Comment la start-up PayPlug a pu concurrencer les banques grâce à AWS

PayPlug propose aux e-commerçants une alternative à la page de paiement que les banques glissent sur leurs sites. Il fallait une infrastructure hautement disponible et certifiée par les organismes financiers que la start-up aurait été incapable de fournir sans AWS.

Un outillage d’administration ultra simple, une conformitĂ© aux normes les plus rigoureuses et une qualitĂ© hors pair du support client. Telles sont en substance les qualitĂ©s que la start-up française Payplug reconnaĂ®t Ă  AWS, le Cloud public d’Amazon qui lui a permis de concrĂ©tiser son activitĂ©. « Quand on lance une start-up, on n’a aucune idĂ©e de l’infrastructure IT qui sera nĂ©cessaire. Avec AWS, c’est facile, nous activons des serveurs quand nous en avons besoin et il nous suffit d’une personne Ă  mi-temps pour gĂ©rer notre parc de VM. AWS nous coĂ»te 2% environ de notre chiffre d’affaires. Et encore, nous pourrions optimiser ce coĂ»t car nous laissons certainement tourner des VM quand elles ne sont pas utilisĂ©es Â», dĂ©clare ainsi Camille Tyan, le PDG de PayPlug, que LeMagIT a rencontrĂ© lors du salon AWS Summit qui se tenait Ă  Paris le 31 mai.

PayPlug apporte aux PME et TPE des solutions pour accepter les paiements en ligne sur leurs sites. Il s’agit d’une brique qui s’intègre soit automatiquement dans les sites d’e-commerce basĂ©s sur les frameworks classiques (Magento, Prestashop...), soit via une API pour les sites dĂ©veloppĂ©s sur mesure. « Non seulement notre solution permet de dĂ©ployer une facilitĂ© de paiement en deux heures et demi sur un site, contre une semaine pour intĂ©grer la page d’une banque, mais en plus elle est totalement personnalisable, avec une mise en page et des icĂ´nes qui s’adaptent Ă  l’affichage d’un mobile, quand la page d’une banque sera illisible sur un petit Ă©cran ou qu’elle fera apparaĂ®tre un clavier sans chiffre pour saisir un numĂ©ro de carte de crĂ©dit Â», indique Camille Tyan.

Le vrai avantage technique d’AWS : ĂŞtre certifiĂ© PCI-DSS

Techniquement, l’API comme la page de paiement customisée fonctionnent sur les serveurs d’AWS, sur lesquels reposent toutes les exigences de rapidité d’accès et de sécurité. Incidents majeurs mis à part (en novembre dernier, tout l’Internet irlandais a ralenti durant 5 heures, impactant tous les hébergeurs qui y ont logés leurs datacenters, dont AWS), les clients de PayPlug sont satisfaits de la fiabilité du service. Les ingénieurs de la startup se félicitent d’avoir des outils comme le Security Group qui leur évite d’avoir à re-paramétrer les niveaux de droits d’accès à chaque nouvelle VM.

Camille Tyan avoue ne pas avoir comparĂ© la rapiditĂ© et les outils d’AWS Ă  ceux de ses concurrents. En revanche, s’il a choisi AWS, c’est d’abord parce qu’il Ă©tait le seul, en 2013, Ă  ĂŞtre certifiĂ© PCI-DSS. « Cette certification est obligatoire dès lors que l’on motorise une page de paiement. Avoir la certification PCI-DSS est critique pour nous, car notre valeur est justement d’offrir une alternative aux pages de paiements que les banques proposent aux e-commerçants. Lorsque nous nous sommes lancĂ©s, un prestataire nous a dit que nous Ă©tions trop petits, que ce serait trop compliquĂ© pour nous d’obtenir ce sĂ©same. Mais il a changĂ© d’avis quand nous lui avons dit que nos serveurs seraient hĂ©bergĂ©s chez AWS Â», raconte le PDG de PayPlug.

Il a surtout apprĂ©ciĂ© qu’AWS l’accompagne dans la dĂ©marche. Lorsque PayPlug se fait auditĂ© par Mastercard, l’hĂ©bergeur de Cloud fournit dans les 24 heures un livre blanc sur la façon dont AWS gère la sĂ©curitĂ© bien au-delĂ  des exigences de PCI-DSS et des copies de ses propres rapports d’audit. « AWS parlait le mĂŞme langage que l’auditeur, ce qui nous a enlevĂ© une Ă©norme Ă©pine du pied et ce qui nous a permis Ă  nous, toute petite start-up naissante, de concurrencer les Ă©tablissements bancaires sur un sujet aussi sensible que la sĂ©curitĂ© Â», se fĂ©licite Camille Tyan. 

