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Pourquoi l’IT rend les entreprises moins productives

Les entreprises investissent certes de plus en plus dans les nouvelles technologies mais peinent encore à faire progresser leur niveau de productivité.

Malgré des années d’investissements en nouvelles technologies, les entreprises ne parviennent toujours pas à améliorer leur productivité.  C’est une des conclusions d’une étude du Boston Consulting Group qui vient jeter un pavé dans la mare à l’heure des très nombreuses transformations numériques - phénomènes au cœur des discours de tous les fournisseurs IT du marché.

Selon cette étude, il apparaît qu’en dépit d’une adoption du numérique, la productivité des entreprises des pays économiquement avancés ne progresse pas.

Dans les années 70, les 15 plus grandes économies mondiales affichaient une croissance de 5% par an ; le taux de croissance est aujourd’hui passé à 1%.  Au Royaume-Uni, la productivité stagne même depuis 2006, explique Yves Morieux, senior partner chez BCG. 

Le problème sous-jacent, soutient le cabinet de conseil, est que les entreprises mettent certes en place des technologies innovantes, mais sans les raccorder aux autres innovations initiées par les autres départements de l’entreprise. « A chaque fois que nous utilisons des nouvelles technologies de communications et IT, sans prendre en compte la collaboration dans l’entreprise, l’impact sur la productivité est négatif », affirme encore Yves Morieux.

La façon dont les entreprises travaillent et s’organisent est la même qu’il y a 40 ans, mais entre temps, le monde est devenu beaucoup plus complexe, a-t-il indiqué lors d’un conférence sur les ressources humaines. 

Numérique mais encore de la complexité

Les entreprises ont réagi en numérisant leurs activités ; ce qui a conduit à une explosion des CDO (Chief Digital Officer) ou encore de tsar du numérique dans toutes les entreprises. Le résultat : plutôt que de gagner en efficacité, les entreprises ont simplement automatisé le complexité, résume l’étude.

Les employés gâchent de 40% à 80% de leur temps dans des activités non stratégiques, mais tout en travaillant de façon plus dure et plus longtemps. Les responsables de services passent beaucoup de temps à écrire des rapports ou assister à des réunions. La  plupart du temps, ils ne peuvent passer que 30% de leur temps à aider les employés à travailler plus efficacement. 

Lorsqu’un problème de communication apparaît entre le back et le front office, les entreprises créent des middle offices – ce qui ne fait qu’aggraver la situation, précise encore l’étude. Il cite l’exemple d’une banque qui a accumulé 7 systèmes de données, les employés travaillant systématiquement en silos, sans collaborer.

Encourager la collaboration entre employés

Afin de briser ce cycle, les entreprises doivent repenser la façon dont travaillent les responsables de services et encourager les employés à collaborer plus efficacement que dans le passé. « Il ne s’agit pas tant de structure, mais de libérer le système nerveux. C’est ce que optimise le potentiel humain au travail », résume encore Yves Morieux. 

Les entreprises pourraient faire plus avec moins de ressources et moins de systèmes IT si elles avaient en place une culture d’entreprise qui encourage les employés à collaborer. Il cite l’exemple d’une société ferroviaire européenne qui n’a pas pu respecter ses objectifs en matière de ponctualité. A chaque fois qu’un train était en retard, la société, qui emploie 165 000 personnes, a dû mener une enquête détaillée pour déterminer quel département de l’entreprise était responsable du retard. Les employés ont réagi en essayant d’abord de couvrir les retards, puis en n’informant pas leurs collègues. Personne ne souhaitait endosser la responsabilité des retards. Après avoir changé son approche, l’entreprise a vu son niveau de ponctualité passer de 80% à 89%.

 En améliorant la collaboration entre employés, les entreprises auront moins à investir dans les systèmes IT. « Si la coopération n’est pas suffisamment poussée, nous devons disposer de plus de ressources, plus de temps et plus de systèmes », lance encore Yves Morieux.

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