Microsoft pousse SQL Server sur Azure Local

Microsoft inclut SQL Server à son système de virtualisation Azure Local. S’il prend en charge la déconnexion de son cloud, le fournisseur laisse entendre que ses clients devraient mieux opter pour un mode de déploiement en cloud hybride.

Devant ses clients européens à la FabCon+SQLCon 2026 à Barcelone, Microsoft a annoncé la disponibilité générale de SQL Server sur Azure Local.  

Pour rappel, Azure Local se nommait auparavant Azure Stack HCI. C’est à l’origine une suite de logiciels pour déployer des instances sur site (dans un data center ou en Edge) connecté au cloud de Microsoft, dans un mode hybride.

Cette capacité n’a pas disparu, mais la suite a évolué. Elle devient une fondation technique pour des environnements isolés. Ces mêmes briques logicielles d’infrastructure sont utilisées par plusieurs offres de cloud dites souveraines, dont Delos Cloud (SAP, Bertelsmann) et Bleu (Capgemini – Orange).

Auprès de ses grands clients, Microsoft pousse deux approches de déploiement. L’une consiste à déployer le control plane d’Azure Local – Azure Arc – sur le cloud public de Microsoft, via Azure Portal.

L’autre, permet de conserver la main sur le control plane sur site, sans connexion à Azure. Là, Azure Arc est géré localement par l’entreprise. Ce sont les « opérations hors connexion ». En sus des serveurs nécessaires pour l’exécution d’Azure Local, des machines dédiées supplémentaires sont requises pour installer ce control plane. Des machines à acheter auprès d’une petite liste de partenaires triés sur le volet par Microsoft.

SQL Server sur Azure Local prend désormais en charge ces deux modes.

« Les clients, notamment en Europe, sont très exigeants en matière de contrôle et de gouvernance de leurs données », affirme Shireesh Thota, vice-président corporate Azure Databases des applications Fabric chez Microsoft auprès du MagIT.  

« Le défi consiste donc à leur offrir ces garanties sans pour autant compromettre l’évolutivité, la flexibilité et l’innovation auxquelles ils sont habitués avec Azure. Il nous faut trouver le juste équilibre entre contrôle et maintien des fonctionnalités modernes. C’est ainsi qu’est né SQL Server sur Azure Local ».

Microsoft cible plus particulièrement les entreprises régulées, dont les banques et les entreprises du secteur médical, ainsi que les agences gouvernementales.

SQL Server sur Azure Local : un mode « air-gapped », en derniers recours

La firme de Redmond sait qu’elle a tout intérêt à proposer des solutions « air-gapped », tout comme ses concurrents Oracle et Google Cloud le font. Outre les exigences de contrôle sur les données et l’infrastructure, certains industriels ne peuvent pas migrer toutes leurs applications vers le cloud, du fait de la latence induite.

En cela, Azure Local n’est pas seulement un moyen pour déployer le SGBD. « Cela inclut la prise en charge des VM, d’AKS (Azure Kubernetes Services), le déploiement de l’IA avec Foundry Local, etc. », liste Shireesh Thota.

Lors de la FabCon, les porte-parole de Microsoft ont d’ailleurs effectué une rapide démonstration d’un déploiement de SQL Server 2025 sur une machine virtuelle Azure Local, connectée à une instance AKS qui hébergeait des LLM gérés depuis Foundry Local dans le cadre d’une application de recherche vectorielle augmentée à l’IA (RAG).

Foundry Local demeure en préversion. La suite, associée à Azure Arc, permet de télécharger des modèles d’IA référencés par Microsoft sur des instances GPU, gérées via Kubernetes. Le fournisseur prend à la fois en charge vLLM et des pods ONNX pour inférer des algorithmes de prédiction.

Shireesh Thota insiste sur le fait que le mode déconnecté n’est pas pour tout le monde. « Il y a de nombreux avantages à conserver vos données sur le cloud Azure de nos jours. Par exemple, nous déployons très régulièrement de correctifs pour remédier aux failles de sécurité et autres problèmes de ce genre », affirme-t-il.

« Nous ferons tout notre possible pour nous assurer que nos clients SQL Server, où qu’ils se trouvent, reçoivent les bons correctifs en temps voulu. Nous en sommes absolument responsables », poursuit-il. « Mais [dans le cloud Azure et avec le mode connecté] nous appliquons les correctifs de manière beaucoup plus proactive et nous nous occupons de ces environnements avant même que nos clients n’aient à agir. Maintenant, quant à savoir si c’est la bonne façon de gérer les instances sur site, c’est un choix ».

