KPMG Technologies Services abandonne son infrastructure sur site

En choisissant Azure, KPMG tourne le dos à un hébergement en propre de son application SaaS, Arpège, et devinet un concurrent direct de SAGE et CEGID dans le logiciel comptable et fiscal.

KMPG n’est pas qu’un cabinet de conseils et d’audit. Avec sa branche « Technologies Services », la société propose également des progiciels à ses clients, des solutions qu’il conçoit et assemble en interne.

Cette activité d’éditeur l’a poussé à développer une infrastructure conséquente et à tester plusieurs « briques », dont les outils de Cegid. Aujourd’hui, dans une stratégie radicale de transformation, KPMG Technologies Services a décidé d’abandonner, purement et simplement, son infrastructure sur site pour passer au 100% Cloud.

Le Cloud pour ne plus avoir à gérer d’infrastructure

« Nous avons migré l'ensemble de la plateforme de T-System vers Azure. Cela représentait un peu plus de cinquante serveurs (mix virtuels et physiques) », dévoile Christian Taltas, Responsable de la Division Logiciel du groupe en France. « Les seuls serveurs que nous avons gardés en interne sont ceux de l'ADFS en liaison directe avec l'AD de KPMG ».

KPMG

Une telle migration est souvent moins tranchée, l’existant (les serveurs achetés) étant un frein, ou en tout cas un ralentisseur. Pas chez KPMG qui a « recyclé les serveurs pour d'autres applications moins critiques jusqu'à leur fin de vie. »

La motivation principale de ce choix s’explique par un seul mot : flexibilité. « Nous avons une approche applicative. Notre cœur d’activité n’est pas de gérer une infrastructure mais de nous concentrer sur la partie métier de nos clients ».

Le Cloud choisi a été celui de Microsoft. Principalement pour des raisons de briques applicatives. Pour les comprendre, il faut remonter un peu dans l’historique de l’offre logicielle de KPMG Technologies Services.

La solution actuelle, baptisée Arpège, est une application full web totalement intégrée - commercialisée en SaaS - qui couvre tous les domaines du cabinet : la comptabilité (générale, auxiliaire et analytique), la GED, la facturation, la trésorerie (intégration des relevés, rapprochement bancaire, paiements, prélèvements SEPA), les immobilisations (économiques, fiscales, crédit-baux), les déclarations fiscales (TVA, liasse de tous les régimes), la révisions comptables, les situations, les consolidations d'établissements, les tableaux de bords dynamiques et le benchmarking de gestion.

Arpège gère aujourd’hui tous les dossiers des 60 000 clients de KPMG et est utilisée par l'ensemble de ses 3 800 collaborateurs en "Expertise-Comptable". « Elle est également utilisée par près d'un millier de nos clients pour tenir leur comptabilité en "collaboratif" avec nos collaborateurs ».

Une application SaaS redéveloppée avec des briques Microsoft…

L'application a été entièrement créée en HTML5 et JavaScript sur la base des technologies Node.js, MongoDB et SQL Serveur. Elle permet également aux clients « réseau » du cabinet (LDLC, etc.) de développer avec les API de KPMG pour échanger des données directement entre leurs systèmes d'information et l’application. « Par exemple, ils transfèrent les achats ou les ventes quotidiennement vers la comptabilité », illustre le Responsable de la Division Logiciel.

Avant de passer à cette solution développée à partir d'une feuille blanche - entre 2012 et 2014 et lancée dans le cabinet en septembre 2014 - KPMG avait testé plusieurs « prestataires », dont aucun n’ont été satisfaisant.

« Nous avons eu une mauvaise expérience avec SAP », lâche sans langue de bois Christian Taltas en conférence de presse. Echaudée par la complexité de l’éditeur allemand, KPMG Technologies Services est également resté à l’écart des outils d’Oracle. Quant à Cegid PGI, « on a pris, on a fait avec… et on a tout jeté ».

Le fait maison a dans un premier temps permis à KPMG de remplacer « plus de 200 serveurs CEGID installés sur chaque site dans toute la France par 22 serveurs dans notre datacenter ».

Dans un deuxième temps, en migrant sur Microsoft Azure, « on ne fait plus d’infrastructure, on ne recrute plus que des développeurs ».

En plus du code maison, et pour sa fonction GED, Arpège intègre directement Sharepoint et Office Web App dans l'application (« et non l'application dans Sharepoint », insiste Christian Taltas).

… qui expliquent le choix d’Azure

« Nous avons également développé une App4Office permettant d'échanger des données dans les deux sens entre Excel, Word et l'application. Et nous étudions l'intégration de Microsoft Dynamics pour nos clients qui souhaitent gérer des stocks car Arpège n'assure pas cette fonction aujourd'hui ».

Cette promiscuité avec les outils Microsoft explique en grande partie le choix de son Cloud.

Premier retours sur expérience, « nous arrivons à déployer en quelques heures toute une infrastructure sans intervention humaine. [Pour cela] nous avons utilisé toutes les technologies disponibles sur Azure : ARM, DSC, Worker Role et basculement de VIP pour accélérer le déploiement de nos plateformes (intégration, pre-prod, prod) ».

Côté ROI, « nous avons déjà divisé par deux nos coûts fixes en passant sur Azure par rapport à notre ancien fournisseur ».

Le responsable n’entend pas s’arrêter là. « Nous attendons beaucoup de l'agilité d'Azure. Nous pensons réduire encore nos coûts en adaptant en temps réel notre infrastructure à la demande. Par exemple, en période fiscale la charge est plus élevée que durant le reste de l'année et le nombre de serveurs frontaux s'adaptera automatiquement en fonction de la demande ».

Et côté qualité, les retombées semblent elles aussi positives. « Nous avons amélioré la qualité de notre processus en changeant la méthode de déploiement de nos applications. A chaque version nous déployons l'infrastructure de pré-production automatiquement sur des données de test. Ensuite nous basculons la pré-prod sur les données de production pour que les pilotes puissent tester l'application. Enfin nous déclarons la pre-prod en tant que prod et détruisons l'ancienne prod. De cette manière les deux environnements sont totalement ISO et cohabitent juste le temps des tests de non-régression ».

Arpège, un vrai concurrent de SAGE et CEGID dans le SaaS

La seule limite d’Azure dans le cadre de ce projet a concerné la base de données. « Il était difficile d’équilibrer une base sur Azure, il y a beaucoup de paramètres ». Une limite qui pourrait sauter en passant à la nouvelle version de SQL Database qui permet de gérer et d’automatiser un pool de bases. « On ne l’a pas utilisé, mais j’aurais vraiment bien aimé », plaisante Christian Taltas.

Prochaine étape pour KPMG, ouvrir son application SaaS à tout le marché.

« A partir de novembre 2015, nous allons ouvrir Arpège en SaaS à l'ensemble des entreprises françaises (y compris non-clientes du cabinet), qui pourront ainsi venir faire toutes leurs déclarations (TVA, liasse) et/ou tenir leur comptabilité sur le web avec les mêmes outils que KPMG », prévoit le responsable. « KPMG devient éditeur de logiciel de comptabilité et fiscal au même titre que SAGE ou CEGID ».

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