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La startup américaine Casimir invente une batterie inusable
Reposant sur l’effet quantique du même nom, la batterie de Casimir pourrait alimenter indéfiniment de petits appareils électroniques, comme les capteurs.
Produire de l’énergie à partir du vide. C’est le pari fou de la startup américaine Casimir, fondée par des anciens de la Nasa, qui s’efforce de mettre au point une batterie de 5 mm2 qui génère de l’électricité à partir des champs d’énergie résiduels dans la cavité qui sépare deux surfaces métalliques – elle parle de vide quantique – afin d’alimenter de petits appareils électroniques en 1,5 volt à 25 microampères.
La startup évoque tous types de capteurs, notamment ceux que le marché de l’automobile veut intégrer dans les roues des véhicules pour surveiller la pression des pneus.
L’invention repose sur l’effet Casimir, un principe physique dans lequel deux plaques métalliques (généralement des miroirs) s’attirent alors qu’elles ne sont pas chargées, uniquement à cause des fluctuations du champ électromagnétique dans le vide. Dit autrement, les plaques sont davantage soumises à des vibrations qui viennent de l’extérieur que par celles qui existent dans la cavité qui les sépare, ce qui les pousse l’une contre l’autre, générant dans la cavité les photons virtuels d’une énergie attractive.
Le chercheur Harold White qui a fondé la startup Casimir détaille comment il est parvenu à récupérer de l’électricité grâce à l’énergie de l’effet Casimir dans un article scientifique publié par la revue Physical Review Research et consultable en ligne.
Pas de recharge, pas de remplacement
La batterie de Casimir ressemble à un petit circuit électronique. Baptisée MicroSparc (à ne pas confondre avec les processeurs Sparc), elle n’aurait même pas besoin d’être rechargée pour continuer à fonctionner et serait inusable.
Selon les explications d’Harold White, les pôles métalliques s’attirent sans cesse par effet Casimir, car ils sont figés sur un substrat de silicium qui les empêche de bouger. La capture de l’énergie de l’effet Casimir se fait par des tiges métalliques microscopiques installées au milieu de la cavité.
Le marché des batteries longue durée pour capteurs étant estimé aujourd’hui à dix milliards de dollars, la startup vient de réussir à lever assez facilement des financements d’une hauteur de 12 millions de dollars, soit bien plus que son objectif de départ de 8 millions de dollars.
À terme, la startup espère décliner sa batterie pour des puissances énergétiques plus élevées, pour alimenter des téléphones, voire des équipements domestiques. Selon la startup, il lui suffirait en théorie de multiplier dans la MicroSparc les surfaces métalliques et les cavités entre elles pour grimper en puissance.
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