Les entreprises françaises abordent Vista en ordre dispersé

Alors que Microsoft continue de prévoir l’arrêt de la commercialisation des licences pour Windows XP au 30 juin prochain, les entreprises françaises ne semblent pas se résoudre à migrer de bon cœur à Vista.

Déjà, à l’occasion du Symposium de Gartner qui se déroulait début mai à Barcelone, les représentants de certaines entreprises françaises nous avaient fait part d’un sentiment plus que frileux à l’égard de Vista. Force est de constater que l’ambiance ne s’est pas réchauffée au fil de notre enquête.

Une migration coûteuse

Stéphanie Vouvy, attachée commerciale chez Argos Ingénierie, à Tours, nous confie que « moins l’on vend Vista, mieux on se porte. Nous rencontrons principalement des problèmes de compatibilité. On ne passera à Vista que contraint et forcé. Nos clients [des PME/PMI, NDLR] feront avec et paieront la mise à jour de leurs logiciels. Mais ils veulent attendre le plus longtemps possible. »

La question du coût de mise à jour des logiciels existant revient dans le discours de Marc Guillot, gérant de Login Informatique. Et de détailler les problèmes de compatibilité rencontrés : « Navision, des outils de comptabilité, comme ceux d’EBP, etc. » Au final, « en grand compte comme en PME, nous n’en avons pas déployé. Certains clients ont testé Vista sur un ou deux postes, mais ont renoncé. »

Brian Gammage, analyste du cabinet Gartner, ne fait pas un autre constat : « les bénéfices du passage à Vista sont très limités, comparativement aux coûts. »

Des contraintes techniques importantes

Alain Blit, responsable technique et commercial d’ABS Informatique, fustige surtout l’ergonomie et les dispositifs de sécurité de Windows Vista : « on perd trop de temps à enlever toutes les sécurité pour pouvoir travailler. Typiquement, je dois compter une demi-journée pour installer un client VPN Cisco contre deux heures sous XP. » Et de souligner que « les systèmes sous Windows XP sont bien stabilisés depuis le Service Pack 2. » Une rengaine qui ne vaut pas que pour la France. Aux Etats-Unis, au nom de la stabilité éprouvée de Windows XP notre confrère Infoworld s’est lancé depuis plusieurs mois dans une croisade pour maintenir XP au delà du fatidique 30 juin. En vain en dépit des plus de 200 000 signatures recueillies à la mi-mai !

De fait, Lisbeth Gdalia, des laboratoires Merial, nous confiait récemment qu’il serait très bien de pouvoir faire fonctionner Vista en mode dégradé, avec l’ergonomie de XP. Alain Blit enfonce le clou : « c’est comme s’il fallait repasser son permis de conduire à chaque fois que l’on change de voiture ! »

Plus généralement, Microsoft aurait implémenté dans Vista, « des fonctions qu’il pensait que les utilisateurs voulait à la places fonctions réellement attendues. »

Migrer ou pas ?

Pragmatique, Ivan Bertrand, associé chez Logica, relève que « les systèmes d’exploitation, on les subit un peu sur le poste de travail. » D’ailleurs, lui avait constaté « le démarrage de migrations planifiées dans quelques grandes entreprises. »

De son côté, Stéphanie Vouvy pratique déjà la technique du downgrade, « sur les portables » en particulier : elle s’appuie sur un particularisme de certaines licences de Vista pour installer Windows XP en toute légalité.

Marc Guillot indique qu’il « fera avec ce que nous donnera Microsoft. On pourra peut-être reporter un peu l’échéance avec des stocks restants. » Mais la migration forcée à Vista ouvre déjà quelques esprits : « j’ai un client qui teste le passage à Mac OS X. » Et ce n’est pas le seul. Alain Blit se dit ainsi prêt à « pousser Linux » auprès de ses clients sur le libre lui apporte des solutions meilleures que Vista…

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