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Beam : Reflection veut faire rayonner son modèle open weight américain

La startup américaine bénéficie d’un avantage sur le marché open weight grâce à son financement et à son partenariat technologique avec Nvidia

Reflection AI, un fournisseur de LLM américain a dévoilé lundi son premier modèle open weight (Apache 2.0) Beam. Il s’agit d’un modèle de type « mixture-of-experts » comptant 501 milliards de paramètres, destiné à la programmation, au raisonnement et aux tâches impliquant des agents. Le modèle a été entraîné sur 23 800 milliards de tokens issus de jeux de données publiques et propriétaires. Il a été entraîné sur 10 500 GPU Nvidia B300 pendant un mois, dont 6144 pour le préentraînement.

Malgré une longue description bienvenue (15 pages) de ses méthodes de préentrainement et de post-entraînement ainsi que sa sélection rigoureuse des données d’entraînement, Beam demeure en accès anticipé privé. La startup dit finaliser les évaluations et son effort de red teaming.

Reflection positionne Beam comme un modèle de pointe, comparable à GLM-5.2 du fournisseur chinois Z.ai et Qwen 3.8 Max d’Alibaba. GLM 5.2 compte 744 milliards de paramètres, tandis que Qwen 3.8 Max en a 2 400 milliards. « Si les modèles ouverts de pointe tels que Kimi K3 restent en tête en matière de performances brutes, l’atout de Beam réside dans son efficacité lors de l’inférence », affirme Reflection. Le laboratoire ne précise toutefois pas le nombre de paramètres actifs ni la configuration matérielle requise pour exécuter son modèle.

Une division sur le marché au nom d’un bras de fer avec la Chine

« Nous assistons à une fracture sur le marché : dès qu’elle apparaît, nous devons toujours proposer une alternative ou une contre-proposition à l’option chinoise », remarque Lian Jye Su, analyste chez Omdia, une division d’Informa TechTarget.

Cette opposition est évidente non seulement aux États-Unis, mais aussi dans le reste du monde occidental.

Par exemple, le 6 octobre, en France, Mistral IA a présenté la préversion de Mistral Large 4, un modèle multimodal doté de plus de 1050 milliards de paramètres. Mistral a indiqué qu’il publierait les poids du modèle d’ici la fin du mois, mais qu’il continuait à le tester avec des leaders de la cybersécurité et des partenaires agréés. Reflection fera de même.

Le fournisseur français a affirmé mardi que « ML4 » figurait parmi les cinq meilleurs modèles au monde et qu’il était en tête des modèles open weights développés en dehors de la Chine. Selon les évaluateurs, il touche du doigt les performances de ses concurrents asiatiques sans les dépasser en matière de programmation et de coûts. En Allemagne, Aleph Alpha, bientôt sous le giron du Canadien Cohere, a présenté Kolibri. Ce modèle open weight affiné en langue allemande, à destination des administrations fédérales et des entreprises locales.

« Ce que tous les développeurs de modèles occidentaux s’efforcent actuellement de démontrer, c’est que “nous sommes bel et bien capables de créer des modèles open weight vraiment utiles », déclare Bradley Shimmin, analyste chez Futurum Group.

L’essor des technologies d’IA open weight et open source s’explique par le fait que les entreprises cherchent à mieux comprendre le fonctionnement de leurs modèles et à pouvoir les réentraîner pour leurs besoins spécifiques, le tout à un coût inférieur et avec des performances comparables à celles des modèles propriétaires proposés par des fournisseurs américains tels qu’Anthropic, Google et OpenAI.

« Les entreprises cherchent surtout à pouvoir jongler entre des modèles de pointe et des modèles locaux sur mesure, selon leurs besoins », poursuit l’analyste du Futurum Group.

Reflection, un poulain de Nvidia

Pour proposer cette alternative aux modèles chinois, le laboratoire compte sur le soutien financier de Nvidia, rappelle Lian Jye Su. Le géant fabless – qui se présente comme un fervent défenseur des modèles open weight – a investi 800 millions de dollars dans la société et lui a confié ses GPU afin d’accélérer son développement et son infrastructure.

La relation avec Nvidia est importante, car de nombreux fabricants chinois tentent de réduire leur dépendance vis-à-vis de Nvidia pour s’appuyer davantage sur des fabricants de puces chinois, tels que Huawei. Cependant, les puces d’IA chinoises ont encore un long chemin à parcourir, note l’analyste d’Omdia.

« À terme, de nombreux fabricants chinois devront accepter le fait que […] les puces chinoises sont un peu plus lentes, et qu’ils devront donc les adapter », déclare-t-elle, en anticipation d’une application encore plus stricte des restrictions existantes. « Les fabricants occidentaux n’ont pas vraiment ce souci ».

Bradley Shimmin remarque de son côté que Nvidia peut ainsi prouver l’intérêt de son approche. Il favorise l’apparition d’une deuxième famille de grands modèles de langage américaine. Une collection que la société dirigée par Jensen Huang pourrait proposer depuis ses services NIM. Les porte-parole du groupe ont appelé de leurs vœux la multiplication des LLM américains et européens.

Or, les techniques d’investissement de Nvidia sont soupçonnées de nourrir des dépendances fortes à un acteur pesant plusieurs milliers de milliards de dollars.

Mais Reflection doit faire avec une autre dépendance coûteuse. Outre le soutien de Nvidia, elle a conclu un partenariat avec SpaceXAI. La société détenue par Elon Musk lui donne accès à son centre de données Colossus et aux puces d’IA Nvidia GB300. Cet accord coûte à Reflection 150 millions de dollars par mois jusqu’en 2029.

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