VMworld 2021 : VMware met du multicloud dans ses logiciels

Les logiciels de VMware savaient interconnecter un data center avec une infrastructure en cloud. Désormais, ils sauront le faire avec plusieurs infrastructures cloud en même temps.

Mware a profité de son événement annuel VMworld pour avancer les pions de sa stratégie de multicloud, avec une nouvelle famille de produits baptisée Cross-Cloud services. Il s’agit d’améliorations concernant les offres hébergées VMware Cloud, la console de contrôle vRealize, ainsi que Tanzu, la plateforme Kubernetes maison. L’ambition de l’éditeur est d’adresser les entreprises dont les logiciels fonctionnent dans plusieurs clouds, en leur fournissant la même infrastructure, les mêmes outils de développement et d’administration, dans tous les environnements.

« À l’avenir, le multicloud sera le centre de gravité de tout ce que nous faisons », a lancé Rangarajan Raghuram, PDG de VMware, lors de son discours d’ouverture. Selon lui, il ne s’agit plus seulement de relier le data center (activité historique de VMware) à un cloud, ce qui correspondait au cloud hybride, mais véritablement d’unifier tous les clouds possibles derrière des outils génériques qui gomment les différences de chacun.

Pour parvenir à ses fins, l’éditeur va surtout devoir relever le défi de détourner les entreprises des outils de cloud hybride que proposent chacun des fournisseurs de cloud public, pour marier ses services en ligne aux infrastructures des data centers. De plus, des startups, dont Aviatrix, Alkira et Voltera, proposent déjà des solutions dites de multicloud qui sont déjà éprouvées, qui garantissent une certaine indépendance vis-à-vis des fournisseurs et qui sont moins chères.

« Clairement, VMware arrive après tout le monde. Mais son avantage est d’être une marque établie chez les entreprises », commente Paul Nashawaty, analyste chez Enterprise Strategy Group, en expliquant que la majorité des entreprises démarrent à peine leur fonctionnement en multicloud et qu’elles sont pour la plupart clientes de VMware.

Selon Gartner, les dépenses mondiales en services de cloud public auront augmenté de plus de 23 % cette année, pour atteindre 332,3 milliards de dollars.

Toutes les infrastructures VMware derrière une seule interface et un seul contrat

Concernant vSphere, le logiciel amiral de VMware pour motoriser les infrastructures virtuelles des data centers, la nouvelle stratégie consiste à présenter chaque ressource en cloud au même niveau qu’un cluster sur site. De plus, les tâches d’administration devraient à présent être déportées sur une version SaaS de la console vCenter, pour l’heure en beta et appelée Project Artic.

Jusque-là, vCenter était capable de relier une infrastructure vSphere locale à une infrastructure vShpere hébergée en cloud, appelée VMware Cloud. Des offres VMware Cloud existeraient à présent chez près de 4 000 hébergeurs de cloud dans le monde. Parmi eux, citons les trois principaux clouds publics mondiaux – Amazon AWS, Microsoft Azure et Google GCP – ainsi que le Français OVHcloud qui propose VMware Cloud dans ses offres de cloud privé. La version SaaS de vCenter permettrait de marier vSphere avec plusieurs offres VMware Cloud en même temps.

Au-delà des solutions techniques, il y aura aussi des partenariats. D’ici à novembre, VMware devrait ainsi proposer une couche VMware Cloud pour AWS Outposts. Outposts est l’infrastructure hyperconvergée qu’AWS propose à ses clients d’installer dans leurs data centers, pour qu’ils utilisent localement une partie de son cloud public, c’est-à-dire avec une latence minimale.

Sur le plan fonctionnel, cette version d’AWS Outposts reviendrait en définitive à une simple infrastructure hyperconvergée équipée de vSphere, à la manière de l’équipement VxRail chez Dell, par exemple. Mais le fait qu’il s’agisse de la machine d’AWS permettra d’englober son investissement dans une souscription globale aux services d’AWS, lequel devient alors un revendeur VMware.

Les partenariats vont encore plus loin avec la revente d’offres VMware Cloud au sein de l’APEX Cloud Services, le programme commercial de Dell qui consiste à centraliser la vente et l’infogérance de ressources en cloud ou en datacenters. Disponible d’ici à janvier 2022, ce programme permettra de commander à Dell des ressources virtuelles compatibles VMware, payables sous forme de souscription, laquelle sera calculée selon l’usage réel de ces ressources. 

Le constructeur se chargera alors de venir installer sur site des infrastructures hyperconvergées sous vSphere et d’activer en ligne des comptes sur des offres VMware Cloud. L’entreprise cliente n’aura qu’un seul contrat et qu’une seule interface de contrôle pour l’ensemble de son infrastructure VMware.

Déterminer les performances des applications en cloud

La console vCenter apporte uniquement une vue technique des ressources : l’administrateur attribue tant de machines virtuelles, tant de stockage, tant de bande passante réseau aux différentes applications ou aux utilisateurs, puis crée toutes les connexions. L’outil qui permet d’avoir une vue plus orientée métier de l’infrastructure est vRealize. C’est lui qui détermine la vitesse des applications, leur fragilité aux attaques, le bien-fondé du paramétrage de l’infrastructure selon l’expérience utilisateur et les règles de sécurité attendues.

Project Ensemble doit notamment montrer au sein d’une seule console comment tous les services en ligne et tous les utilisateurs interagissent.

À l’instar de vCenter, vRealize doit aussi connaître une déclinaison en SaaS capable de prendre en compte plusieurs clouds à la fois. Cette version s’appelle pour l’heure Project Ensemble. Project Ensemble doit notamment montrer au sein d’une seule console comment tous les services en ligne et tous les utilisateurs interagissent, ce qui n’est normalement pas trivial quand on sort du giron du data center.

Toujours conçu pour déterminer les problèmes qui affectent les applications, Project Ensemble prendra en compte l’historique des modifications sur une application, avec la possibilité de revenir à une version antérieure.

Cette fonction prend tout son sens avec les applications au format container de Tanzu : en effet, ce format facilite le déploiement en ligne d’applications par les développeurs eux-mêmes et encourage donc à multiplier les versions successives en production à chaque changement mineur dans un code. Lorsque les applications étaient déployées en machines virtuelles, le format historique de vSphere, cette gestion des versions a posteriori était moins nécessaire, car c’est la DSI qui mettait en production les applications livrées par les développeurs. 

VMware argumente que Project Ensemble réduira le temps que les administrateurs passent à éplucher, à corréler les métriques et les logs, à suivre les modifications et à étudier l’impact des pannes.

Disponible pour le moment en version beta, Project Ensemble sera limité dans un premier temps aux seules ressources en cloud d’AWS, c’est-à-dire à l’offre VMware Cloud on AWS.

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