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Sopra Steria lance une suite collaborative souveraine grâce à l’open source

Sopra Steria sort une suite collaborative 100 % open source destinée aux organisations publiques et privées. Dans un entretien au MagIT, un responsable du projet détaille le positionnement d’intégrateur par l’ESN.

Sopra Steria a annoncé, le 13 avril 2026, le lancement d’une suite collaborative « souveraine, européenne et 100 % open source » (sic).

Elle sera destinée aux organisations confrontées à des enjeux de maîtrise des données et de conformité réglementaire qui craignent la dépendance aux solutions propriétaires, en particulier américaines et les risques liés aux législations extraterritoriales qui en découlent.

Une réponse à une demande des clients

Dans un échange avec LeMagIT, Rémi Kaeffer, directeur technique adjoint au sein de la BU Services Publics de Sopra Steria, indique que ce projet « est né à la croisée de trois facteurs », à savoir « l’écoute des clients », « l’observation du marché » et « nos propres convictions ».

« L’écoute de nos clients, d’abord. Ils nous interrogent très concrètement sur leur capacité à reprendre la maîtrise de leurs outils de collaboration quotidiens », assure-t-il. Rémi Kaeffer insiste sur le fait que le contexte réglementaire est de plus en plus exigeant. Ce qui « accélère une prise de conscience qui dépasse aujourd’hui largement le secteur public ». Le marché ne serait donc pas saturé (lire ci-après).

Un assemblage de briques open source

La suite bureautique de Sopra Steria repose sur une logique d’intégration de composants open source, « français ou européens », sélectionnés parmi « les plus matures du marché », vante Rémi Kaeffer.

« Le [principe] est de s’appuyer sur des briques open source plutôt que de développer un produit propriétaire de plus », justifie-t-il. « C’est ce qui garantit également la réversibilité totale et l’absence de nouvelle dépendance ».

« S’appuyer sur des briques open source garantit la réversibilité totale et l’absence de nouvelle dépendance. »
Rémi KaefferDirecteur technique adjoint au sein de la BU Services Publics, Sopra Steria

Parmi ces briques figurent des solutions pour la visioconférence, la messagerie instantanée, le stockage de fichiers ou encore l’édition collaborative.

Pour la visioconférence, Sopra Steria s’appuie sur Meet (la solution récemment publiée par la DINUM). La messagerie instantanée repose sur le protocole ouvert Matrix (également utilisé par LaSuite de la Dinum).

Pour le stockage et l’édition collaborative, la suite intègre Nextcloud et Collabora Online. Là encore, Sopra Steria étudie la possibilité d’intégrer Fichiers de LaSuite.

Enfin, la messagerie électronique s’appuie sur « SOGomail », une solution basée sur des protocoles standards [IMAP et SMTP].

« Pour la partie calendriers et agendas, Nextcloud & Sogomail les incluent », ajoute le responsable de l’ESN. « Nous les synchronisons pour une expérience fluide et cohérente, quel que soit le point d’entrée. »

Le tout est intégré dans une architecture unifiée, mais qui reste « ouverte et modulaire ».

Un marché souverain concurrentiel, mais pas saturé

Sopra Steria assume totalement ce positionnement spécifique d’intégrateur.

Pour Rémi Kaeffer « peu d’acteurs sont aujourd’hui en mesure de proposer une réponse intégralement open source, industrialisée, déployable à l’échelle sur plusieurs milliers d’utilisateurs, et accompagnée d’une véritable conduite du changement ».

« Le contexte réglementaire accélère une prise de conscience qui dépasse largement le secteur public. »
Rémi KaefferDirecteur technique adjoint au sein de la BU Services Publics, Sopra Steria

Quant au marché qui voit arriver de plus en plus d’initiatives souveraines, Sopra Steria se montre confiant. « Le marché n’est pas saturé, il est en cours de structuration », estime Rémi Kaeffer. Mieux, il serait en train de grossir avec l’intérêt de plus en plus marqué du privé.

Pour se différencier, Sopra Steria met également en avant sa capacité à accompagner les déploiements à grande échelle, avec des engagements de support et de disponibilité. En particulier pour… l’État.

« Nous nous inscrivons en cohérence avec [ses] orientations en matière d’indépendance technologique et de communs numériques en contribuant activement à l’écosystème open source », confirme Rémi Kaeffer.

Sopra Steria a également une proximité certaine avec LaSuite. « La DINUM construit des communs numériques pour les agents. Nous apportons la puissance industrielle pour déployer et opérer ces technologies à grande échelle », précise le responsable de l’ESN. Cette proximité certaine semble expliquer une partie des choix techniques cités précédemment.

Continuité des usages et conduite du changement

La question de l’adoption par des utilisateurs habitués à Office ou Google Docs reste un dernier point central. Sopra Steria en a bien conscience et veut « minimiser l’impact du changement ».

« Notre troisième [principe] est de garantir la continuité numérique pour les utilisateurs sans rupture d’usage », résume Rémi Kaeffer. « Et la suite est conçue pour cohabiter avec les outils en place pendant toute la durée de la transition ».

Côté infrastructure sous-jacente, l’offre pourra être déployée sur un cloud SecNumCloud, soit directement sur site.

Les alternatives souveraines se multiplient

Atos et Wimi lancent une suite collaborative souveraine pour les organisations sensibles

Atos et l’éditeur français Wimi annoncent le lancement de Workplace Souverain, une plateforme collaborative, conçue pour répondre aux exigences de sécurité, de souveraineté et de conformité européenne, destinée aux acteurs publics et aux entreprises sensibles.

Collaboratif souverain : Collabnext veut équiper « plusieurs centaines d’organisations » d’ici 2026

La suite collaborative, fruit d’un appel à projets dans le cadre de France 2030, a choisi une stratégie freemium et de guichet vers d’autres services cloud (IaaS et PaaS), pour séduire le secteur public. Ses promoteurs se montrent confiants sur son succès face à Microsoft.

kSuite : la suite collaborative souveraine suisse d’Infomaniak

Le prestataire suisse de cloud, Infomaniak vient de lancer sa suite d’applications collaboratives. Baptisée kSuite, cette offre est un environnement de travail « sécurisé et géré entièrement en Europe », insiste le spécialiste du IaaS.

Collaboratif : Interstis défie Microsoft dans l’Administration

L’éditeur de suite collaborative français, Interstis, se présente comme une alternative « souveraine » à Office 365 pour le secteur public. Avec sa participation au consortium Hexagone, soutenu par l’État, il part à la conquête de l’Europe. Et des entreprises.

Oodrive sort son alternative à Office 365

Le spécialiste de la gestion des documents sensibles, Oodrive se dote d’une brique souveraine d’édition de contenu. Avec Tixeo et Olvid, l’éditeur propose une suite collaborative « classique » de bout en bout, qu’il entend étoffer régulièrement.

Pour approfondir sur Outils collaboratifs (messagerie, visio, communication unifiée)