Le passage à Windows 11 va pousser au renouvellement de PC

Le nouveau système d’exploitation client de Microsoft va apporter de nouvelles fonctionnalités de sécurité aux entreprises. L’installation ressemblera à une mise à jour pour Windows 10… à condition de disposer du bon matériel.

Microsoft a récemment levé le voile sur les prérequis matériels pour Windows 11, révélant une mise à niveau qui nécessitera plus de puissance de calcul que Windows 10 pour des bénéfices tangibles limités pour les entreprises.

Lors de la présentation initiale de Windows 11 en juin, Microsoft s’est gardé d’être précis sur ses exigences pour l’installation de son nouveau système d’exploitation client. Depuis, l’éditeur s’est montré plus disert. Quelques changements peuvent être attendus d’ici à la sortie de Windows 11 à l’automne, mais pas nécessairement beaucoup.

Windows 11 devrait ainsi nécessiter un processeur 64 bits cadencé à 1 GHz ou plus et embarquant au moins deux cœurs. Il devra être épaulé par un minimum de 4 Go de mémoire vive et associé à une carte graphique supportant DirectX 12 ou plus, avec un pilote WDDM 2.0 (Windows Display Driver Model). Côté stockage, Microsoft prévoit un minimum de 64 Go. En outre, Windows 11 doit requérir une puce TPM 2.0 et un écran à haute définition (720p) de 9 pouces de diagonale au moins, avec 8 bits par canal de couleur.

En comparaison, Windows 10 se contente d’un processeur cadencé à 1 GHz ou plus, de 1 Go de mémoire vive en 32 bits et 2 Go en 64 bits, de 16 Go d’espace de stockage en environnement 32 bits, ou 20 Go en 64 bits. Et côté carte graphique, ses exigences se limitent à DirectX 9 avec un pilote WDDM 1.0.

Pour Steve Kleynhans, analyste chez Gartner, les exigences de Windows 11 vont probablement conduire à des renouvellements de parcs dans les entreprises. Car Windows 10 est là depuis 2015 et fonctionne sur du matériel désormais patrimonial : « tant que [Microsoft] mettait à jour Windows 10, il était lui était très difficile de dire que ces anciennes machines ne seraient plus supportées. Avec la sortie de Windows 11, l’éditeur peut tracer une ligne de démarcation ».

Reste que la plupart des bénéfices de l’installation de Windows 11 seront perçus par le grand public. Par exemple, l’interface utilisateur va changer : le menu démarrer va être centré un peu à la manière du Dock de macOS. Il intégrera des applications épinglées en partie supérieure et un menu d’applications et de documents récemment fermés en dessous. Le système d’exploitation permettra également de télécharger et d’exécuter des applications Android.

Tous ces changements ont conduit les entreprises à s’interroger sur ce qu’elles gagneraient à passer à Windows 11. Microsoft leur répond qu’elles gagneront fortement en sécurité, entre authentification à facteurs multiples (MFA), isolation basée sur le matériel, etc.

« La plupart du temps, lorsque l’on parle de sécurité, [le problème] ne tient pas à un manque de fonctionnalités, mais à des organisations qui ne les ont pas pleinement déployées ».
David SobelAnalyste et animateur podcast Business of Tech

Las, les entreprises peuvent déjà activer ces fonctionnalités, relève David Sobel, analyste et animateur du podcast Business of Tech, qui souligne au passage que rares sont celles qui le font. Selon Microsoft, seuls 18 % des entreprises ont activé la MFA. Pour David Sobel, c’est bien simple, « la plupart du temps, lorsque l’on parle de sécurité, [le problème] ne tient pas à un manque de fonctionnalités, mais à des organisations qui ne les ont pas pleinement déployées ».

Microsoft affirme en outre que Windows 11 doit simplifier l’administration des postes de travail, mais sans dépayser les équipes habituées à son prédécesseur : pour l’éditeur, passer au nouvel OS client ne doit pas être plus complexe que l’application d’une mise à jour Windows 10.

Pour David Sobel, Microsoft tient là un argument de poids, car former à nouveau les équipes IT et revoir les processus internes peut induire des coûts non négligeables que la plupart des entreprises cherchent à éviter.

Mais pour Steve Kleynhans, aussi limitées soient-elles, les différences avec Windows 10 impliquent que les entreprises ne seront pas pressées de déployer son successeur. Toutefois, l’analyste estime que les nouvelles exigences matérielles ne devraient pas trop préoccuper les entreprises : les plus grandes d’entre elles renouvellent leurs matériels plus ou moins tous les cinq ans.

Lorsque Windows 10 cessera de recevoir des mises à jour en 2025, les parcs seront probablement composés largement de machines capables de supporter Windows 11. Surtout, selon Steve Kleynhans, « la plupart des entreprises ne vont pas sérieusement déployer Windows 11 avant 2023 ».

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