HP mise sur l’innovation pour la génération 8 de serveurs ProLiant

HP a profité de sa conférence partenaires, qui se déroule actuellement à Las Vegas, pour présenter la huitième génération de ses serveurs ProLiant. Une génération née sous le nom de code de projet Voyager et avec laquelle HP n’a pas moins que l’ambition de «redéfinir les attentes et l’équation économique pour le centre de calcul.» Le tout avec 150 innovations inspirées de retours des clients du groupe.

Il y a eu le projet Moonshot, début novembre dernier. Un projet qui visait à concevoir des plateformes serveurs à haute efficacité énergétique, à partir de processeurs ARM ou Atom. Quelques semaines plus tard, HP présentait le projet Odyssey de transition de la plateforme critique du groupe vers l’architecture x86, en environnement Linux et Windows. Cette semaine, c’est le dernier volet du triptyque que présente HP devant ses partenaires : le projet Voyager. Celui-ci concerne l’offre de serveurs x86 standards du constructeur, les ProLiant, qui arrivent ainsi en génération 8 (G8) avec un objectif : réduire les coûts d’exploitation des serveurs en augmentant la part d’automatisation - «les opérations manuelles poussent les coûts vers des niveaux qui ne sont pas tenables durablement,» assure-t-il. Du coup, au-delà du matériel, c’est sur l’intelligence logicielle embarquée que HP semble avoir concentré ses efforts : «100 % du logiciel est embarqué,» explique Mark Potter. McLeod Glass, directeur marketing de l’activité Serveurs Standards de HP, précise de son côté que l’ensemble repose sur un jeu de composants spécifiques embarqués sur la carte mère. Selon Mark Potter, provisionner 32 serveurs ne prendrait ainsi que 10 minutes avec des ProLiant G8. Il s’agit de faire plus vite, mais aussi «mieux.» HP proposera pour cela des référentiels de bonnes pratiques qui seront déployables en un clic à partir de la lecture d’un code 2D sur un terminal mobile ou un smartphone...

Toujours plus d’automatisation

2011 30HP se plaît à présenter les ProLiant G8 comme des serveurs «auto-suffisant», à croire qu’ils pourraient se passer de l’intervention humaine. Reste que le constructeur a travailler à réduire celle-ci. Avec sont Active Health System, tout d’abord, qui assure la surveillance et l’enregistrement de plus de 1 600 paramètres de diagnostic pour permettre d’accélérer la résolution d’incidents. Des données qui sont stockées en marge des données clients. Elles peuvent même être transmises directement à un service tiers de support à distance en cas d’activation d’Insight Remote Support. HP a également travaillé la question des mises à jour et de leur déploiement, en permettant d’adresser tout un parc en un clic.

L’idée principale de HP, c’est de permettre aux administrateurs de faire de la maintenance préventive, avant que les incidents ne surviennent. Le constructeur parle d’architecture HP ProActive Insight. Associée au service Insight Online, elle permet de surveiller à distance, via un portail unique, l’état de santé d’un parc. HP propose bien sûr ce type de service en direct mais permet aussi à ses partenaires de se l’appropriée, en totalité ou partiellement, dans le cadre de son programme ServiceONE. 

Limiter les conséquences des incidents

Mais cela ne résume pas cela. Pour développer les ProLiant G8, HP assure avoir investi 300 M$ en deux ans, intégré 150 innovations motivées par des attentes clients, et déposé, in fine, 900 demandes de brevet. Le tout porté notamment par une double logique : celle de la réduction des risques d’erreur humaine et de la limitation des conséquences d’incidents éventuels. 

Ainsi, HP avance un Smart Socket, co-développé avec Intel. Celui-ci permettre d’éviter que des picots du socket ne soient endommagés lors de l’installation ratée d’un processeur. On pense bien sûr aux attendus processeurs Xeon E5 du fondeur mais ceux-ci ne sont pas de la fête : HP n’a pas soufflé un mot à leur sujet. On imagine toutefois aisément que les Xeon E5 arriveront à temps pour la commercialisation effective des premiers ProLiant G8 prévue pour le courant du mois de mars. McLeod Glass indique toutefois que le groupe est entièrement détenteur de la propriété intellectuelle associée à ce Smart Socket. De quoi lui en assurer l’exclusivité mais aussi lui permettre de le proposer sur les futurs ProLiant G8 à base de processeurs AMD. 

