L'Open Source pousse la communauté Java à évoluer

Le Java Community Process (JCP) doit trouver un modèle qui intègre les mécanismes de l'Open Source dans ses procédures de développement et de validation des spécifications du langage. Plus de transparence et d'ouverture, pour placer l'utilisateur au cœur des débats.

Le JCP doit évoluer. Une semaine après l'officialisation des élections des membres du Java Community Process, l'organisme en charge de contrôler et de standardiser les développements des spécifications Java et des plates-formes associées, les langues commencent à se délier. Au coeur des débats, la transparence des procédures ainsi que les prises de décision, jugées parfois trop lentes, sont devenues une priorité dans l'évolution du JCP. Et ce, car l'Open Source y a fait son apparition depuis maintenant deux ans. Date à laquelle Sun et ses responsables décidèrent d'ouvrir le code du langage n° 1 en entreprise.

Si ces dernières élections ont ainsi concrétisé cette mutation du modèle, avec notamment l'élection de l'éditeur Open Source SpringSource au comité exécutif, la prise en compte du modèle ouvert doit encore s'insérer dans les mécanismes même de la communauté Java. Au centre des critiques : Sun. Comme nous l'indiquent nos confrères d'Infoworld, une société, dont le nom n'a pas été communiqué, pointe du doigt le manque de contrôle, tant légal que technique, du code Open Source lorsqu'il est reversé au code source de Java. Un souci qui poserait, selon les avocats de cette même société, des problèmes dans la validation des spécifications. Le JCP et ses procédures ne seraient pas suffisamment taillés pour le modèle Open Source, autrement dit.

Mieux écouter les membres individuels

Peu avant les résultats officiels des élections, Patrick Curran, président du JCP, s'était exprimé sur les quelques bouleversements induits par l'Open Source au JCP. Dans un entretien publié sur un forum de développeurs, il souligne que l'arrivée de l'Open Source a débouché sur l'apparition de membres comme Apache ou Eclipse, deux symboles du mouvement. Il détaille également comment les méthodes participatives chères à l'Open Source ont modifié les relations entre groupes d'experts, qui auparavant travaillaient « en privé ».

Mais bien que prônant l'ouverture et la transparence, il s'est déclaré en faveur d'un équilibre entre communauté (Open Source) et petits groupes d'experts (groupes du JCP). Ces derniers favorisant la prise de décision. Reste encore à trouver un modèle adéquat pour que les membres individuels, qui composent 80 % du JCP, soient mieux pris en compte, semble-t-il dire.

Décisions "trustées" par les gros éditeurs

Une position que rejoint SpringSource qui, en tant que membre du comité exécutif fraîchement élu, et fervent défenseur de la cause Open Source, pousse vers l'ouverture.  « Si l'Open Source est une source d'inspiration pour le JCP, on n'a pas encore mis l'utilisateur au milieu », souligne Julien Dubois, directeur régional France de SpringSource.

De la mise en Open Source de Java doit ainsi forcément découler une prise en compte, peut-être plus concrète, du mouvement dans les procédures du JCP. « Les prises de décisions sont principalement trustées par les intérêts commerciaux des lourds éditeurs du secteur, sans prendre en compte les utilisateurs », résume-t-il. Et c'est bien là que le bât blesse. « L'évolution actuelle vers les principe de l'Open Source constitue un beau signe d'ouverture, mais, finalement, le JCP avait-il le choix ? », s'amuse Julien Dubois.

En savoir plus : le site du Java Community Process

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