Antitrust : le rapprochement entre Groq et Nvidia remis en question
La justice américaine se demande si l’embauche par Nvidia des cadres de Groq ne serait pas un rachat déguisé.
Décidément, le ministère de la justice étatsunien semble avoir Nvidia dans son collimateur. Après des rumeurs concernant une possible action en justice pour pratiques anticoncurrentielles à cause des rétributions que le fournisseur verse aux néoclouds pour qu’ils lui achètent des puces, le New York Times révèle à présent que le DOJ suspecte une autre pratique anticoncurrentielle dans l’appropriation des technologies de Groq.
Groq était une startup qui avait développé fin 2023 une puce LPU peu chère, mais très performante pour l’inférence. En mars de cette année, Nvidia dévoilait sous sa marque un cluster de calcul LPX composé uniquement des LPU de Groq. Officiellement, Nvidia et Groq avaient passé un accord de licence « non exclusif » que le New York Times évalue à 20 milliards de dollars.
Problème : quatre mois plus tôt, Nvidia avait déjà embauché tous les cadres de Groq et avait, de fait, l’exclusivité de leur technologie. En clair, Nvidia n’a jamais racheté la startup, mais c’est tout comme. Or, la justice américaine est sourcilleuse concernant ces rachats, car elle considère qu’ils favorisent un fournisseur au détriment de tous ses concurrents.
Il existe un précédent concernant Nvidia. L’entreprise de Jensen Huang, qui développe aussi des processeurs ARM, avait tenté en 2020 de racheter Arm, la société qui conçoit le jeu d’instruction de ces puces pour tout un pan de fabricants susceptibles de vendre des processeurs alternatifs à ceux de Nvidia. Le projet était resté en suspens pendant un an et demi avant que la Federal Trade Commission (la FTC, le gendarme du commerce aux États-Unis) y mette son veto final.
On ignore en revanche à ce stade si la FTC pourrait poser son veto à l’acquisition en cours de Hugging Face pour près de 13 milliards de dollars.
