Order-to-cash : Sidetrade rachète français pour conquérir les États-Unis

L’éditeur SaaS de gestion des transactions entre entreprises a fait de l’Amérique du Nord une priorité. Pour atteindre les 20 % de CA dans cette zone, il vient de racheter Amalto, un éditeur parisien bien implanté aux États-Unis.

L’éditeur français Sidetrade, spécialiste de la dématérialisation et de la gestion des transactions financières entre entreprises (Order-to-Cash), a annoncé le rachat d’un concurrent local, Amalto, pour 16 millions de dollars.

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Côté sur Euronext Growth, Sidetrade est présent dans 80 pays. Il était déjà implanté aux États-Unis avec une dizaine de clients, mais cette zone géographique fait partie de ses priorités pour les années à venir. Or Amalto réalise plus de 90 % de son chiffre d’affaires (de 4,3 millions de dollars) sur les marchés outre-Atlantique où il occupe, selon Sidetrade, une position dominante dans l’industrie du pétrole et du gaz.

En 2020, Sidetrade a fait de la conquête du marché américain l’un des trois piliers de son plan stratégique « Fusion 100 ». Le lancement opérationnel de ses activités sur le sol américain, avec le recrutement, depuis février dernier, d’une équipe de management commercial, est la première étape de son plan. Le rachat d’Amalto ressemble fort à la deuxième.

« L’ancrage nord-américain d’Amalto, avec une base clients constituée d’une quarantaine de grandes entreprises et une équipe expérimentée, constitue pour Sidetrade un formidable tremplin pour accélérer la pénétration du marché américain », confirme Olivier Novasque, président-directeur général de Sidetrade.

Parmi ses clients Amalto revendique des noms comme Chevron, General Electric, Iron Mountain ou encore Schlumberger.

D’après ses chiffres, l’IA de Sidetrade gère quotidiennement 2 400 milliards de dollars de transaction dans son cloud (son offre est SaaS) afin de prédire les comportements de paiement pour optimiser le besoin en fonds de roulement (BFR). « C’est la valeur totale des transactions (les factures émises par nos clients vers leurs clients) qui ont transité dans le cloud de Sidetrade sur trois années “glissantes” et sont analysées par notre IA », précise l’éditeur au MagIT. « Au-delà de trois ans, nous estimons que les données ne sont plus représentatives et elles ne sont pas prises en compte par les algorithmes ».

Sidetrade traite donc environ 2,2 milliards de dollars de transactions par jour. « Nos clients sont pour l’essentiel de grandes multinationales, dont le volume de transactions est très significatif, en volume comme en valeur », confirme un porte-parole de l’éditeur.

Côtés revenus, le chiffre d’affaires de Sidetrade de 29,2 millions d’euros a connu une forte croissance en 2020 (+14 %). Avec cette opération, l’éditeur vise les 20 % de revenus réalisés en Amérique du Nord (USA et Canada) dès 2021.

Emmanuel Thiriez, co-fondateur et directeur général du groupe Amalto, rejoint le comité de direction du groupe Sidetrade en tant que Chief Customer Officer. Quant à Sidetrade, il installera son siège américain à Houston, dans les bureaux d’Amalto.

Amalto est la troisième acquisition de Sidetrade après IKO System en 2016 et C-Radar en 2017. L’éditeur prévoit de financer cette opération par une dette. Le but est de garder de la trésorerie pour « d’éventuelles autres acquisitions », laisse entendre le communiqué officiel.

La France est particulièrement bien positionnée sur ce segment des solutions métiers du « Order to Cash » (O2C) et du très connexe « Purchase to Pay » (P2P). Elle possède un acteur majeur historique avec les Lyonnais d’Esker (112 millions d’euros de CA), certifiés par SAP et qui ne devraient pas tarder à passer un accord de partenariat privilégié avec Cegid. En plus d’Esker (dans la catégorie « acteurs de niche »), le cabinet d’analystes Gartner classe Ivalua et JAGGAER France (ex-BravoSolution) parmi les leaders de son Magic Quadrant 2020 du P2P, et Synertrade (Econocom) dans les « visionnaires ».

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