Toutefois, les clients – ou leurs partenaires – peuvent s’assurer de déployer les correctifs et les patchs par eux-mêmes sur leurs versions déconnectées d’Azure Local. « Cela ne représente pas une part importante de notre clientèle, mais certains clients le souhaitent, et nous leur laisserons toujours le choix », vante Shireesh Thota.

Et de préciser que SQL Server demeurera disponible sur site, sans nécessaire besoin de passer par Azure Local. « Nous avons lancé une mise à jour majeure l’année dernière avec SQL Server 2025 et nous continuerons de mettre à jour ce produit », promet le responsable.

De fait, SQL Server dépend de licences distinctes d’Azure Local. Les clients « connectés » peuvent payer Azure Local à la demande ou à la licence. Dans les deux cas, Microsoft supporte le BYOL (Bring Your Own License).

Mais il y a un autre avantage du mode connecté, selon Shireesh Thota. Celui-ci offre un « chemin vers la migration vers Azure » pour des entreprises habituées à gérer SQL Server et des instances Windows Server sur site.

D’ailleurs, Azure SQL Database dispose désormais d’un mode « hyperscale ». Il permet d’utiliser jusqu’à 192 vCPU, 128 To de stockage, plus de 30 répliques et de profiter d’un débit de 150 Mo/s pour les logs de transactions. Une solution utilisée par… SAP pour son service SAP Commerce Cloud (6000 bases de données en production).

Avec HorizonDB, Microsoft cherche à convaincre les clients d’Oracle

Toujours pour les grands clients du cloud public, Microsoft a évoqué la disponibilité générale imminente d’HorizonDB. Sans donner de date, ces porte-parole ont laissé entendre qu’elle serait annoncée lors de Microsoft Ignite, en novembre prochain.

HorizonDB est une déclinaison de PostgreSQL pensée pour des déploiements à large échelle. Elle prend en charge jusqu’à 3072 vCPU (192 par nœud de calcul), 15 répliques en lecture seule et jusqu’à 128 To de stockage. Un espace qui pourrait être étendu à l’avenir. En disponibilité générale, le SLA devrait être à minima de 99,99 %.

Comme ses concurrents AWS (Aurora) et Google Cloud (AlloyDB), Microsoft a largement modifié le système de stockage de la célèbre base de données open source pour les grands déploiements. Lors de son événement Build en juin, le fournisseur a mis en avant l’IA. De fait, Postgres prend en charge les mécanismes RAG (Retrieval Augmented Generation) et semble adapté aux flux de travail agentiques.

HorizonDB est toutefois propriétaire, contrairement à l’offre Flexible server (jusqu’à 96 vCPU, actuellement), plus ouverte.

« Nous continuerons à proposer Flexible, car de nombreux clients souhaitent un Postgres 100 % compatible avec la mouture open source et sont satisfaits d’un système unifié. Il est hautement disponible, il est répliqué, mais il est unifié », affirme Shireesh Thota. « HorizonDB, quant à elle, sépare le stockage et la puissance de calcul. Les deux ressources peuvent évoluer de manière indépendante ».

HorizonDB cible surtout des clients qui migrent de grosses installations d’Oracle Database vers Azure. Un des porte-parole de Microsoft a évoqué le cas d’un client qui s’apprêtait à migrer une base contenant plusieurs centaines de téraoctets de données vers HorizonDB.

« Nous constatons effectivement que les gens délaissent Oracle au profit de Postgres. Pour de nombreuses raisons, mais l’un des atouts majeurs de PostgreSQL réside dans son excellente extensibilité. C’est en quelque sorte le “Linux” des bases de données », confirme Shireesh Thota.

Et d’assurer que Microsoft est l’un des plus grands contributeurs au projet, sinon l’hyperscaler le plus actif au sein de la communauté PostgreSQL. Reste à voir qui de Google Cloud, Microsoft ou AWS offre le meilleur rapport performance/prix.

Quant aux annonces consacrées à l’IA agentique et d’autres innovations en matière de systèmes distribués, il faudra attendre la conférence Ignite, indique l’interlocuteur du MagIT.

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