DSSD, XtremIO 4 : EMC mise sur la consolidation du stockage Flash

A l’occasion d’EMC World 2015 , EMC a renforcé son offre de stockage Flash en misant sur la consolidation. Au programme, DSSD, XtremIO 4, VMAX, DataDomain et VNX …EMC montre ses muscles.

Lors de son salon EMC World 2015 qui se tenait récemment à Las Vegas, EMC a enfin dévoilé DSSD, son unité de stockage Flash ultra-hautes performances. Prenant la forme d’un tiroir rack de 5U constitué de 36 cartes Flash NAND extractibles en frontal (pour un total de 144 To d’abord, et 288 ensuite), l’unité DSSD dispose à l’arrière de 48 ports pour se connecter à des serveurs en... PCIe. Cette connexion directe, sans passer par une carte SCSI, permet de réduire la latence à 50 microsecondes, soit des temps d’accès 20 fois plus rapides que ceux d’une baie de stockage Flash traditionnelle. Le stockage Flash monté sur carte PCIe, comme le propose déjà Fusion-io par exemple, constitue une alternative économique aux très grandes quantités de RAM nécessaires dans le cadre des bases de données dites In-Memory, dont SAP Hana.

DSSD : Partager du stockage PCIe Flash entre plusieurs serveurs

« Des solutions existaient déjà pour mettre de la Flash sur carte PCIe, mais elles étaient limitées à un seul serveur. DSSD partage cette mémoire entre plusieurs serveurs », explique Sébastien Verger, directeur technique chez EMC France. Selon lui, l’intérêt est de réunir en un seul tiroir rack tous les stockages de type tier-0 des serveurs, comme les baies traditionnelles le font déjà pour les stockages de tier-1, 2 ou 3. Il devient dès lors possible de répartir les capacités entre les serveurs, de faire du RAID pour éviter les défaillances, etc. « Bien évidemment, dans un premier temps, la redistribution des capacités entre les serveurs physiques ne pourra pas se faire à chaud », explique Sébastien Verger.

 

DSSD devrait être disponible d’ici à la fin de l’année, à la fois en tant qu’unité autonome, mais aussi en tant que tiroir « top-of-the-rack » dans une future version de la baie de stockage objet ECS. Celle-ci serait équipée d’une pile OpenStack, intégrerait le protocole HDFS et serait a priori appelée ECI (projet Caspian). « Dans cette configuration, où ECI stockerait typiquement les données des applications SaaS et autres services commerciaux en ligne, l’unité DSSD servirait à éponger les pics d’activité, typiquement lorsque tous les utilisateurs se connectent à leur compte en ligne pour bénéficier d’une promotion temporaire », estime Sébastien Verger. « Nous pensons également que DSSD adressera les marchés de la recherche médicale et du trading temps réel », ajoute Christian Hiller, le PDG d’EMC France. Lors du salon EMC World 2015, des ingénieurs montraient qu’un cluster Hadoop de 15 nœuds reliés chacun à un tiroir DSSD analysait 50 fois plus rapidement un jeu de données qu’un cluster Hadoop constitué de 40 nœuds équipés de leur propre stockage.

A l’heure où nous écrivons ces lignes, le choix de la connectique censée reliée les bus PCIe des serveurs au tiroir DSSD n’est pas clair. En revanche, un ingénieur présent sur le salon a pu nous confirmer qu’un même serveur pourrait utiliser plusieurs ports parmi les 48 disponibles, pour augmenter d’autant sa bande passante.

XtremIO 4 : plus de fonctions, plus de consolidation, sans ralentissement

Simultanément, EMC dévoilait la mise à jour 4.0 de XtremIO, sa gamme de baies de stockage entièrement Flash. Le haut de gamme des tiroirs X-Brick atteint désormais 40 To de capacité et l’on peut en assembler 8 en cluster, soit une capacité maximale de 320 To.

