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Chiffrement de bout en bout : OVHcloud rachète l’expert français Seald

Avec l’acquisition de Seald, OVHcloud prévoit ajouter la corde du chiffrement de bout en bout à son arc alors qu’il se concentre davantage sur la sécurité, selon Octave Klaba.

Le fournisseur cloud hexagonal en avait déjà évoqué son intention de racheter cette entreprise française le 8 janvier dernier. Ce 22 janvier, OVHcloud confirme l’acquisition de Seald pour un montant inconnu.

Seald est un acteur français qui propose une solution SaaS de chiffrement de bout en bout certifié CSPN par l’ANSSI. La technologie open source couvre à la fois le chiffrement des mails, des documents et la gestion de toute donnée. Elle était déjà hébergée sur OVHcloud. LeMagIT avait expliqué en détail son fonctionnement en 2021. L’atout principal de Seald est d’offrir un SDK qui doit simplifier l’intégration du chiffrement au sein de leurs applications. La solution couvre la gestion des droits d’accès, la rotation des clés de chiffrement, la récupération des clés privées et la gestion des appareils.

Seald dit avoir convaincu Framatome, Stellantis, Lefebvre Sarrut ou encore Wimi, l’éditeur d’une suite collaborative « souveraine ». Seald et OVHcloud ne prévoient pas de changement pour les clients existants.

L’expression de bout en bout fait référence au fait que ni l’hébergeur ni l’éditeur ou l’administrateur système n’ont accès aux données des utilisateurs. OVHcloud avait déjà investi ces dernières années dans la mise en place de briques fondamentale, dont un bastion pour gérer les secrets, un système de gestion de clés de chiffrement (KMS) et les serveurs spécialisés qui vont avec (HSM). Selon le fournisseur cloud, l’acquisition de Seald muscle son dispositif qui doit offrir « une chaîne de protection complète, du backend jusqu’au terminal utilisateur ».

Démocratiser le chiffrement de bout en bout

« Ensemble, nous allons démocratiser la sécurité dans les services collaboratifs (et pas que) pour tous nos clients : grand public, digital native et corporate », affirme Octave Klaba, fondateur et président d’OVHcloud.

Au mois de novembre, bien que l’entreprise étende petit à petit sa qualification SecNumCloud au PaaS et potentiellement à des instances de cloud publics, le dirigeant avait indiqué à la presse qu’il mettrait moins l’accent sur la souveraineté que sur la sécurité. « C’est ce que recherchent nos clients grands comptes », justifiaient-ils. Et de rappeler la nature de la qualification SecNumCloud, qui doit d’abord offrir des garanties de sécurité supplémentaires.

Octave Klaba considère que l’effort en matière de cloud souverain doit désormais se jouer au niveau européen, quitte à créer un conglomérat d’acteurs. Le fournisseur ne communique pas publiquement sur le nombre de clients et les résultats financiers associés à son offre SNC.

En matière de chiffrement, OVHcloud avait pris un certain retard par rapport aux fournisseurs cloud américains. Il avait annoncé la refonte de son IAM en 2023 et l’arrivée en bêta de son KMS la même année. Le service KMS est en disponibilité générale depuis la fin 2024. Il a été étendu à plusieurs data centers (Varsovie, Gravelines, Limbourg, Milan, Paris, Canada, USA, Sydney, Singapour). En sus du stockage S3, de Nutanix, VMware, le fournisseur a ajouté cette année Veeam Enterprise Solutions à sa liste de technologies prises en charge. Concernant ses HSM, OVHcloud a obtenu la certification FIPS 140-2 et prévoit d’obtenir le niveau 3.

Au 1er trimestre 2026, OVHcloud a réalisé un chiffre d’affaires de 275,3 millions d’euros, en hausse de 6 % « à données comparables ». Ses résultats sont encore portés par son offre de cloud privé (167,2 millions) qui comprend les services SecNumCloud. Elle perd toutefois en traction par rapport à l’offre de cloud public qui affiche un taux de croissance de 15,7 % sur un an (contre 1,7 % avec le cloud privé).

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