COPE : moins de bénéfices que le BYOD

Tentant parce qu’offrant apparemment plus de contrôle, le modèle COPE ne devrait pas pouvoir véritablement rivaliser avec celui du BYOD.

Le modèle COPE repose sur une logique inverse de celle du BYOD : il s’agit, pour la DSI, de fournir aux utilisateurs des terminaux mobiles propriété de l’entreprise et largement contrôlés par celle-ci. Le BYOD, à l’inverse, consiste à permettre aux collaborateurs d’utiliser leurs terminaux mobiles personnels à des fins professionnelles, moyennant une part de contrôle par l’entreprise, généralement plus limitée.

En deux ans, Craig Mathias, du groupe Farpoint, n’a pas changé d’avis sur le COPE : « en général, nous le déconseillons. Les utilisateurs ont déjà leurs propres téléphones. Pourquoi l’organisation devrait-elle dépenser de l’argent pour d’autres appareils ? Et qui veut encore transporter deux téléphones ? »

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Surtout, pour lui, dans tous les cas, « l’administration de la mobilité est nécessaire ». Alors, si l’acronyme COPE peut être vu comme « intelligent », le modèle correspondant n’offre en définitive qu’une valeur ajoutée limitée : « dans des circonstances restrictives, c’est l’option à choisir. Mais dans la plupart des cas, personne ne veut transporter deux téléphones. Et personne ne va transporter un téléphone configuré avec de nombreuses restrictions sans compensations susceptibles d’alourdir la charge financière sur l’organisation ».

Et Craig Mathias d’illustrer : « vous proposez un téléphone gratuit tous frais payés dont l’usage personnel est autorisé… je n’arrive pas à comprendre pourquoi des organisations voudraient supporter un investissement et des dépenses d’exploitation qu’elles n’ont pas à supporter ».

La même sécurité…

Reste que le modèle du COPE est souvent perçu comme offrant plus de sécurité que celui du BYOD. Une perception seulement, à en croire Craig Mathias : « avec un bon logiciel de gestion de la mobilité d’entreprise [EMM], également nécessaire dans le cas du COPE, je ne pense qu’il reste beaucoup de chose dont s’inquiéter. Certes, la sécurité est un domaine de l’IT où l’on n’a jamais fini. Mais il est possible de faire déjà beaucoup, efficacement, avec l’authentification forte, un chiffrement robuste, et surtout, un renforcement de la prise de conscience ».

De fait, pour l’analyste, les entreprises « oublient de rappeler [à leurs employés] que la seule chose qui a pour elles une véritable valeur est l’information qui leur appartient ». Dès lors, si le niveau de conscience des enjeux reste élevé et que des contrôles « raisonnables » sont mis en œuvre, « le BYOD permet de faire deséconomies et tout le monde peut retourner à ses occupations l’esprit léger ».

…pour un coût finalement moindre ?

Mais lequel, du COPE ou du BYOD, s’avère le moins onéreux ? Craig Mathias ne manque pas d’être critique à l’égard des études sur les coûts du BYOD : « il y a de nombreux articles sur les coûts du BYOD, et si c’est mal fait, c’est sûr, cela coûte. Mais vous ne me convaincrez pas qu’en éliminant 100 % de l’investissement et qu’en partageant les coûts de fonctionnement, le BYOD reviendra au final plus cher ».

De nouveaux développements, dont l’arrivée prochaine de Windows 10, pourraient-ils amener l’analyste à changer son fusil d’épaule ? Pas sûr. Certes, il se dit « curieux de voir si Microsoft va enfin bien s’y prendre », mais il souligne que l’éditeur y échoue depuis plusieurs années : « ils ont perdu beaucoup adhésion du marché, mais tout avoir sous Windows - tablette, PC, et smartphone - peut être attractif ».

Toutefois, pour Craig Mathias, « les utilisateurs finaux veulent un iPhone, ou un iPad, ou un appareil Android. Si les utilisateurs ne veulent pas utiliser [l’appareil qui leur est fourni], ils ne seront pas productifs avec. Je ne dis pas que ce sera le cas avec Windows 10, mais je pense que Microsoft, qui a une part minuscule dans la mobilité aujourd’hui, conservera une part aussi minuscule dans les prochaines années. Windows 10 ne va pas ‘mettre le feu’ ».

Au-delà, pour lui, une éventuelle transition vers plus de services Cloud et encore moins d’applications conventionnelles « vont continuer de réduire l’intérêt pour le COPE avec le temps ».

Ce qui appelle un impératif : aller au-delà de la gestion des terminaux pour renforcer celle des données. Et Craig Mathias d’ajouter : « je veux que toutes les données restent dans le Cloud [sans préciser public ou privé, NDLR] ; je n’en veux pas sur le terminal. C’est vraiment la seule manière pour être capable d’offrir une réelle sécurité ».

 

Adapté de l’anglais.

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