Alternatives à VMware : Scale Computing cible désormais les succursales

Depuis qu’il a fusionné avec Acumera, Scale Computing élargit son offre, jusqu’ici restreinte aux serveurs des PME, aux entreprises multisites, notamment les chaînes de distribution qui veulent rationaliser les applications sur leurs points de vente.

Dans la catégorie des alternatives à VMware, l’américain Scale Computing est désormais celui qui mise le plus sur les déploiements dits Edge, c’est-à-dire l’installation d’infrastructures virtualisées dans les succursales, dans les points de vente, sur les sites de production.

« L’émergence de l’IA relance la nécessité de déployer une véritable puissance de calcul sur site, pour effectuer des traitements en local sur des données locales », lance Craig Theriac, le directeur Produits de Scale Computing (en photo en haut de cet article), qui fustige la décision de Broadcom d’avoir racheté VMware pour en faire un moteur de virtualisation recentré sur la fourniture de clouds privés par des prestataires de services.

Initialement fournisseur d’une solution d’hyperconvergence pour les PME, l’éditeur a été racheté l’été dernier par Acumera qui, lui, se spécialisait dans le pilotage à distance des infrastructures en Edge. Le groupe fusionné, qui a conservé le nom Scale Computing, propose donc une solution d’infrastructure virtualisée pilotable à distance.

Surtout, si la qualité des logiciels de Scale Computing n’a jamais vraiment été remise en question, l’éditeur traînait une réputation de petit fournisseur américain bien trop modeste pour séduire les clients déçus du mastodonte VMware par-delà l’Atlantique. Depuis la fusion avec Acumera, le groupe peut désormais se targuer d’avoir 4000 clients répartis dans le monde, 2000 partenaires intégrateurs et plus de 100 000 sites fonctionnant avec ses logiciels.

Ces chiffres devraient désormais lui ouvrir la porte des entreprises multisites européennes qui cherchent une solution de virtualisation, mais qui n’ont plus les moyens de s’offrir des licences VMware pour leurs besoins d’appoint. Essentiellement, Acumera avait pour clientèle la grande distribution, alors que le Scale Computing d’origine n’adressait que les PME.

« Pour certaines entreprises, cette fusion signifie que la virtualisation de Scale Computing est désormais plus sécurisée grâce à des fonctions de monitoring réseau. Pour d’autres, elle signifie que les possibilités de monitoring des installations en Edge d’Acumera viennent désormais avec une infrastructure standardisée déployable à l’identique sur une grande quantité de sites », explique Craig Theriac.

LeMagIT a rencontré l’équipe de Scale Computing lors d’un récent événement IT Press Tour consacré aux acteurs les plus prometteurs sur le segment des infrastructures serveurs et stockage.

Des infrastructures qui minimisent l’intervention humaine

L’offre logicielle de Scale Computing a le nom générique de SC//Platform. Portant la promesse de revenir, à l’usage, 70% moins cher que celle de VMware, elle se décline en plusieurs modules achetables séparément.

La solution locomotive est SC//HyperCore, un équivalent à vSphere qui virtualise les serveurs et le stockage. La solution se veut automatisée, notamment concernant les tâches de maintenance : des snapshots qui se font tout seuls se restaurent quand la couche d’autosurveillance détecte une corruption d’une machine virtuelle ou d’un disque virtuel.

« Nous avons des clients qui utilisent SC//HyperCore pour faire tourner des applications en des endroits où il n’existe aucune connexion permettant de dépanner à distance, typiquement les navires », illustre Craig Theriac.

SC//HyperCore peut tourner sur tout serveur d’appoint, la haute disponibilité et la protection nécessitant cependant au moins trois machines, comme c’est généralement le cas avec les solutions d’hyperconvergence.

Pour les machines physiques les plus petites, Scale Computing propose une version minime de SC//HyperCore : SC//Reliant Platform. Le but de cette solution est de pouvoir administrer à distance une machine d’appoint, par exemple un NUC, qui apporte un seul service (borne d’aide à la vente, enregistrement des images de vidéosurveillance...). Et même d’offrir une API générique pour piloter l’accès et le stockage des objets intelligents connectés à cette machine, par exemple des caméras ou des badgeuses.

« Reliant était initialement un produit d’Acumera », dit Craig Theriac, en expliquant qu’il s’agissait essentiellement d’un agent de monitoring distant à installer sur un serveur fourni par un constructeur tiers, avec son propre système d’exploitation. « En intégrant les technologies de virtualisation de SC//HyperCore, nous avons apporté à Reliant la possibilité de gérer le cycle de vie des applications exécutées sur ce serveur d’appoint », ajoute-t-il.

De fait, la technologie de Scale Computing permet de simplement télécharger une image-disque signée pour mettre à jour une application, sans aucune intervention technique. Pour autant, SC//Reliant Platform n’exécute pas ses applications sous forme de machines virtuelles, mais sous celle de containers. L’hyperviseur de Scale Computing, basé sur KVM, gère les deux formats.

Une console d’administration IT, une autre orientée réseau IoT

Scale Computing vend par ailleurs aux entreprises sa solution d’administration globale SC//Fleet Manager, pour piloter depuis le siège toutes les instances de SC//HyperCore et SC//Reliant Platform déployées sur le terrain. Outre afficher l’ensemble des ressources dans un tableau de bord web, cette application SaaS a le mérite de reparamétrer et de mettre à jour à distance toute installation SC/HyperCore, ce qui évite de mobiliser un informaticien sur chaque site.

Plus particulièrement, cette console automatise de manière uniforme les mises à jour. De sorte que la DSI n’ait pas à pousser la nouvelle version d’une VM de vente, de pilotage d’une machine-outil ou d’un applicatif métier sur chaque site l’un après l’autre.

Enfin, l’éditeur propose le logiciel de gestion réseau SC//AcuVigil, à installer sur des machines qui feront office de passerelle SD-WAN ou de firewall pour connecter de manière sécurisée toute instance de SC//HyperCore et SC//Reliant Platform au réseau élargi de l’entreprise.

Autre héritage d’Acumera, SC//AcuVigil est un service qui s’installait initialement sur une machine dotée de l’agent Reliant. Le logiciel vient avec sa propre interface d’administration en SaaS pour définir les règles qui sécurisent les accès et pour monitorer le trafic.

Parmi les fonctionnalités du logiciel, citons la possibilité de s’en servir pour aménager des tunnels de communication sécurisés et faire échouer des communications non réglementaires, notamment concernant les systèmes de paiement. Acumera s’étant en effet fait connaître sur le marché de la grande distribution par sa capacité à sécuriser et monitorer les caisses enregistreuses.

Il est à noter que si SC//Fleet Manager propose bien d’administrer des machines SC//Reliant Platform en ce qui concerne les applications qu’elles exécutent, cette console n’intègre pas (encore ?) les fonctionnalités de la console SaaS dédiée à SC//AcuVigil. De fait, seule la seconde console permet de monitorer les objets intelligents connectés à une machine sur site.

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