BlueMind refond son webmail

L’éditeur français spécialiste de l’open source a repensé en profondeur la version web de son mail. L’outil n’est pas SaaS, mais à installer sur site, et se présente plus que jamais en alternative « souveraine » dans un contexte de généralisation du télétravail.

BlueMind vient de lancer son nouveau webmail. L’éditeur français de l’alternative open source à Exchange, Office 365 et Gmail a travaillé trois ans pour refondre l’interface de son outil en l’orientant vers la notion d’« expérience utilisateur ».

« La flexibilité et la légèreté d’un webmail ne sont plus suffisantes, surtout en cette période de télétravail massif », constate Pierre Baudracco, CEO de BlueMind et co-Président du Conseil National du Logiciel Libre. « Les besoins de mobilité, de productivité et d’évolutivité que nous avons identifiés nous ont orientés vers un webmail beaucoup plus complet que la perception réductrice (mais souvent vraie) d’un back-up au client lourd ».

Pierre Baudracco explique que ce mail dans le navigateur aura le « look and feel » d’un client lourd, mais qu’il en élimine ses principaux défauts (dont l’installation d’un client sur le poste utilisateur) et qu’il ciblera les usages (productivité, liens directs avec les autres outils collaboratifs).

Conversation dans le webmail de BlueMind
Une conversation dans le nouveau webmail de BlueMind

Pas du SaaS

« Le webmail ne sera plus un outil secondaire, mais bel et bien l’outil principal, alternative viable aux clients lourds », vante le président de BlueMind.

« Tout le monde s'est rué sur les solutions américaines sans trop se poser de questions… tout en fustigeant les manques de souveraineté française sur les masques ou les vaccins. »
BlueMind

Attention néanmoins, il ne s’agit pas d’une version SaaS. « C’est la disponibilité du nouveau webmail dans le produit BlueMind que nous annonçons », confirme Pierre Baudracco au MagIT. « Ce nouveau webmail est donc maintenant installable très simplement par tous les clients ou utilisateurs qui ont une plateforme BlueMind on-premises chez eux ».

Rappelons que BlueMind est aussi disponible en mode SaaS (managé par un hébergeur tiers) avec des partenaires comme FactorFX, Worteks ou encore EORIS. FactorX par exemple propose depuis peu la messagerie « en marque blanche » – sous le nom de MyB’Suite – sur la marketplace d’OVH.

BlueMind assure la parité fonctionnelle pour ce webmail. « Un webmail ne peut être envisagé comme une alternative à un client lourd, que s’il permet d’y retrouver une expérience aussi pratique et fluide […]. Vous retrouverez l’ensemble des fonctionnalités de BlueMind qui permettent de travailler aussi efficacement que sur un client lourd : recherche de disponibilité dans l’agenda, gestion des signatures d’entreprise, gestions des ressources de visio, détachement de pièces jointes, filtres, etc. », écrit l’éditeur dans son communiqué.

UI du nouveau webmail de BlueMind

Des nouveautés sont même ajoutées à l’outil dont le responsive design pour adapter l’UI à tout type de terminaux (mobiles et tablettes en premier lieu) et le hors ligne (ou mode déconnecté) avec IndexedDB. L’éditeur revendique également un gros travail sur l’accessibilité (navigation au clavier, navigation au clavier, contraste élevé, etc.).

La messagerie supporte Outlook, Thunderbird et les clients Mac et propose également une API pour exploiter ses fonctionnalités via des web services.

Gestion des pièces jointes dans le nouveau webmail
Gestion des pièces jointes dans le nouveau webmail

Souveraineté des données

Sur ses « plus de 500 clients », dixit Pierre Baudracco, l’éditeur est installé chez « déjà pas mal de clients ETI ou de taille conséquente [comme] le groupe Laforet (et ses 6 000 utilisateurs franchisés), des transporteurs, des services d’Airbus D&S, la ville de Marseille, plusieurs conseils départementaux, des ministères, des universités, etc. », précise le président au MagIT.

Le webmail de BlueMind sur mobile en responsive design
Le webmail de BlueMind sur mobile en responsive design

Plus qu’une segmentation par taille, la solution cible en fait prioritairement les organisations soucieuses de la maîtrise de leurs données et qui souhaitent garder la main sur leur messagerie.

Pour Pierre Baudracco, ce lancement est certes une étape importante pour BlueMind, mais également pour la souveraineté numérique, « dans un contexte où le télétravail est devenu de mise et où tout le monde s’est rué sur les solutions américaines sans trop se poser de questions… tout en fustigeant les manques de souveraineté française sur certains produits comme les masques ou les vaccins », tacle le communiqué de BlueMind.

À l’inverse, BlueMind tente de se différencier comme une alternative « souveraine et moins chère aux solutions hégémoniques étrangères qui verrouillent le marché de la messagerie ».

Cette sortie intervient dans un contexte où, depuis quelques mois, les solutions locales « CLOUD Act – free » concurrentes d’Office 365 et de Google se Workplace se multiplient, aussi bien dans la messagerie, que dans la visio, la communication unifiée ou le collaboratif (Jamespot, GoFast, Jalios, etc.). Le plus souvent grâce à l’open source, comme chez BlueMind.

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