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Revue de presse : les brèves IT de la semaine (3 mars)

Cegid et Patrick Bertrand, c’est fini - Blockchain : une alliance de géants autour d’Ethereum - ServiceNow débauche le PDG d’eBay - Un marché des serveurs atone en 2016 - AWS, Orange et Huawei jettent l’ombre d’un doute sur le Cloud - Microsoft France : nouveau Directeur pour les Développeurs - Résultats 2016 : Salesforce et Sopra-Steria en pleines mues

LeMagIT revient chaque vendredi sur les actualités qui animent l'écosystème IT. Voici les brèves de notre revue de la semaine.

Cegid se sépare de son dirigeant historique

L’historique dirigeant de Cegid, Patrick Bertrand, vient d’être remplacé. Son successeur à la tête de l’éditeur français d’ERP est un spécialiste des progiciels de gestion. Pascal Houillon a en effet dirigé la Sage France, puis Sage Americas depuis 2010.

Sa mission sera d’accompagner la transition de l’éditeur vers le SaaS et d’en faire un acteur international (objectif clairement affiché par les fonds, nouveaux propriétaires de Cegid depuis avril 2016).

Ces deux mouvements ont été initiés par Patrick Bertrand, Directeur Général de Cegid depuis 2002. Jean-Michel Aulas, le créateur médiatique et actionnaire de l’éditeur, l’a chaudement remercié pour les 29 ans passés à ses côtés. Mais désormais, ce sont les fonds qui décident.

Marché des serveurs atone

Le marché mondial des serveurs a progressé de 0,1% en volume en 2016, mais il a reculé en valeur de 2,7%, selon les chiffres de Gartner publiés cette semaine.

Les serveurs x86, au cœur des constructions de centre de données des grands fournisseurs de services, sont toujours les plus populaires.

« Les prévisions pour 2017 montrent que la croissance du marché sera modérée en 2017. Le marché sera tiré par la demande des grands fournisseurs de services tandis que la demande des entreprises devraient décliner légèrement », prédit le cabinet d’analyses.

HPE domine le marché mais ses positions reculent. Au quatrième trimestre 2016, ce serait même Dell qui aurait vendu le plus de serveurs en unité. Tout comme dans le réseau, Huawei progresse de plus en plus vite et semble être le vrai grand vainqueur de 2016.

Orange et Huawei se serrent les Clouds

Huawei, justement, a créé la sensation cette semaine avec l’annonce par Orange d’un accord passé avec l’équipementier asiatique autour de son cloud public. Pour un champion du cloud souverain (avec CloudWatt), se fournir chez un acteur quasi-étatique chinois a fait un peu désordre.

Le partenariat porte sur le framework cloud open source OpenStack, car « l’équipementier est l’un des acteurs clés d’OpenStack et est à l’épicentre du développement de la plate-forme », explique Orange… alors qu’il n’a contribué qu’à 4% du code de « Ocata ».

Orange fournira les datacenters, le réseau et la sécurité. De son côté Huawei sera responsable de fournir l’intégralité de l’infrastructure matérielle (serveurs, commutateurs et surtout stockage de données), la couche OS OpenStack et le support de niveau 3.

Sollicité plusieurs fois par LeMagIT, Orange avait toujours refusé de s’exprimer sur le sujet. Sans doute gêné aux entournures. Curieusement, après la publication de notre article qui révélait cet accord, l’opérateur a immédiatement réagit. « Le caractère souverain de CloudWatt reste inchangé », nous a alors assuré Didier Renard, Directeur Général d’Orange Cloud for Business.

Selon lui, il y aura deux stacks clouds différentes. CloudWatt continuera à s’appuyer sur sa pile technologique OpenStack actuelle, tandis que le cloud internationale d’Orange sera motorisée par une pile technologique 100% Huawei.

Surtout, le choix d’un partenaire chinois met à jour, pour Didier Renard, l’absence totale d’alternative européenne. Il montre également une nouvelle défiance envers les produits américains. « Le grand ami américain pose problème depuis l’affaire snowden (…) On n’est plus sur les débats d’allié américain et d’ennemi chinois ». L’avenir dira si les clients – et les politiques – suivent Orange dans ce choix cornélien.

Panne : AWS jette l’ombre d’un doute sur le Cloud

Mardi, le service de stockage S3 d’AWS a connu une grosse panne. Le dysfonctionnement a fortement perturbé le Cloud de l’Américain et avec lui ses clients présents dans une des régions les plus peuplées du service (la côte Est).

Aucune perte de données n’a été rapportée, mais l’incident rappelle que ces services hébergés sont devenus l’épine dorsale de beaucoup d’autres métiers. Pas moins de 150.000 sites utilisent S3.

Dans ce cas précis, Imgur, The Verge, Business Insider, Expedia et même la très sérieuse Securities and Exchange Commission (gendarme de la Bourse américaine) ou l’agence des transports de Boston ont été affectés.

