Big Data : comment la MAIF tente d’anticiper les catastrophes naturelles

Suite à la mise en production de son Data Lake, la MAIF dote ses équipes du logiciel de restitution Tibco Spotfire. Un outil de découverte des données qui leur donne accès aux premières applications prédictives.

Comme de nombreuses entreprises françaises, la MAIF exploite depuis plusieurs années un Data Warehouse de type Netezza d'IBM. Une plateforme classique que Thierry Champéroux, responsable du programme Data et IA à la MAIF, a depuis 2 ans complétée avec un Data Lake Hadoop.

« Celui-ci consolide l'ensemble des données de la MAIF, les données structurée du Data Warehouse, mais aussi les données flux MAIF et flux externes comme les flux téléphoniques, les flux eMail, les flux de navigation internet ».

Par ailleurs, ce Data Lake commence à recueillir les données générées par les objets connectés déployées par l’assureur dans le cadre de nouveaux services liés à l'habitat ou aux véhicules. Toutes ces données convergent vers le Data Lake à une fréquence quotidienne.

Enfin, la troisième brique de ce système d'information Data est ce que Thierry Champéroux nomme le « puit de données ». Celui-ci s'appuie sur Elastic Search qui indexe en temps réel l'intégralité des données présentes dans le système d'information.

Aujourd'hui, ce sont près de 80 personnes qui travaillent sur la donnée à la MAIF.

Un outil de "Data Discovery" pour plus d'autonomie aux managers de terrain

En parallèle à la mise en place de cette infrastructure, Thierry Champéroux a lancé une réflexion sur les outils de restitution mis à la disposition des managers de terrain, traditionnellement de gros utilisateurs d'Excel.

A l'issue de deux années d'évaluations, la direction informatique a fait le choix de la solution de "Data Discovery" Spotfire éditée par Tibco. « Nous avons pris notre temps car nous avons considéré qu'il s'agit d'un choix important vis-à-vis de l'adhésion de l'ensemble de nos directions métier et dans leur acculturation aux outils Analytics » explique Thierry Champéroux.

« C'était un enjeu majeur pour nous en termes d'accompagnement des différents corps de métier come le marketing, le réseau, les actuaires ». En effet, la MAIF mène un vaste plan baptisé PAM - « plan d'accompagnement des managers » - afin de leur donner plus d'autonomie et d'agilité à l'échelon local.

« Nous avons la volonté de remplacer progressivement l'ensemble des tableaux de bord Excel que l'on retrouve un peu dans toutes les directions et tous les services de la MAIF. L'enjeu était d'offrir de meilleures capacités de visualisation avancée, notamment cartographiques »

La MAIF compte aujourd'hui 500 utilisateurs déployés au siège et dans le réseau du mutualiste. Avec pour objectif d'être déployé sur l'ensemble des 4 000 collaborateurs sachant que la MAIF a souscrit à une licence illimitée auprès de Tibco pour déployer librement l'outil dans toute l'entreprise.

Un interfaçage possible avec l'outil marketing automation

Spotfire a ainsi été déployé auprès de la direction de la distribution qui gère l'ensemble des agences MAIF au niveau national. Un tableau de bord qui permet aux managers locaux d'avoir une meilleure connaissance de leur portefeuille client.

« Parmi les données à leur disposition, les données relatives aux sociétaires issues du CRM, les données de contact (elles-aussi stockées dans le CRM), les données du système de téléphonie, des bases de données marketing, les données INSEE » liste Stéphane Renoux, responsable de projet à la MAIF.

A partir des sélections de prospects ou de sociétaires réalisés via Tibco Spotfire, le manager peut mettre en place une campagne locale afin d'inviter ces contacts à se rendre en agence ou solliciter l'accueil téléphonique de la MAIF.

« L'application est en pilote auprès d'une douzaine d'entités et les données ne sont pas encore injectées dans Siebel Campaign. Mais dès lors que nous disposons des données unitaires, plus rien ne nous empêche de le faire et de déclencher automatiquement une campagne d'appel via Siebel Campaign » ajoute Stéphane Renoux.

Le prédictif, l'un des cas d'usage de Spotfire

Parmi les cas d'usages qui ont permis à Thierry Champéroux de convaincre sa direction pour investir sur Tibco Spotfire figure la simulation de sinistres.

Lorsqu'une catastrophe naturelle frappe une région française, la MAIF active son dispositif Pégase (plan d'entreprise de gestion adaptée à des situations exceptionnelles). Celui-ci consiste à mettre les moyens en place afin de traiter l'arrivée en masse des dossiers d'indemnisation des sociétaires impactés par la catastrophe. L'idée de l'équipe de Thierry Champéroux est d'anticiper l'activation du dispositif de quelques jours sur les zones qui vont être effectivement frappées.

« La prévision est délivrée à partir de l'historique de l'ensemble de données et des prévisions météorologiques qui sont publiées à 3 et 5 jours. Nous réalisons des simulations en avance de phase, l'objectif étant de prévoir les coûts de la sinistralité région par région, zone par zone mais également de prévoir tout le dispositif humain et organisationnel à mettre en place dans le réseau. En cas de sinistre majeur, nous avons besoin d'anticiper au maximum l'intervention des équipes sur le terrain. C'est le double objectif poursuivi par ce projet »

Les modèles statistiques qui exploitent les prévisions météorologiques et les historiques des sinistres ont été développés en langage R. Ces modèles sont pilotés dynamiquement via l'interface utilisateur de Spotfire.

Stéphane Renoux précise que « le but du jeu est de faire tourner des outils de simulation pour prédire le nombre de sinistres et faire jouer différents paramètres, dont la direction et la force des vents, et d’estimer l'impact si jamais le vent venait à forcir. Lorsqu'on projette cela sur une carte, c'est là où cela présente le plus d'intérêt pour nos équipes. »

L'objectif pour la MAIF est d'ajuster son dispositif pour pouvoir accueillir le mieux possible les déclarations des sociétaires, « faute de pouvoir éviter le sinistre lui-même ».

L'interface créée par l'équipe de Stéphane Renoux est très simple. Il suffit de jouer sur les différents curseurs de manière interactive pour visualiser sur la carte les effets si les vents sont plus forts qu’annoncés par les services météo ou si le vent vient à changer de direction.

L'utilisateur peut ainsi voir quelles seront les communes qui seront touchées et celles épargnées par la tempête. Et réagir en conséquence. Rendre les algorithmes prédictifs accessibles à tous, c'est aussi cela l'intérêt d'opter pour une solution de restitution moderne afin de remplacer... Excel.

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