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Serveurs : Oracle Database 19c est désormais compatible ARM

Gros succès pour Ampere, le fabricant de processeurs ARM Altra. Après s’être vendue chez les hyperscalers pour y exécuter le tout venant des fonctions web, la puce très économique en énergie motorise la base de données la plus puissante.

On ne pourra plus dire que les serveurs ARM ne sont bons qu’à exécuter des logiciels Open source. Les processeurs ARM Altra d’Ampere font désormais tourner les bases de données Oracle Database 19c dans le cloud OCI. S’ajoutant aux machines virtuelles à base de processeurs x86 Xeon (« Intel X9 ») ou Epyc (« AMD E4 ») jusqu’ici seules disponibles, les VMs Ampere A1 préconfigurées avec Oracle Database 19c grimpent jusqu’à 57 cœurs, 456 Go de RAM et une bande passante réseau de 40 Gbit/s.

Comparativement, les VMs Intel X9 d’OCI pareillement préconfigurées offrent un maximum de 32 cœurs, 512 Go de RAM et 32 Gbit/s de bande passante. Les VMs AMD E4 restent quant à elles les plus puissantes, avec un maximum de 64 cœurs, 1 To de RAM et 40 Gbit/s de bande passante.

Selon Oracle, l’un des avantages des VMs Ampere A1 est qu’elles offrent des temps de traitements mieux prédictibles, du fait de l’absence de multithreading dans les processeurs Altra, ce qui permettrait à chaque cœur de bénéficier de caches et de registres entièrement dédiés.

Des serveurs qui consomment moins

L’autre avantage serait la consommation énergétique. Ni Oracle, ni Ampere ne donnent de chiffres précis qui permettraient de se rendre compte l’économie d’électricité que représente l’exécution de Database 19c sur Altra plutôt que sur Xeon ou Epyc. Cependant, Oracle traduit cette économie en divisant par deux le coût de DataBase 19c lorsque la base de données est exécutée sur des serveurs à base de processeur Altra.

« Nous pensons que les vieilles architectures x86 appartiennent au passé » a déclaré Larry Ellison, le patron d’Oracle, lors de l’annonce. « Le fait est que les racks d’OCI sont aujourd’hui à moitié remplis parce que nous avons atteint le maximum de notre capacité énergétique. Les processeurs Altra vont nous permettre d’utiliser notre espace dans son intégralité. »

Pour mémoire, OCI propose des VMs basées sur les processeurs Altra depuis 2021. Jusqu’ici, ces VMs étaient cantonnées à l’exécution de couches Open source, du système Linux aux applications écrites en Java, en passant par Kubernetes, MySQL, Terraform, Apache et bien d’autres.

Oracle précise que, dans la foulée de sa nouvelle offre sur OCI, les entreprises pourront désormais exécuter Database 19c sur des serveurs ARM, dans leurs datacenters et, ce, pour un coût de licence deux fois moins cher par cœur. L’offre de serveurs ARM est pour l’heure réduite sur le marché – citons des modèles chez HPE et d’autres proposés par la startup Bamboo. Il est probable que l’arrivée de Database 19c sur Altra motive d’autres fabricants.

À commencer par Oracle lui-même. Le constructeur-hébergeur a récemment lancé la dernière version X10M de sa machine Exadata entièrement consacrée à l’exécution de Database 19c. Or, celle-ci se compose de serveurs dotés de l’AMD Epyc 9654 à 96 cœurs.

Le succès grandissant des serveurs ARM

Les processeurs ARM d’Ampere connaissent ces derniers mois un succès fulgurant parmi les hyperscalers. Ils permettent surtout à Azure et OCI de proposer une alternative au Graviton, le processeur ARM qu’AWS a lui-même mis au point. AWS a ainsi été l’un des premiers à concrétiser l’intérêt énergétique que représentent les processeurs de type ARM dans un datacenter. Pour mémoire, c’est justement pour leur faculté à consommer très peu d’électricité que les processeurs ARM se sont généralisés sur les appareils mobiles.

Salués dès le premier iPhone pour leur faculté de préserver l’autonomie des batteries, les processeurs ARM ont cependant pêché pendant plus d’une décennie par leur incapacité à calculer aussi vite que les processeurs x86 des serveurs. Ce défaut a été corrigé à la fin des années 2010 avec l’arrivée des designs 64 bits Neoverse mis au point par ARM.

Le bond de performances permis par cette nouvelle architecture a été tel qu’il a incité Apple à abandonner les processeurs Intel sur Mac au profit de puces ARM maison et qu’il a encouragé AWS, Ampere, mais aussi Nvidia à se lancer dans la fabrication de puces ARM pour serveurs. Les prochains supercalculateurs européens devraient de la même façon être équipés d’un processeur ARM conçu au sein de l’UE, le Rhea de SiPearl.

Bientôt un processeur Ampere de 192 coeurs

De son côté, Ampere continue de mettre à jour ses processeurs. Après l’Altra (64 cœurs) et sa version double die Altra Max (deux fois 64 cœurs), le fabricant vient de livrer aux hyperscalers des préversions d’un nouvel Ampere One. Celui-ci est équipé de 192 cœurs, soit un record absolu parmi les processeurs disponibles sur le marché. Ses caractéristiques sont 2 Mo de cache par cœur, là où les cœurs de l’Altra n’ont que 1 Mo, ainsi que 8 canaux DDR5 et 128 canaux PCIe 5.0, alors que l’Altra n’offre que de la mémoire DDR4 et du PCIe 4.0, respectivement deux fois moins rapides.

Par rapport aux puces x86 fortement pourvues en cœurs, l’Ampere One permettrait d’exécuter 7296 machines virtuelles dans une étagère rack complète, contre 2496 VMs pour des serveurs basés sur des AMD Epyc 9654 Genoa (96 cœurs par puce) et 1680 VMs pour des serveurs basés sur des Intel Xeon 8480 Sapphire Rapids (56 cœurs par puce).

Outre le nombre de cœurs par puce, le calcul serait surtout basé par le nombre de serveurs installables dans un rack. Selon Ampere, il serait possible de mettre dans 42U 38 serveurs Ampere consommant chacun 434W, 26 serveurs AMD consommant chacun 624W et 30 serveurs Intel consommant chacun 534W.

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