Une offre DaaS par Microsoft pour 2016

L’éditeur de prépare à lancer une offre de poste de travail en mode service. Celle-ci pourrait enfin donner au DaaS le coup d’accélérateur dont il a besoin pour toucher un large public.

Quelque part, l’an prochain, une offre DaaS signée Microsoft verra le jour. Les signes avant-coureurs d’une telle offre se multiplient depuis plusieurs années. Si le processus s’est avéré bien plus lent que beaucoup ne l’imaginaient, les choses sont toutefois en train de prendre forme.

Dès 2013, Microsoft a lancé le projet Mohoro, devenu un an plus tard Azure RemoteApp. Microsoft Azure existe comme plateforme Cloud depuis 2010, et il a toujours été possible d’y déployer sa propre plateforme Remote Desktop Session Host (RDSH). Mais RemoteApp a marqué l’entrée officielle de Microsoft sur le marché des applications Windows hébergées en mode Cloud. RemoteApp n’a fait que transformer en produit une plateforme utilisée depuis des années. RDSH associé à RemoteApp n’a pas même nécessité d’évolution des licences : c’était quelque chose de déjà couvert par l’accord de licence pour fournisseurs de services (SPLA).

En coulisse, toutefois, Microsoft a renforcé ses capacités d’orchestration et de gestion multi-tenant avec RemoteApp. Les traitements poste de travail sont complètement différents des traitements serveur. Azure RemoteApp a fourni à Microsoft une opportunité d’apprendre comment gérer des utilisateurs interactifs dans le Cloud. On peut imaginer le défi que représente la montée en charge nécessaire pour passer l’hébergement d’applications Windows en mode Cloud au niveau requis pour la prestation de services DaaS.

Les licences indiquent un changement de philosophie

Avec le VDI, la machine virtuelle Windows ne fonctionne pas sur le poste de travail de l’utilisateur final, et exécute souvent plusieurs instances Windows en même temps. Pour éviter que les entreprises ne profitent de cette faille, Microsoft a créé la licence Virtual Enterprise Centralized Desktop avec Vista, avant de la rebaptiser Virtual Desktop Access (VDA) avec Windows 7. Dans les deux cas, il était nécessaire de disposer d’un terminal principal pour chaque version complète de Windows, puis d’une licence VDA pour chaque terminal additionnel à partir duquel s’y connectant. Compliqué.

En novembre 2014, toutefois, Microsoft a commencé à proposer des licences par utilisateur aux grandes entreprises, simplifiant la situation pour les organisations utilisant le VDI. Surtout, Microsoft a montré qu’il changeait sa manière d’appréhender les applications et les postes de travail. L’ancienne approche consistait à adosser la valeur de Windows au processeur. Le nouveau Microsoft, sous la houlette de Satya Nadella, semble avoir compris que le monde avait changé.

Le DaaS de Microsoft n’attend qu’une SPLA

Azure RemoteApp et les licences par utilisateur ont constitué d’intéressantes avancées, mais ni l’un ni l’autre n’a véritablement aidé les clients exécutant des systèmes d’exploitation clients Windows depuis le Cloud. La question de l’accord de licence de l’utilisateur final (EULA) qui n’autorise pas l’exécution de Windows client sur des matériels partagés est restée en suspend. Une condition qui a artificiellement augmenté le coût du DaaS en multipliant les contraintes pour les fournisseurs de services : ceux-ci devaient dédier des matériels à chaque client.

Ce frein n’est pas négligeable, mais Microsoft semble en passe d’y mettre un terme. Le concept de licence permettant la construction d’environnements multi-tenant existe depuis longtemps pour Windows Server et RDSH grâce au SPLA. De là, il est simple de demander à Microsoft : « donnez-nous un SPLA pour Windows 10 et tout ira bien ! » Reste que ces licences sont difficiles à démêler, y compris pour l’éditeur.

Mais Microsoft a néanmoins franchi un nouveau pas dans cette direction au mois d’octobre, avec la mise à jour des questions fréquentes d’Azure, autorisant ses clients à utiliser leurs licences Windows Server pour Azure s’ils souscrivent à la Software Assurance.

Désormais, les entreprises qui paient des licences Windows Enterprise par utilisateur peuvent accéder à Windows 10 Current Branch for Business – qui fournit des mises à jour en continu – pour Azure. L’annonce fait spécifiquement référence à Azure, mais la même liste de questions fréquentes révèle que l’éditeur prépare parallèlement un programme qui permettra aux fournisseurs de services d’exécuter également Windows. Ce n’est pas encore un SPLA, mais cela montre que Microsoft change la manière dont il appréhende la fourniture de Windows et de ses applications dans les environnements multi-tenants.

Il ne manque donc plus grand chose pour que Microsoft lance sa propre offre DaaS. Et ‘il ne faut pas s’attendre à ce que cela survienne rapidement, il semble que le SPLA soit la prochaine étape vers un DaaS de l’éditeur.

Le décollage du DaaS a été lent. Et c’est en grande partie dû à complexité des licences et aux coûts qu’elle a engendrés. Une fois que Microsoft aura clairement ouvert la voie, la concurrence devrait s’étoffer et des offres attractives pourront émerger.

Adapté de l’anglais.

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