Christophe Lefort, BlackBerry : « reprendre notre place de 3e dès cette année »

A l’occasion du Blackberry Experience Forum 2013, Blackberry a présenté les nouveautés plus dédiées aux entreprises à ses clients français. Trois semaines après les premières ventes en France des Z10, Christophe Lefort, directeur général France et Europe de l’Ouest du constructeur, présente les nouvelles ambitions d’un constructeur qui revient de loin.

A l’occasion du Blackberry Experience Forum 2013, Blackberry a présenté les nouveautés plus dédiées aux entreprises à ses clients français. Trois semaines après les premières ventes en France des Z10, Christophe Lefort, directeur général France et Europe de l’Ouest du constructeur, présente les nouvelles ambitions d’un constructeur qui revient de loin.

Christophe Lefort, directeur général France et Europe de l’Ouest de Blackberry

Christophe Lefort : 
Si nous avons annoncé le BlackBerry 10 le 30 janvier dernier, cela ne fait que trois semaines que le Z10 est disponible en France, et la campagne de communication n’a vraiment démarré que la semaine dernière. Je ne peux pas vous donner de chiffres, mais les premiers signes sont encourageants. Nous avons pu observer qu’un peu plus de 50 % des acheteurs de Z10 sont des utilisateurs d’iOS et d’Android : 35 % d’entre eux venant d’iPhone, et 65 % venant d’Android. Les 50 % restants sont des utilisateurs de BlackBerry, et ceux qui restent attendent le Q10 avec un clavier physique, qui arrivera avant l’été. 

LeMagIT.fr : 
BlackBerry a une image très orientée vers l’entreprise. Est-ce toujours le cas avec cette refonte ? 

Christophe Lefort : 
Le marché sur ces trois dernières années a énormément changé en terme d’usage et de services. Il y a trois ans, lors d’un forum similaire, nous parlions déjà de consumérisation de l’IT qui a évolué dès l’année suivante en Bring Your Own Device ou BYOD. 
Aujourd’hui, nous proposons à l’entreprise une solution pour mieux manager ses terminaux, quel que soit le système d’exploitation, en s’appuyant sur des conteneurs sécurisés pour BlackBerry, iOS et Android. Il y a cinq ans, nous pouvions avoir des actions très ciblées entreprise ou grand public. 
Aujourd’hui, nous ciblons l’utilisateur en tant qu’individu toujours en mouvement et ayant besoin d’accéder à des données privées comme professionnelles. Et, en même temps, nous fournissons aux entreprises les outils pour piloter la partie professionnelle en toute sécurité. 

LeMagIT.fr  : 
Comment vous positionnez-vous sur le marché alors ? 

Christophe Lefort : 
Le marché a énormément évolué. Il y a douze ans, BlackBerry était dans la communication mobile, et à partir d’un environnement de petite taille et du réseau le plus basique qui soit, nous voulions apporter la meilleure expérience de communication. 
Aujourd’hui, nous sommes dans le mobile computing, et nous voulons toujours apporter la même expérience. L’utilisateur doit pouvoir contrôler ses données, et l’appareil doit apprendre à répondre à ses besoins : apprendre son écriture, mais également ses habitudes de recherches, ou ses relations avec ses contacts par exemple.  Cette évolution de la communication mobile vers le mobile computing est notre vision. 

LeMagIT.fr  : 
Comment se positionne BlackBerry par rapport à l’écosystème de smartphones déjà existant ? 

Christophe Lefort : 
Nous avons 79 millions d’utilisateurs des services BlackBerry, plus un nombre indéterminé d’autres qui n’ont juste que le terminal. Nous sommes la seule entreprise pouvant réellement recenser. BlackBerry est unique en son genre, car nous proposons une infrastructure réseau, des outils d’administration et des terminaux. Quand on regarde les systèmes d’exploitation actuels, l’OS est le nerf de la guerre pour se différencier. 
Les deux autres acteurs qui se rapprochent le plus de nous sont Microsoft et Apple. Chez Android, les quinze constructeurs qui en proposent ne savent pas se différencier et proposent jusqu’à six versions différentes du système d’exploitation. Cette fragmentation fait que les trois acteurs qui offrent un réel niveau de sophistication, avec un focus fort sur la sécurité, sont iOS, pour nous, Windows Phone et BlackBerry. 
Quand nous avons pris la décision il y a trois ans et demi de se remettre en cause et de mettre en avant le mobile computing, nous savions qu’il y aurait une période de frustration et de perte de parts de marché face à cette transition. Pour le moment, au vu des retours, c’est un pari gagné. Cela n’a pas été simple, nous avons remis les pendules à zéro avec un nouvel OS et de nouveaux terminaux. 
Mais nous ne sommes pas dans la course aux spécifications. Nous restons focalisés sur l’usage. Nous ne nous sommes pas fixés de chiffres en volume. Nous avons été leader dans le mobile, nous le restons en entreprise et dans certaines zones géographiques (Amérique latine, Inde, Afrique). Nos bases continuent à croître. 

LeMagIT.fr : 
Quels sont vos objectifs pour l’avenir ? 

Christophe Lefort : 
Notre objectif est de regagner les parts de marché perdues, notamment aux États-Unis, mais de manière plus structurée, en allant reconquérir pas à pas les utilisateurs. En terme de positionnement dans les systèmes d’exploitation, reprendre notre place de 3 e  dès cette année sera un premier pas. Ce n’est jamais évident de rester en haut. Dans un cycle d’une dizaine d’années, un système d’exploitation a besoin d’évoluer. Avec QNX, nous avons quelque chose d’ouvert et de puissant pour les dix prochaines années, et nous pourrons nous adapter à de futures évolutions comme l’interconnexion avec les objets. 

LeMagIT.fr : 
Vous voulez reconquérir des parts de marché, mais vous abandonnez le Japon et peut-être la Corée du Sud. Pourquoi ? 

Christophe Lefort : 
Nous ne l’abandonnons pas. Nous laissons la structure en place pour supporter les opérateurs locaux et les clients présents. Il a fallu faire des choix en considérant BlackBerry 10. Il a fallu se dimensionner avec un lancement progressif de BlackBerry 10 à travers le monde. Nous n’avons pas annoncé que nous nous retirions du marché. Nous devons juste faire des choix en tenant compte de la base installée et de l’appétence pour la marque.  

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