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Application mobile professionnelle : 5 recommandations concrètes pour concevoir et développer

On ne se lance pas à l’improviste dans le développement d’applications mobiles métiers. Il est important de réfléchir au préalable aux usages, à l’implication des utilisateurs, au support, aux technologies de développement, à l’intégration ou encore à la distribution.

Qu’elles soient à destination des techniciens en charge de la maintenance pour simplifier la gestion d’intervention, qu’elles ciblent les forces commerciales avec pour but d’augmenter la prise de commande et de faciliter la vente, ou encore qu’il s’agisse d’outils de sécurisation ou d’amélioration de la vie du salarié, les applications mobiles rencontrent de plus en plus de cas d’usage dans le monde de l’entreprise.

L’adhésion à une application par les professionnels n’est cependant pas la même que pour une cible grand public et il est nécessaire de tenir compte de plusieurs points clés avant de démarrer un projet d’application B2B.

Réfléchir à l’usage et impliquer les collaborateurs

Bien que l’approche utilisateur soit devenue courante dans l’univers du mobile, elle n’est pas toujours appliquée dans le cadre du développement d’une application B2B. Or dans un tel contexte, il est essentiel d’impliquer les salariés (qui seront aussi les utilisateurs finaux) dans le processus de définition du besoin et la construction du projet pour faciliter leur adhésion future.

Des équipes spécialisées dans le domaine de l’UX peuvent travailler à l’analyse du parcours utilisateur et des contraintes. Elles devront toutefois s’appuyer sur les utilisateurs finaux, car ils connaissent précisément leurs besoins, et feront ainsi émerger des pistes de développement permettant d’optimiser tout à la fois leur temps et le ROI global, comme de sécuriser leurs tâches au quotidien. Si la direction est évidemment partie prenante du projet, ce n’est pas à ses contraintes propres que doit répondre l’application développée, mais bien à celles des équipes.

Dans le cas où deux besoins distincts soient clairement identifiés, il est alors préférable d’opter pour deux applications dédiées ayant chacune un usage précis plutôt que de chercher à créer une application globale. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le prix de réalisation – notamment via des coûts de maintenance moins importants – sera souvent moins élevé.

Privilégier un support adapté

Si la tendance du BYOD (Bring Your Own Device) – dont le but est de demander aux salariés d’utiliser leur mobile personnel dans le cadre de l’entreprise – a rencontré le succès aux États-Unis, les quelques organisations l’ayant mis en place en France ont encore du mal à convaincre leurs équipes, sans doute parce que cela correspond moins à la culture des entreprises hexagonales.

Outre la difficulté à faire adhérer les salariés à cette pratique, la question de la sécurité des données professionnelles est également une problématique importante, celles-ci étant ainsi accessibles depuis un support non sécurisé et non maîtrisé par l’entreprise. Des outils de sécurisation existent (Secure Folder par exemple), mais ces données seront alors sécurisées par une application elle-même sécurisée par l’utilisateur, et non par l’entreprise.

Une solution consiste en l’utilisation de MDM (Mobile Device Management) : cela nécessite néanmoins que le mobile soit « enrôlé » par l’entreprise, ce que l’utilisateur refuse le plus souvent dans le cas d’un téléphone personnel. Autre possibilité : fournir un support mobile sécurisé à l’ensemble des salariés. Au-delà d’une nécessaire gestion de flotte par la DSI ou par une entreprise tierce, le coût d’un tel fonctionnement n’est pas forcément plus élevé, tous les collaborateurs ayant ainsi des supports identiques.

Choisir la technologie adéquate

Pour développer une application durable dans le temps, il est essentiel de faire le bon choix – dès le départ – entre technologie native ou solution cross-platform. Une application – une fois en production – doit être maintenue, entretenue et doit évoluer. L’entité en charge du projet (DSI, RH, Communication,…) doit ainsi prendre en compte la contrainte technologique dans sa réflexion (connaissance du langage, maîtrise des outils…) et potentiellement réfléchir à l’utilisation de technologie maîtrisée par les équipes techniques qui seront ainsi capables de faire évoluer proprement l’application à l’avenir.

Il est important de choisir la technologie qui sera la moins coûteuse dans le temps et la plus pérenne. En effet, le calcul du coût de réalisation d’une application (le ROI se calculant au minimum sur le moyen terme) doit tenir compte de l’ensemble du projet – de sa conception jusqu’à sa maintenance en passant par son évolution – mais également du coût de montée en compétence des équipes techniques dans le cas où elles doivent apprendre à maîtriser une nouvelle technologie. Ce choix est d’autant plus crucial pour les grands groupes, aux besoins multiples, lançant de vastes chantiers de développement mobile.

Opter pour une unique technologie est ici un véritable avantage, les développeurs n’ayant pas à se disperser sur la connaissance de l’outil et des langages de développement, mais il est alors essentiel de s’assurer que la solution technologique choisie pourra couvrir l’ensemble du périmètre fonctionnel et technique des applications cibles.

Penser l’interfaçage avec le SI et la gestion des données

Une application à usage professionnel interagit forcément avec le SI de son entreprise. Cet échange d’information doit bien entendu être sécurisé, mais aussi le plus indépendant et évolutif possible, pour faire face aux évolutions des composants, des partenaires, du besoin ou encore des données. L’application mobile doit donc savoir s’adapter au SI de l’entreprise facilement et à moindre coût.

Le fait de passer par un serveur de médiation comporte un certain nombre d’avantages : isolation et allègement de la charge du SI, scalabilité, implémentation de couches métier, gestion de spécificités liées au mobile, etc. Néanmoins, les applications mobiles récupérant les données via l’exposition d’API, le choix d’un serveur de médiation dépendra de la manière dont le SI est mis en place et exposé.

Le recours aux certificats de sécurité ou VPNs est envisageable dans le cas d’une flotte de mobiles gérée par l’entreprise, ces derniers devant être déployés directement. Puisqu’elle peut impacter sa réalisation, il est donc essentiel que cette réflexion autour de l’interfaçage avec le SI soit menée en amont du développement d’une application mobile.

Déterminer un mode de mise à disposition de l’application

La question de la mise à disposition de l’application aux équipes, une fois celle-ci réalisée, doit – là encore – se poser en préambule au projet. Certaines entreprises font ainsi le choix d’une publication sur les stores officiels (Google Play et App Store) avec une ouverture de l’application sur une page d’authentification. Il est néanmoins à noter que – bien que ce type d’application ne soit pas refusé pour le moment – il est stipulé dans les conditions générales des stores qu’une application doit offrir des fonctionnalités libres d’utilisation.

Il est également possible de diffuser les applications de façon restreinte via des MAM (Mobile Application Management), souvent présents également dans les MDM et les EMM (Enterprise Mobile Management). Le moyen de diffusion de l’application doit être adapté aux besoins et contraintes de l’entreprise, tous comportant différents avantages et inconvénients (que ce soit d’ordre fonctionnel, financier, etc.).

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