialisée de manière indépendante, Oracle veut contrer MongoDB, Couchbase et DocumentDB de son grand rival AWS.

Cet été, Oracle a sorti une nouvelle base de données « autonome » : Autonomous JSON Database. Il s’agit en fait d’une déclinaison, spécifiquement axée sur JSON, de sa base cloud (DBaaS) et tarifée moins chère que l’offre complète.

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JSON est un format de données textuelles largement utilisé. Il est aussi la fondation des bases de données orientées documents. Oracle supportait déjà JSON dans Autonomous Database, sa base cloud phare qui prend aussi en charge plusieurs autres types d’usages et de formats. Mais pour en bénéficier, il fallait payer pour toute la base de données.

La décision de créer une base orientée documents JSON distincte, vise donc à répondre à la demande des développeurs qui n’ont pas besoin de toutes les fonctionnalités de l’offre complète d’Autonomous Database, mais qui souhaitent néanmoins bénéficier de la scalabilité et de la gestion du cloud d’Oracle dans leurs projets de gestions de documents.

Cette version d’Oracle répond de facto aux concurrents du marché. Il existe en effet aujourd’hui de nombreux services cloud de bases orientées documents – à commencer par DocumentDB d’AWS, le nouveau grand rival d’Oracle.

« De mon point de vue, le principal effet de cette offre sera de dissuader les clients d’Oracle qui seraient tentés d’aller regarder vers MongoDB (Atlas), Couchbase ou vers une autre base de données orientée documents », avance Carl Olofson, analyste chez IDC. « [Cette tentation] concerne en partie les projets de migrations vers le cloud, mais aussi les nouveaux projets. C’est pourquoi cette nouvelle base de données JSON low cost d’Oracle me paraît si importante ».

La notion de « low cost » chez Oracle reste à prendre avec précaution. Concrètement, Autonomous JSON Database affiche un prix qui s’élève à environ 25 % de celui de la totalité de la base Autonomous Transaction Processing, dixit le site officiel de l’éditeur.

Oracle permet de créer une base de JSON autonome comme nouvelle option de déploiement.
Oracle permet de créer une base de JSON autonome comme nouvelle option de déploiement.

API SODA

Au cœur d’Autonomous JSON Database on retrouve une API de stockage de documents open source, baptisée Simple Oracle Document Access (alias SODA).

L’API SODA fait partie intégrante d’Oracle Autonomous Database depuis en 2016. Elle fournit une interface avec laquelle les développeurs peuvent interagir et effectuer des requêtes sans avoir besoin du langage SQL, explique Gerald Venzl, chef de produit chez Oracle.

Bien que les utilisateurs n’aient pas besoin de SQL, Gerald Venzl ajoute que SQL reste bien pris en charge en option. « Nous permettons toujours d’utiliser SQL en plus de JSON », confirme-t-il formellement. « Cela donne aux développeurs le choix et la flexibilité ».

Vers d’autres déclinaisons spécifiques d’Autonomous Database ?

Les cas d’usages des bases JSON sont de plus en plus divers, constate Gerald Venzl. Problème pour Oracle, tous les développeurs n’ont pas forcément conscience qu’Oracle Autonomous Database supportait nativement cette capacité. En séparant JSON et en le proposant en un service distinct, le chef de produit explique que l’objectif est aussi de faire gagner en notoriété cette partie de sa DBaaS pour attirer plus d’utilisateurs.

« Le principal effet de cette offre sera de dissuader les clients d'Oracle d'aller voir MongoDB, Couchbase ou une autre base cloud orientée documents du marché. »
Carl OlofsonIDC

Oracle Autonomous Database est ce que l’on appelle une base de données multimodèle, c’est-à-dire qu’elle supporte différents modèles et usages. Elle est à la fois base transactionnelle, base JSON ou encore bases orientées graphe. Gerald Venzl admet que certains utilisateurs peuvent se demander pourquoi ils devraient payer pour l’offre complète, alors qu’ils peuvent n’avoir besoin que d’une base de données JSON. Il espère donc que cette nouvelle Autonomous JSON Database séduira les utilisateurs qui ne veulent qu’une base de données orientée documents.

À l’avenir, Oracle pourrait créer d’autres versions de ce type, dérivées d’Autonomous Database, pour d’autres modèles spécifiques. La première qui vient à l’esprit serait une base de données autonome purement orientée graphes. Gerald Venzl ne confirmera pas cette possibilité. « Oracle écoute en permanence le marché pour voir ce dont les utilisateurs ont besoin », répond-il, sans infirmer non plus l’hypothèse.

« Aujourd’hui, c’est Autonomous JSON qui est notre petit nouveau dans la famille. Nous sommes impatients de voir ce qu’il va donner et quels nouveaux usages il permettra », conclut-il.

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