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Cegid : « Un cloud mondial d’ici 12 mois »

Avec 30% de ses utilisateurs qui le sont depuis une solution SaaS, et bientôt 20 % de ses revenus qui en découlent, Cegid revendique la place de n°1 français dans le Cloud applicatif. Centré aujourd’hui sur la France, son Cloud se déploie aux Etats-Unis et en Asie, et demain en Afrique. Le point avec son Directeur Général.

Le récent rachat de Technomedia, spécialiste canadien de la gestion de talents en mode SaaS, conforte la stratégie de transformation de Cegid vers des offres Cloud. Il permet en effet à l’éditeur de dépasser la barre symbolique des 60 % de revenus récurrents.

Quelques jours après l’annonce du rachat, LeMagIT a fait le point avec Patrick Bertrand, Directeur Général de Cegid, sur cette évolution.

Plus de 50 millions d’euros dans le SaaS (avec Technomedia)

Cegid a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 267 millions d’euros, dont 160 millions en récurrent (59.9 %). Par « revenus récurrents », il faut comprendre le SaaS, mais aussi la maintenance et les contrats de supports liés aux licences sur site.

Le CA reconnu, et effectivement réalisé, dans le Cloud applicatif a été pour 2014 de 47.4 millions d’euros (17.7 % du CA). Une part encore largement minoritaire, donc, mais qui s’explique aussi du fait qu’il s’agit d’abonnements et que les rentrées sont donc étalées dans le temps.

Il est en tout cas à comparer aux ventes de licences sur site, qui elles - toujours sur 2014 – se sont élevées à 34 millions d’euros.

Autrement dit, avec une répartition des ventes de 58 % en SaaS et de 42 % sur site, Cegid vend – en revenus - quasiment une fois et demi plus de SaaS que de logiciel « traditionnel » (1.4 fois plus). Conséquence, « le SaaS progresse de 25 à 30 % par an », constate Patrick Bertrand.

Avec le rachat de Technomedia, ce mouvement va s’accentuer. La société basée à Montréal fait en effet 73 % de SaaS (et 100 % de récurrents). Sur 2014, selon nos estimations, l’ensemble aurait ainsi tutoyé les 55 millions dans le Cloud. Il aurait en tout cas sans aucun doute dépassé la barre symbolique des 50 millions.

Officiellement, Cegid ne communique pas sur ses objectifs chiffrés. Mais l’éditeur affiche tout de même un but clair : atteindre les 70 % de récurrent. Quand ? « Dans les deux ans », répond Patrick Bertrand au MagIT.

Cegid, « numéro 1 français du SaaS »

Selon les chiffres de PAC de mars 2015, cités par Cegid, le leader incontesté du SaaS en France s’appelle Salesforce (168 millions d’euros). Le spécialiste du CRM devance Google (93 millions d’euros) et Microsoft (69 millions d’euros).

Cegid, avec 46 millions d’euros, arrive en cinquième position.

« Dans le Top 5, nous sommes le premier éditeur français », se félicite Patrick Bertrand qui met à part Capgemini, numéro 2 du classement avec 140 millions d’euros. L’ESN est certes française mais n’est pas, pour le Directeur Général, véritablement un éditeur. (A noter que PAC met Capgemini dans ce classement suite au rachat de Prosodie, société qui réalise un CA de 163 millions d’euros, et qui propose des solutions Cloud pour call center).

Un autre classement a le don d’agacer Patrick Bertrand. Le GSL 100.

Celui-ci met en effet Cegid en numéro 3 français du SaaS derrière Sopra (52 millions) et Ullink (90 millions). « Ce classement de l’ADEL m’a rendu fou furieux… d’autant plus que j’ai co-fondé et présidé l’AFDEL plusieurs années », en rigole aujourd’hui le Directeur Général. « La définition du Cloud n’y est pas très clair, il n’y a pas que du SaaS dans ce classement ».

Côté activité, les trois locomotives du SaaS de Cegid restent la comptabilité, la paye-RH, et les solutions de gestion de la fiscalité. « Les autres activités comme le retail, les solutions pour le service public ou la finance connaissent des taux de croissance de 50 à 60 % par an mais ils partent aussi de beaucoup plus loin ».

A la conquête du monde

Point de vue infrastructure, le SaaS de Cegid s’appuie sur un Cloud Privé qui lui est fourni par IBM avec un « datacenter qui se trouve à Clichy et est répliqué en France ».

Si le SaaS de l’éditeur lyonnais fait aujourd’hui quasiment tous ses revenus sur son marché domestique, Cegid, qui réalise à présent plus de 10 % à l’international, voit plus loin.

« Notre ambition est de faire un Cloud mondial d’ici 12 mois », lance Patrick Bertrand.

Ce qui se traduit aussi sur l’infrastructure. Car s’il peut raisonnablement viser d’autres pays européens (Italie, Portugal, UK) depuis la France, il n’en va pas de même pour des marchés plus lointains – et plus porteurs.

Pour réaliser cet objectif, Cegid a passé d’ores et déjà un partenariat depuis deux ans avec Rackspace pour s’attaquer au marché nord-américain. « Mais on regarde aussi d’autres partenaires comme Softlayer (IBM) ».

En Asie, un PoC est également en cours. Quant au continent africain, il reste un marché prioritaire pour l’éditeur. Cegid y est présent à Casablanca et Abidjan et réalise 1.8 millions d’euros de revenus pour 1.200 sites clients. Des chiffres amenés à fortement progresser avec le développement économique de la zone.

Mais la stratégie pour déployer le SaaS sur ce continent est encore à déterminer. Datacenter local ? Depuis une zone limitrophe ou via l’Europe ? « On n’a pas encore de réponse », concède Patrick Bertrand, « mais on regarde cela de très près ».

Dans sa totalité, le SaaS de Cegid comptait 120.000 clients utilisateurs fin 2014, en progression de 26 % par rapport à 2013, contre 400.000 utilisateurs tous logiciels confondus : 30 % des utilisateurs de Cegid sont donc à présent dans le SaaS. Un autre indicateur qui traduit bien la mutation en cours de l’éditeur fondé en 1983.

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