Salaires dans l'informatique : légère baisse liée à la loi de l'offre et la demande

En partenariat avec le cabinet de recrutement international Spring Technology, LeMagIT met en place un baromètre trimestriel des salaires dans l'informatique. Cette première édition montre un certain tassement des émoluments. Avec la crise et la remontée du chômage dans la profession, plus question de jouer l'inflation des salaires pour les informaticiens.

Chaque trimestre, Spring Technology, un cabinet de recrutement d'origine anglaise installé depuis 2008 dans l'Hexagone livrera en exclusivité pour LeMagIT le bilan de ses actions. Entre avril et juin 2009, Spring a traité 407 demandes de recruteurs, tant pour des missions ponctuelles que pour des recrutements. Elles émanent à 78 % de donneurs d'ordre ou d'éditeurs (22 % pour les SSII donc). Un volume certes en forte hausse, mais qui tient surtout au développement de l'activité de Spring dans l'Hexagone. Plus significatif, l'érosion des salaires d'embauche et des taux journaliers. Comme l'explique Yann Koch, le directeur de Spring en France, "les rémunérations et tarifs journaliers subissent globalement une baisse liée à la loi de l'offre et de la demande. Même si les niches de compétences restent bien rémunérées". C'est le cas pour Java, .Net, ainsi que pour toutes les compétences d'architecture technique ou encore celles autour de SAP.

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Au premier rang des segments en difficulté, les métiers de l'infrastructure qui souffrent "d'une réduction des achats de matériels et par conséquent des besoins d'installation de ces nouveaux matériels". Même si ces métiers (architectes, administrateurs systèmes, ingénieurs systèmes, etc.) comptent tout de même pour un quart du total des dossiers traités. Dans la crise, la partie qualité et tests est également particulièrement à la peine, avec une demande atone (4 dossiers ce trimestre !).

"Anciennes" technologies : la demande se concentre sur les indépendants

 
Frémissement dans le développement sur iPhone
La dynamique relative des activités de développement s'explique pour partie par l'intensification des demandes liées aux développements sur mobiles, sur des plates-formes comme Symbian, Android ou l'iPhone. "Comme le Web il y a 10 ans, le mobile devient un véritable outil de communication. Les agences de communication et les web agency sont de plus en plus à l'écoute de profils de développeurs (freelances ou CDI) dotés de ces compétences, explique Olivier Eyraud, consultant au sein du cabinet de recrutement Spring Technology. Ludiques, créant le buzz, les projets sur iPhone sont en pleine croissance et les demandes sur ce segment s'intensifient d'autant qu'une application iPhone ne nécessite en moyenne qu'une trentaine de jours de travail".
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Crise ou pas, le gros de la demande concerne sans surprise les profils de développeurs, d'analystes programmeurs ou d'ingénieurs en développement. Preuve que le phénomène de la délocalisation offshore n'a pas asséché la demande. Près de 170 des 407 dossiers traités ce trimestre par Spring concernent cette population. Avec des salaires un peu supérieurs - qui témoignent à la fois de profils plus expérimentés et de la rareté de certaines compétences -, les anciennes technologies continuent à générer des besoins, mais pour ces derniers, les entreprises ont plus tendance à faire appel à des indépendants qu'à des recrutements. A l'inverse, en matière de nouvelles technologies - 77 % des dossiers traités dans la famille du développement -, les recruteurs préfèrent miser sur des recrutements que sur des contrats. "Il peut s'agir d'une logique de réduction de coût surtout si cette logique est accompagnée d'une baisse globale des effectifs", commente Yann Koch.

Les SSII accentuent la pression commerciale

Sans surprise, côté opérationnel, les salaires les plus élevés sont l'apanage de trois métiers considérés comme à plus forte valeur ajoutée : les consultants fonctionnels ou métier et les chefs de projet. Enfin, signalons la progression des demandes pour les postes de vente ou d'avant-vente, qui, avec une moyenne de 50 000 euros, annuels, s'adjugent aussi les salaires les plus élevés de notre indicateur. Un indice montrant, pour Yann Koch, la volonté des SSII d'accentuer leurs actions commerciales.

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Sur le front de l'emploi, les informaticiens restent en veille

Majoritairement, les informaticiens lecteurs du MagIT sont en "simple veille" sur le marché de l'emploi. Face à la remontée du chômage dans la profession et dans une période qui signe la fin de l'inflation sur les salaires, 46 % des 164 répondants se contentent d'observer les annonces en quête d'un éventuel poste répondant à leurs compétences. Ils sont près de 27 % à se déclarer en recherche active d'un nouveau poste. Si la crise se traduit par une décrue des recrutements, le marché de l'emploi ne s'est pas asséché loin de là (comme le montre d'ailleurs le volume des dossiers traités par Spring). Et les difficultés nées de la crise dans les organisations peuvent aboutir à une forme de démotivation des équipes, poussant certains à rechercher un "carré d'herbe plus verte". Enfin, les informaticiens restants (27 % environ) expliquent n'avoir aucune intention de changer d'employeur dans les 6 mois qui viennent.
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