Un support client particulièrement prévenant

Cette question de certification est au cĹ“ur de la fidĂ©litĂ© de PayPlug envers AWS. « Nous sommes rĂ©gulièrement dĂ©marchĂ©s par d’autres fournisseurs de Cloud. Certains sont prĂŞts Ă  nous faire des dizaines de milliers d’euros de ristournes pour que nous quittions AWS. Mais c’est Ă  chaque fois sur cette question de PCI-DSS que les commerciaux Ă©chouent : ils nous rĂ©pondent qu’ils vont se renseigner et qu’ils reviendront vers nous. Cela n’a rien Ă  voir avec le service dont nous bĂ©nĂ©ficions chez AWS, oĂą nous avons un Account Manager dĂ©diĂ© qui nous assiste rĂ©gulièrement Â», ajoute le PDG.

Il raconte ainsi avoir rĂ©cemment amĂ©liorĂ© son infrastructure pour prĂ©munir les services de PayPlug contre les attaques de type DDOS. « Ce n’est pas un sujet qui concerne AWS puisqu’il s’agit de la manière dont nous gĂ©rons notre infrastructure. Mais, par acquis de conscience, nous avons tout de mĂŞme appelĂ© notre account manager pour avoir un avis. Il a mis notre CTO en relation avec un expert qui s’est entretenu une heure au tĂ©lĂ©phone avec lui. L’expert a revu tous nos choix, nous a fait des remarques et nous a proposĂ© d’utiliser certains outils. Deux semaines plus tard, il nous rappelait pour savoir si tout ce passait bien. Il avait mĂŞme pris l’initiative de vĂ©rifier notre dĂ©ploiement Â», applaudit Camille Tyan.

Il apprécie aussi que son account manager l’appelle un mois et demi à l’avance pour le prévenir d’une opération de maintenance sur le datacenter d’AWS et lui indique la procédure à suivre pour ne pas subir d’interruption de services.

Mais trop d’outils

Il y a cependant un reproche que Camille Tyan fait Ă  AWS : l’hĂ©bergeur publie trop de nouveaux outils trop souvent, au point que l’offre en devient illisible. « Par exemple, nous allons lancer en juin un nouveau module de Machine Learning qui permet aux e-commerçants de dĂ©tecter une fraude. Nous avons tout dĂ©veloppĂ© nous-mĂŞmes, nous n’avons pas utilisĂ© le module de Machine Learning d’AWS car personne ne nous avait dit qu’il pouvait faire ce que nous voulions. Avec trois nouveaux outils par semaine, nous n’avons tout simplement pas le temps de lire toutes les documentations Ă  chaque fois Â», lance le PDG de PayPlug. 

Fonctionnant sur l’analyse comportementale  - notamment en dĂ©tectant des bizarreries comme un client qui effectue des achats depuis soi-disant un iPhone alors que son système affiche les polices de Windows, ou encore une saisie de No de carte bancaire trop rapide - ce nouveau système d’intelligence artificielle mis au point par PayPlug contribuera surtout Ă  discerner le gros des clients non-suspects afin de leur Ă©viter la contrainte de passer par le système d’authentification par code SMS 3DS. « Le problème de 3DS est qu’il rĂ©duit de 20% les ventes, parce que les clients n’ont pas leur smartphone Ă  cĂ´tĂ© pour lire le SMS, ou alors parce qu’ils trouvent cela compliquĂ©, etc. Du coup, les e-commerçants se retrouvent Ă  devoir arbitrer entre ĂŞtre victime de fraude ou perdre un cinquième de leur CA. Avec notre système, le 3DS ne se dĂ©clenche qu’en cas de suspicion de fraude, ce qui fera chuter le taux d’achats non aboutis Ă  2 ou 3% Â», dĂ©taille Camille Tyan.

Cela dit, Camille Tyan pense tenir avec son nouveau moteur de Machine Learning un vrai patrimoine valorisable. « Le but est de rendre un meilleur service Ă  nos clients, pas de revendre notre technologie. NĂ©anmoins, je me dis que nous avons finalement plus la main sur cette propriĂ©tĂ© intellectuelle que si nous Ă©tions passĂ©s par les fonctions clĂ©s en main d’AWS Â», conclut-il.

 

Pour approfondir sur IaaS