Et que penser aussi de ce voyant imaginé pour la façade des tiroirs de disques durs et qui doit indiquer si un disque peut être extrait ou pas ? Il participe de la même logique de réduction de l’éventualité des incidents. Pour limiter leurs conséquences, HP mise sur une technologique baptisée Advanced Data Mirroring (ADM). Disponible uniquement sur les configurations les plus haut de gamme, elle s’appuie sur des algorithmes propriétaires pour améliorer la sécurité des données à des niveaux supérieurs à ceux des systèmes RAID classiques. Sur deux ou trois disques, HP présente ADM à une alternative au mirroring et au RAID 5. 

Un bond de performances

Selon HP, l’initialisation d’un ensemble RAID serait particulièrement rapide avec les G8, de même que la reconstruction. Les serveurs ProLiant G8 intègre un contrôleur Smart Array de nouvelle génération quoi doit offrir des performances multipliées par 6 par rapport à la génération précédente. Surtout, celui-ci est doté d’une quantité de mémoire cache double. Le support de PCIe 3 n’est probablement pas non plus étranger à ces gains. Au final, HP assure qu’il est possible d’atteindre plus de 500 000 IOPs par serveur. Le constructeur a par ailleurs intégré sa technologie analytique Smart Storage d’optimisation de la localisation des données sur les supports de stockage - SSD et disque dur - en fonction de leur utilisation par les applications en activité. Au final, HP donne l’impression de jouer sur un double niveau de cache des données, entre une mémoire vive qualifiée pour fonctionner 25 % plus vite la norme, et la mémoire flash du SSD, posée en tampon intermédiaire avant les disques durs. 

Améliorer l’intégration dans la salle de production

Mais HP s’est également penché sur la question de l’administration des salles de production. Par exemple, avec de nouveaux racks qui, combinés aux ProLiant G8, permettront de disposer d’une indication précise du serveur physique sur lequel il faut intervenir et de l’endroit où il se trouve - à la manière d’un GPS pour serveur, pour reprendre l’analogie utilisée par Mark Potter. Mieux encore, HP a intégré à ses serveurs ProLiant G8 une technologie maison dite «3D Sea of Sensor», ou «mer de capteurs en 3D.» L’idée est là de permettre de disposer rapidement d’une visualisation en 3D de la localisation des serveurs, leur température de fonctionnement, la puissance électrique consommée et leur niveau de charge. Mais, une fois les serveurs sous-utilisés identifiés, c’est encore l’administrateur qui doit manuellement assurer l’optimisation de la répartition des traitements. 

Rassurer les partenaires

Après les errements de l’ère Apotheker, c’est un Dave Donatelli résolument positif et tourné vers l’avenir, qui s’est présenté devant plus de 3000 partenaires venus de 83 pays pour participer à la Global Partner Conference de HP, qui se déroule cette semaine à Las Vegas. Pour le vice-président exécutif et directeur général de la division Enterprise Servers, Networking and Technology Services de HP, il faut «aller de l’avant» et «cela commence par avoir la bonne stratégie.» Ce que Meg Whitman a justement apporté à HP, toujours selon Dave Donatelli. Une stratégie qu’il décline simplement : proposer des produits d’infrastructure, mais aussi les logiciels pour les administrer, ajouter à cela de la valeur au travers de services, simplifier la mise oeuvre pour les entreprises, au travers de solutions. Et d’insister sur l’agressivité de HP sur différents marchés, dont le réseaux - «c’est une course avec deux chevaux [comprendre HP et Cisco, NDLR]» - ou encore le stockage. Pour le premier, Dave Donatelli assure que «chaque client est un client réseau potentiel. C’est à vous de trouver le bon point d’entrée.» Et pour stimuler la motivation des partenaires, il avance des chiffres : jusqu’à 40 % de marge sur les équipements réseau HP, des ristournes susceptibles d’attendre 20 % du prix public pour les clients pris à la concurrence, etc. Pour le stockage, c’est bien simple : il reste une très large part du marché à «capturer. Nous la voulons !»

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