Cette interruption a finalement été expliquée par Amazon. Il s’agirait d’une erreur humaine. Suite à une mauvaise commande, un nombre trop important de serveurs auraient été recyclés, ce qui a mis l'index en défaut. Il a donc fallu redémarrer et reconstruire cet index, ce qui a pris cinq longues heures.

ServiceNow débauche le PDG d’eBay

ServiceNow, le spécialisée de l’ITSM en mode Cloud, a annoncé lundi la nomination de John Donahoe au poste de Président Directeur Général. Le président actuel, Franck Slootman, restera Président du Conseil d’Administration.

John Donahoe était auparavant Président de eBay. ServiceNow a fait appel à lui pour « sa capacité à gérer et à faire grandir une entreprise technologique ».

Il aura également la mission de diversifier ServiceNow pour étendre sa solution au-delà de l’IT et « aider les directions générales et les PDG à résoudre leurs questions urgentes », explique Frank Slootman qui a occupé le poste pendant 6 ans. Un mandat réussi puisque ServiceNow pèse aujourd’hui plus d’un milliards de dollars par an de chiffre d’affaires et est considéré comme une des entreprises les plus prometteuses et solides de la Silicon Valley.

John Donahoe siège également aux Conseils d’Administration de Nike et d’Intel.

Blockchain : une alliance de géants se crée autour d’Ethereum

Le monde des Blockchains est en pleine maturation. Les initiatives se multiplient pour tester, comprendre, normaliser et adapter ces nouveaux registres de compte - dont on dit qu’ils sont révolutionnaires mais qui n’ont pas encore fait leurs preuves. Et pour cause, ils répondent encore imparfaitement aux besoins réels des entreprises.

C’est pour travailler à cette adaptation que de grands noms de la banque, de l’industrie et de l’IT ont créé en début de semaine la Enterprise Ethereum Alliance. On y retrouve entre autres Accenture, BBVA, BP, ING, Intel, J.P.Morgan, Microsoft (qui supporte la technologie sur Azure), Santander, UBS ou encore Wipro.

Rappelons qu’Ethereum est une des trois technologies Blockchain les plus populaires avec la blockchain Bitcoin et Hyperledger (soutenue par la Fondation Linux et IBM). La particularité la plus notable d’Ethereum est d’aller au-delà du simple enregistrement de transactions dans un livre de comptes et de permettre l’exécution de Smart Contracts (du code stocké dans la Blockchain) pour automatiser le déclenchement de procédures non modifiables et programmées à l’avance.

Le problème d’Ethereum est le même que pour les autres blockchains. Les écritures sont publiques  et consultables par tous. La montée en puissance est problématique (Blockchain est une technologie robuste mais qui reste « lourde » et « lente »). Et l’interopérabilité avec d’autres systèmes est limitée voire inexistante. S’y ajoute, dans le cas précis d’Ethereum, la sécurisation des Smart Contracts.

L’Alliance travaillera donc sur ces points clef - en premier lieu sur une version « privée » d’Ethereum, c’est-à-dire utilisable par un consortium d’entreprises et non pas dans un cadre de crypto-monnaie publique. Elle aura également pour but la simplification des déploiements en rendant Ethereum plus modulaire.

Résultats 2016 : mutation profonde en cours de Salesforce et de Sopra-Steria

La publication des résultats 2016 a continué cette semaine avec ceux de Sopra-Steria et ceux de Salesforce.

Les résultats de l’ESN française montrent une société en pleine mutation, de plus en plus centrée sur l’édition logicielle et les solutions métiers. Sopra-Steria vise même les 760 millions d’euros de CA dans ce domaine en 2017, soit 20% de ses revenus globaux.

De son côté Salesforce est passé dans le vert pour la première fois depuis 2011. Certains y voient le seul effet d’un crédit d’impôts. Mais c’est aller vite en besogne. La société construit en effet, pierre après pierre, une nouvelle offre plus analytique et plus large que le seul CRM. Elle le fait par une montagne de rachats (10 en 2016, quarante-cinq depuis sa création), et en investissant massivement dans le marketing et dans ses forces de vente. Le résultat est là : désormais, Salesforce ne fait plus que 50% de ses 8,4 milliards de CA dans le CRM.

Microsoft France : Christophe Shaw, nouveau Directeur de la division Developer eXperience

Lundi, Microsoft France a nommé Christophe Shaw au poste de Directeur de la division Developer eXperience. Fort de treize années passées chez Microsoft (dans la division Services puis en étant en charge du développement commercial de Visual Studio), il aura pour mission de « libérer le potentiel des développeurs en leur donnant les moyens technologiques de leurs ambitions ».

Il aura également la responsabilité de porter les technologies émergentes comme « la réalité mixte » (HoloLens) ou l’Intelligence Artificielle (Cortana) auprès des entreprises.

Nicolas Gaume, son prédécesseur qui a occupé le poste pendant deux ans, rejoint le siège américain du groupe. Il y sera en charge des relations avec les éditeurs au sein de la division Windows & Devices.

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