Mistral AI louera ses GPU Nvidia à Microsoft

Microsoft et Mistral AI ont annoncé un partenariat valorisé « plusieurs milliards de dollars ». Le géant de Redmond s’appuiera sur les infrastructures GPU de la startup française pour déployer des services d’IA auprès de ses clients européens régulés. Un accord qui n’écarte pas l’ombre du droit extraterritorial américain.

Microsoft se positionne pour louer l’accès aux GPU Nvidia Vera Rubin que Mistral AI déploiera au cours des deux prochaines années. Ce n’est pas nouveau pour le cloudiste. Il a signé des contrats d’envergure avec les néocloud comme Nebius (17,4 Mds de dollars), IREN (9,7 Mds de dollars), CoreWeave (67 % des revenus du fournisseur sont imputables à Microsoft), Nscale ou encore Lambda. Avec Nvidia, Microsoft est l’un des clients et des financiers principaux de ces hébergeurs spécialisés. Et pour cause : la demande le pousse à s’équiper plus rapidement qu’il ne peut lui-même faire grandir ses centres de données.

Mistral AI, un néocloud de plus sur la longue liste des fournisseurs de Microsoft ?

Habituellement, ce type de contrat se matérialise par l’annonce d’une puissance de calcul exprimé en mégawatts. Ici, Microsoft et Mistral AI se contentent d’évoquer « plusieurs milliers de GPU ».

S’il est moins réputé pour cela, Mistral AI dit investir plus de 1,2 milliard d’euros dans ses data centers répartis entre la France et bientôt la Suède. L’entreprise espère disposer d’un gigawatt de puissance d’ici à 2030 et 200 MW en 2027. Pour l’heure, elle termine le déploiement de 50 MW, réparties entre les sites de Bruyères-Le-Châtel (Eclairion, 40 MW) et des Ulis (10 MW), en région parisienne.

Auprès de Reuters, Arthur Mensch a refusé de détailler les capacités réservées à Microsoft et à ses clients. Publiquement, le dirigeant a affirmé que le partenariat étendra les infrastructures Mistral Compute.

« L’IA souveraine » à la Microsoft

Les deux autres volets du partenariat sont beaucoup moins flous. Les modèles Mistral Medium 3.5 et OCR 4 sont disponibles depuis Microsoft Foundry et Microsoft Copilot Studio.

En outre, l’offre d’hybridation Azure Local intégrera les modèles open weight du fournisseur français. Les plateformes logicielles Mistral Studio et Forge seront par ailleurs disponibles à travers ses instances potentiellement déconnectées de la console cloud américaine. Ce déploiement sur Azure Local « garantit une forme de continuité d’activité et de contrôle sur des technologies d’IA », a assuré Arthur Mensch, cofondateur et CEO de Mistral AI, dans une courte vidéo de présentation publiée sur LinkedIn.

Les deux entreprises travaillent sur un plan de « Go To Market » afin d’attirer les sociétés par le financement de PoC et l’octroi de crédits Azure. Elles ciblent les banques, l’industrie manufacturière, les acteurs de la santé et les gestionnaires d’infrastructures critiques.

Microsoft brandit à nouveau l’argument de la souveraineté, comme il avait avec l’annonce de Microsoft 365 Local, en février 2026. Des offres comme Azure Local où l’accès à des modèles hébergés depuis des infrastructures situés en Europe à travers la plateforme d’un acteur américain ne supprime pas l’épée de Damoclès que représentent le CLOUD Act, le FISA Act ou les décrets de la présidence étatsunienne. Certains professionnels se sont empressés de rappeler ces risques en commentaire de la vidéo publiée par le fournisseur de LLM.

La décision de l’Administration Trump de limiter temporairement l’accès aux modèles d’Anthropic Fable 5 et Mythos a suscité de vives réactions politiques en Europe. Les entreprises, elles, portent une attention renouvelée pour les LLM open weight, dont ceux de Mistral AI, mais aussi ceux des éditeurs chinois.

Microsoft et les deux autres hyperscalers s’efforcent de ne pas perdre sa traction auprès des grands comptes, tentés de diversifier leurs investissements. La semaine dernière, Airbus a annoncé un contrat avec Scaleway (Iliad) pour héberger 70 applications critiques sur des infrastructures situées et gérées par l’acteur français d’ici à 2028 et jusqu’à 900 dans « cinq ou six ans ».

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