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Accord du Brexit : TechUK et DigitalEurope saluent un nouveau départ même si beaucoup reste à faire

Les deux associations se réjouissent d’un accord qui devrait amener plus de sérénité pour régler les importantes questions qui restent en suspens, à commencer par celle de « l’adéquation des données » qui conditionnera leur libre circulation.

L'annonce ce weekend d’un accord sur les futures relations commerciales entre le Royaume-Uni et l'Union Européenne par le Premier ministre britannique, Boris Johnson, et par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a été accueilli avec soulagement par le PDG de TechUK, Julian David, et Cecilia Bonefeld-Dahl, directrice générale de DigitalEurope.

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Dans une déclaration commune, Julian David et Cecilia Bonefeld-Dahl ont qualifié cet accord, trouvé in extremis, de nouveau départ pour les deux parties.

« Nous attendons d’avoir les détails précis, [mais] cet accord apportera de la clarté à partir du 1er janvier 2021, ce qui aidera les entreprises à se préparer à la fin de la période de transition », s’est félicité Julian David. « Il favorisera également la confiance entre les deux parties afin que les questions en suspens, comme les accords essentiels sur l'adéquation des données et l'équivalence financière, puissent être résolues rapidement ».

Dans le même communiqué, Cecilia Bonefeld-Dahl a, pour sa part, rappelé que « depuis le résultat du référendum de 2016, nous avons toujours plaidé pour que l'UE et le Royaume-Uni s'efforcent d'établir une relation aussi étroite que possible afin d'assurer le succès du secteur numérique européen ».

« Nous sommes heureux de constater l'engagement commun à éliminer les droits de douane et les quotas, et à libéraliser les règles d'origine (NDR : rules of origin) », a-t-elle ajouté. « Nous espérons également que les bases d'une coopération et d'une collaboration en matière de réglementation dans l'ensemble de l'économie ont été jetées et nous sommes prêts à contribuer à ce processus ».

La délicate question de la « data adequacy »

L’accord devrait en tout cas favoriser des discussions plus sereines sur la question clef de l’adéquation des données (data adequacy). Pour mémoire, « l'adéquation des données » est un statut accordé par la Commission européenne aux pays en dehors de l'Espace économique européen (EEE) mais qui offrent un niveau de protection des données personnelles comparable à celui prévu par le droit européen. « Lorsqu'un pays a obtenu ce statut, les informations peuvent circuler librement entre ce pays et l'EEE sans qu'aucune autre garantie ne soit requise », explique le Think Tank britannique Institute for Government.

« Il y a encore beaucoup à faire », concède Cecilia Bonefeld-Dahl. « L'UE n'a pas encore pris de décision sur le fait que le Royaume-Uni fournit ou non un niveau de protection adéquat - il est urgent de faire des progrès dans ce domaine afin que les données puissent continuer à circuler entre nos deux économies et nos entreprises ».

DigitalEurope est une organisation européenne qui représente 61 entreprises technologiques et 37 associations professionnelles nationales.

L’organisation souligne la nature fortement interconnectée des secteurs technologiques du Royaume-Uni et de l'UE. Une récente étude qu’elle a menée a montré que six entreprises européennes sur dix transféraient des données entre l'UE et le Royaume-Uni. Autre chiffre avancé pour témoigner de cette interdépendance : les échanges entre le Royaume-Uni et l'UE dans les services IT, dans les télécommunications et dans l’informatique s'élèverait à 15,5 milliards de livres sterling en 2019.

Trouver un accord sur ces questions (règles d’origine, data adequacy et équivalence financière) « permettra aux entreprises technologiques britanniques et européennes de continuer leur travail fondamental de soutien à l'effort de rétablissement économique du continent », avance le communiqué.

Alan Turing remplace Erasmus

Entre hommage et clin d’œil historique à l'importance de l’IT pour le Royaume-Uni, Boris Johnson a fait savoir, lors de la conférence de presse sur l'accord, que le programme d'études Erasmus serait désormais remplacé, côté britannique, par un nouveau programme - baptisé Alan Turing - pour les étudiants anglo-saxons qui souhaitent étudier à l'étranger.

C’est lors d’un autre Noël, en 2013, qu’Alan Turing avait bénéficié d'une grâce royale posthume de la part d'Elizabeth II. Le mathématicien de génie, père de l’ordinateur, avait cassé les codes nazis pendant le Deuxième Guerre Mondiale avec sa machine Enigma avant d’être condamné pour homosexualité en 1952, ce qui l’avait poussé au suicide.

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