Cet article fait partie de notre guide: Smart City : les secrets des projets réussis

Open Data : la RATP publie ses horaires en temps réel

La régie des transports parisiens tient à disposition une API qui permet d’exploiter les données en temps réel liées aux horaires de passage des bus, métro, tramways et RER. Les données liées aux perturbations arriveront dans le courant de l’année.

Les usagers des transports en commun parisiens pourront bientôt obtenir l’état du trafic en temps réel de leur ligne de bus, métro, tramways et du RER dans l’application mobile de leur choix. Ce 3 janvier, la RATP, la régie autonome des transports parisiens, a publié dans un format ouvert les très attendues données portant sur les horaires de passage en temps réel de ses moyens de transports. Ces  jeux de données, accessibles désormais via un service Web (SOAP), permettent d’accéder  à la structure des lignes et des stations du réseau RATP, mais surtout aux prochains passages, au premier et dernier départ ainsi qu’aux fréquences de passage.  Mais ces données ne devraient finalement devenir pertinentes qu’à partir de la publication des données portant sur les perturbations du réseau du transporteur dont la mise à disposition est prévue « courant 2017 », comme l’indique une FAQ sur le portail Open Data de la régie parisienne.

Cette API doit permettre aux développeurs d’intégrer à leur application un état du trafic en temps réel et d’imaginer des services de mobilité capables de prendre en compte l’évolution des transports en commun parisiens.  Alors que jusqu’alors les éditeurs n’avaient accès à des données portant sur des horaires théoriques (et n’incluant donc pas toutes formes de perturbations ou travaux par exemple, NDLR), explique  Bertrand Billoud, en charge du marketing chez Kisio Digital (filiale de Keolis), qui développe la plateforme open source Navitia.

Si la plateforme reprend bien ces données théoriques, Kisio réfléchit aussi au temps réel. D’autant que la société a déjà bâti une solution qui s’adosse à des données temps réel pour la Ville de Rennes. « On va peut-être adapter notre modèle », souligne-t-il. Car dans le secteur du transport, la donnée se périme vite, d’où la nécessité de cette notion de temps réel.

Pour l’heure, la RATP a limité l’utilisation de cette API à 30 millions de requêtes par mois.  Au-delà, le servi ce devient donc payant. Autre contrainte, un utilisateur ne peut pas faire plus de 200 requêtes par seconde et la connexion doit se faire en mode compressé, explique cette même FAQ. Selon nos confrères du Monde, la mise en place d’une architecture dédiée (et donc séparée des systèmes en place au sein de la régie) et la préparation technique des données a nécessité 6 mois de travail et un million d’euros. 

Mais étonnement, ces données temps réel seront ré-actualisées toutes les 5 minutes, comme l’explique Dominique de Ternay, le directeur marketing de la RATP, toujours chez nos confrères. Ce qui peut en effet paraître long pour des usages temps réel.

L’affaire Citymapper

La RATP n’en ait pas à son coup d’essai en matière d’Open Data. La régie parisienne a lancé son portail de référence il y a 4 ans. Depuis, 21 jeux de données ont été publiés. Sa politique en matière d’ouverture des données avait toutefois été pointée du doigt en avril dernier, et fait grand bruit dans la communauté de l’Open Data.  La levée de bouclier avait été provoquée par la société britannique Citymapper, qui accusait alors la RATP de l’empêcher d’accéder à ces précieuses données en temps réel.  La régie refait tomber aujourd’hui la pression.

Si en effet, l’ouverture des données temps réel demande du temps, comme d’ailleurs le confirme la régie des transports dans un article publié sur le site très tendance Medium , il est dommage que cette ouverture intervienne « en réaction », souligne encore Bertrand Billoud.  Même si « on comprend que cela n’est pas toujours évident pour les transporteurs,  et que surtout, cela ait un coût ».

Mais, pour lui,  la balle est désormais dans  le camp du monde de l’Open Data. Désormais, « il s’agit de créer un vrai écosystème et  celui-ci doit jouer le jeu de la transparence. »  Y compris donc les éditeurs d’applications.

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