Souveraineté numérique : les ministères sommés de réduire leurs dépendances
Le gouvernement demande à chaque ministère de formaliser d’ici l’automne un plan de réduction de ses dépendances extra-européennes. Une « rencontre » avec les acteurs du privé est prévue en juin pour concrétiser des « coalitions inédites ».
Ils ont jusqu’à l’automne. Sinon… sinon, on ne sait pas trop. Toujours est-il que chaque ministère va devoir formaliser un plan pour réduire ses dépendances aux outils américains.
L'invitation a été officialisée lors d’un séminaire interministériel sur le sujet, organisé le 8 avril, à l’initiative du Premier ministre.
Les plans pour retrouver un peu de souveraineté numérique devront couvrir les postes de travail, les outils collaboratifs, les antivirus, l’intelligence artificielle, les bases de données, la virtualisation et les équipements réseau.
La cartographie des dépendances réalisée par la DAE complétera ces premiers retours. Les objectifs chiffrés de réduction avec un calendrier clair seront ensuite fixés en tenant compte du travail de la DGE sur la définition d’un service numérique européen.
La DINUM abandonne Windows
La DINUM coordonnera l’ensemble de cette démarche. La DINUM qui, de son côté, annonce qu’elle va sortir de Windows au profit de Linux pour ses postes de travail.
Des projets sont déjà en cours. La Caisse Nationale d’Assurance Maladie a par exemple engagé la migration de ses 80 000 agents vers des outils du socle numérique interministériel de LaSuite – Tchap, Visio et FranceTransfert.
Dans cette même optique souveraine, le gouvernement a annoncé en mars la migration de la plateforme des données de santé vers une solution de confiance d’ici fin 2026.
Vers une coalition avec le privé
Le projet LaSuite avait provoqué une polémique avec le privé qui s’était senti trahi par la volonté de l’État de développer lui-même des outils numériques pour ses suites bureautiques. Cette fois, le gouvernement l’assure : le secteur sera associé.
« Nos ministères, nos opérateurs et nos partenaires industriels s’engagent dans une démarche sans précédent. »
David AmielMinistre de l’Action et des Comptes publics
Certes, l’État continuera de s’appuyer sur les communs numériques et sur les standards d’interopérabilité (initiatives Open-Interop, OpenBuro), mais il le fera dans le cadre de « coalitions inédites qui associent ministères, grands opérateurs publics et acteurs privés » (sic).
La commande publique suivra, promet l’État.
« La transition est en marche : nos ministères, nos opérateurs et nos partenaires industriels s’engagent aujourd’hui dans une démarche sans précédent », assure le ministre de l’Action et des Comptes publics, David Amiel. « La France montre l’exemple en accélérant la bascule vers des solutions souveraines, interopérables et durables », acquiesce Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique.
Des « rencontres industrielles du numérique » sont prévues en juin 2026 pour formaliser des alliances public-privé.
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