Prism/NSA : un impact finalement plus grand que prévu ?

Contrairement à Forrester, l’Itif estime que ses prévisions initiales d’impact commercial des révélations sur les activités d’espionnage de la NSA seront largement dépassées.

C’était en août 2013. Peu après le début des révélations sur les activités de l’agence américaine du renseignement, avec en particulier son programme Prism, l’Information Technology & Innovation Foundation (Itif) estimait que « l’industrie américaine du Cloud Computing risque de perdre 22 Md$ à 35 Md$ au cours des trois prochaines années » du fait de ces révélations.

A l’époque, James Staten, du cabinet Forrester allait plus loin. Selon lui, la menace de perte de chiffre d’affaires pour l’industrie américaine des services Cloud se montait plutôt à 180 Md$ sur trois ans, « soit 25 % du chiffre d’affaires de tous les fournisseurs de services IT sur la période ».

Mais voilà, début avril, le même cabinet estimait que Prism n’a pas eu l’impact commercial craint initialement. Pour le cabinet, les entreprises utilisatrices ont continué à faire confiance à leurs partenaires nord-américains. Mais ils sont ressortis du scandale avec une position renforcée pour gérer leur propre sécurité : « la prise de conscience globale sur la cybersécurité progresse et les entreprises prennent des mesures substantielles pour protéger leurs informations de valeur, non seulement de l’espionnage des gouvernements, mais aussi des cyberattaques ».

Dans un nouveau rapport, l’Itif vient contredire le cabinet. Pour lui, depuis août 2013, « il est devenu clair que l’industrie technologique américaine dans son ensemble, et pas seulement le secteur du Cloud computing, a souffert des révélations de Snowden. Dès lors, l’impact économique des pratiques de surveillance américaines va probablement considérablement dépasser l’estimation initiale de 35 Md$ de l’Itif ».

Pour la fondation, « les entreprises américaines ont vu leurs ventes affectées dans le monde entier ». Et de notamment citer Cisco, qui avait ouvertement mis en cause la NSA en présentant ses résultats pour le troisième trimestre 2013. Surtout, selon l’Itif, les activités de surveillance de l’agence « ont été utilisées par certains pays pour justifier un protectionnisme sur leurs données, avant même les révélations de Snowden ». Lesquelles ont alors apporté de l’eau à leur moulin.

Dès lors, si l’Itif ne s’aventure plus sur le terrain glissant des estimations, il alerte : « lorsque les historiens écriront sur cette période de l’histoire américaine, il se pourrait bien que l’un des thèmes soient la manière dans les Etats-Unis auront perdu leur leadership technologique […] L’un des facteurs qu’ils pointeront sera le fait de privilégier les intérêts de la sécurité nationale au détriment des intérêts industriels et commerciaux en matière de politique étrangère ».

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