Auparavant, une X-Brick contenait un maximum de 20 To et l’on ne pouvait en cumuler que six en cluster. Surtout, contrairement aux baies Flash habituelles que l’on peut étendre en ajoutant des tiroirs de disques au-dessus du contrôleur, chaque X-Brick ajoute en plus sa paire de contrôleurs au cluster. Et dans le dernier modèle, on trouve 40 cœurs Ivy Bridge par X-Brick. « Avec une baie XtremIO, vous avez assez de puissance de calcul pour répliquer les nouvelles données d’une base toutes les 60 secondes sans que cela impacte les performances du traitement. Vous pouvez également réduire à la volée 2 To d’images de serveurs virtuels en 1 Go. Chez la concurrence, les performances diminuent au fur et à mesure que vous ajoutez des disques », affirme Ehud Rokach, qui dirige la branche XtremIO chez EMC.

Les modèles précédents de X-Brick contenaient 32 cœurs x86 et ils n’étaient là que pour répondre aux requêtes d’entrée-sortie. La réplication des données en temps réel, ainsi que l’ajout à chaud de X-Bricks jusqu’à 8 modules au total font partie de la nouvelle version 4.0 du firmware, laquelle s’installe gratuitement dans les baies existantes.

Pour Natalya Yezhkova, analyste chez IDC, EMC s’est très clairement fixé le défi de distancer tous ses concurrents sur la technologie Flash : « EMC a particulièrement bien compris que le marché avait besoin de beaucoup de performances non pas pour accélérer une application historique, mais pour consolider à présent plusieurs applications ou plusieurs traitements parallèles dans une seule baie. C’était le principe des baies de stockage de fichiers Isilon, il a été repris dans les baies Flash de stockage bloc XtremIO et ce sera le même dans DSSD », explique-t-elle.

Les grands cabinets de conseil sont sur le point de publier une nouvelle étude du marché des solutions de stockage en Flash pour l’entreprise. D’après nos sources, EMC s’accaparerait 30% des ventes, suivi d’IBM avec 19% des parts de marché, puis viendraient Pure Storage, Violin Memory et NetApp.

VMAX, DataDomain et VNX s’améliorent pour le cloud

Parmi les autres annonces stockage du salon EMC World 2015, les baies haut de gamme VMAX3 - les seules capables de se répliquer entre plusieurs sites distants et les seules disponibles pour le marché de ces mainframes décidément indéboulonnables - ont désormais la capacité d’accueillir les tiroirs X-Brick des XtremIO. Elles intègrent également le logiciel ViPR, à la fois pour étendre leur stockage sur des baies non EMC et pour apporter à l’ensemble la compatibilité avec les protocoles du stockage objet courants du cloud (Amazon S3, Google, OpenStack...). Le module logiciel CloudArray permet par ailleurs de synchroniser le contenu des baies avec des espaces de stockage en cloud public.

De son côté, la famille des appliances de sauvegarde DataDomain s’enrichit d’un modèle DD9500 capable de sauvegarder 58,7 To/heure avec une capacité utile de 1 728 To. Son système DDOS 5.6 prend en charge les clusters Hadoop (en version Pivotal, Cloudera et HortonWorks, mais pas MapR) et s’accompagne de pilotes ProtecPoint pour sauvegarder des bases particulières (Oracle, SAP, IBM DB2) et de pilotes CloudBoost pour sauvegarder les données stockées dans les services en ligne (Office 365, Salesforce). A noter qu’EMC planche sur une appliance DataDomain virtuelle, pour l’heure connue sous le nom de Projet Falcon.

Enfin, en entrée de gamme, les baies VNX - qui servent autant à stocker du fichier, y compris en tant que NAS, que des bases de données, en tant que SAN en mode bloc - accueillent deux nouvelles configurations. Une version entièrement Flash du modèle 3200, à 25 000 dollars pour 3 To. Et une version machine virtuelle, vVNX. « Ces configurations s’adressent à des PME ou TPE qui ont un budget IT de 30 000 € par an. « Autant dire qu’elles n’intéressent aucun intégrateur habituel d’EMC », réagit Tanguy Moreux, le directeur général de l’intégrateur BFS Network. Sébastien Verger rétorque que ces VNX trouveront aussi leur place dans des filiales. Mais, à l’épreuve, les cas d’usage passaient plutôt inaperçus sur le salon. « En vérité, l’offre PME du catalogue EMC est plutôt à chercher dans les infrastructures convergées, en particulier les modèles clés en main de la filiale VCE », commente un visiteur qui a tenu à conserver l’anonymat.

 

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