Crise : coup de froid sur les dépenses IT en Europe

Face à la crise de l’euro et aux récessions des pays d’Europe du Sud, les dépenses IT du Vieux Continent ne devraient connaître qu’une croissance de 1,2% en 2012. Les trois pays clé européens peineront à compenser les baisses au Portugal, en Espagne et en Europe de l’Est. Toutefois, et à condition que la zone Euro ne se fissure pas, les achats en 2013 devraient reprendre progressivement.

Vent frais sur les dépenses IT en Europe. Selon le cabinet d’analystes Forrester, les entreprises et les gouvernements européens resteront pour la plupart la main sur le porte-feuille en 2012 pour se détendre à peine en 2013. Un coup de frein des dépenses IT, précipité par la crise qui plane sur le Vieux Continent.
Ainsi, nous indique Andrew Bartels, analyste chez Forrester, les dépenses IT en Europe ne devraient progresser que de 1,2% en 2012 et 3,1% en 2013 - au ralenti donc mais en croissance toujours. Hypothèse ne valant..., juge-t-il dans son billet de blog, que si la zone Euro n’explose pas.

Ainsi, si l’on en croit les projections du cabinet, la contribution aux achats IT du Vieux Contient devrait se contracter en 2012 et représenter 464,6 milliards d’euros pour l’Europe de l’Ouest et centrale, et 144,1 milliards d’euros pour l’Europe de l’Est et l’Afrique. Les achats de la Zone Amériques devraient atteindre 969,6 milliards euros, dont 788,9 milliards d’euros pour les seuls Etats-Unis.

Les fortes récessions des pays d’Europe de Sud, comme l’Espagne ou le Portugal, joueront un rôle d’accélérateur de la baisse des dépenses, compensée que partiellement par les cadres du continent, dont la croissance sera somme toute relative - et uniquement concentrée sur certains secteurs. «Au regard des récessions du Sud de l’Europe, de la baisse aux Pays-bas et au Royaume-Uni et la croissance faible de l’Allemagne, de la France, des pays nordiques, ainsi que des autres pays en Europe du nord et centrale, les marchés technologiques du Sud vont chuter de 3% à 9% alors que le reste des pays européens connaîtra une croissance de 1 à 3% en monnaie locale. Cela fera de l’Europe le marché régional IT à plus faible croissance, alors que le marché mondial, quant à lui, progressera de 6%, en monnaies locales», commente-t-il.

En 2012, la baisse des dépenses IT est en train de frapper tous les segments traditionnels de marché. Ainsi, prédit Forrester, les achats en équipement en communication devraient chuter de 1,7% alors que ceux en équipement informatique resteront au niveau de 2011. Les ventes de logiciels en Europe progresseraient quant à elle de 1,7%. Le marché des services, du conseil et de l’intégration est moins affecté par la crise et devrait connaître une courbe ascendante de 3,3%. Les dépenses en services de télécommunications progressent de 0,9%, un niveau faible lié au recul des investissements des entreprises et des administrations dans les lignes fixes, au profit du mobile, note Forrester.

2% de croissance en France

En France, précise le cabinet, avec des dépenses IT qui devraient atteindre 74,2 milliards d’euros en 2012, la marché progressera de 2%, poussé notamment par des dépenses en contrat de développement - qui compte pour 15% en moyenne des budgets, contre 9 % en Allemagne. «Parmi les trois plus importants marchés que sont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, les niveaux plus élevés d’adoption de nouvelles technologies liées au Cloud Computing, au Smart Computing (comme l’analytique, les capteurs ou encore les applications collaborative) et particulièrement aux technologies mobiles en Allemagne et au UK, compenseront certains effets du ralentissement de la croissance et leur permettront de faire un peu mieux que le marché IT français », commente encore Andrew Bartels.

Et en 2013 ? La croissance des dépenses IT devrait donc s’établir à 3,1% et les achats décalés en 2012 du fait de la crise, devant reprendre doucement, souligne Forrester. Les achats dans le logiciel sont appelés à croitre de 5,5% alors que l’outsoursing enregistrera une hausse de 3,4%. Les équipements informatique et de communication devraient encore peiner, affichant des taux de croissance respectifs de 3,9% et 2%. Un brin d’optimisme donc, mais attention, alerte Andrew Bartels : «Ces prévisions d’une amélioration modeste des dépenses IT en Europe reposent sur le fait que le risque d’une explosion de l’euro a diminué en 2013 et qu’il existe suffisamment de liquidités pour compenser les effets des mesures d’austérité en France, en Italie, en Espagne et au Royaume-Uni [...]», conclut-il. Rien est acquis donc.

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