Avec Kenai, Sun veut se créer un bonne conduite Open Source

Sun crée son propre réservoir de projets Open Source, Kenai, pour démontrer aux développeurs sa force de frappe à organiser et structurer la communauté. Et que lui aussi, peut prétendre à être le point de départ de l'Open Source.

Tout à sa stratégie de démontrer aux développeurs ce qu'il représente pour l'Open Source, Sun a, très discrètement, ouvert Kenai, un projet en ligne d'hébergement de projets à code ouvert. A l'image de GoogleCode, par exemple.
Pour l'heure en bêta, le projet propose les outils traditionnels de versionning et de bug tracking, ainsi que d'espace d'échanges entre développeurs. Autrement dit, rien qui vienne révolutionner le fontionnement d'un outil de partage de connaissance et d'hébergement de projets Open Source. A l'exception que ce soit une initiative de Sun.

Le constructeur de serveurs, qui depuis 2006, ne jure plus que par l'Open Source, a voulu démontrer qu'il fédérait bien la plus importante communauté Open Source du monde et que, tout naturellement, ce projet devait servir à controler « sa propre destinée », comme le déclare Nick Sieger, l'un des architectes du projet. Il ajoute également que Kenai a pour but de « démonter la fiabilité des technologies de Sun », tant hardware que logicielle, et « la crédibité du constructeur »  sur le terrain des applications Web critiques.

Bref, une véritable manoeuvre de séduction envers la communauté et ses développeurs, pour se constituer un réservoir de matière grise reposant sur les technologies de la maison.
Rappelons que Sun souffre parfois d'une réputation négative dans sa gestion de projet. En février 2008, Roy Fielding, co-fondateur d'Apache (l'un des serveurs Web Open Source les plus populaires) quittait brutalement la communauté d'OpenSolaris (l'OS ouvert de Sun), reprochant à Sun sa main mise jugée trop radicale sur le projet, bridant ainsi les évolutions de la communauté. En colère, il avait alors pointé du doigt le fiasco du JCP (Java Community Process, qui détermine les évolutions de Java selon les desiderata de la communauté) et prétendu qu'au final, le modèle dit Open Source pratiqué par Sun, ne rendait pas service au code publié.

A la rédaction de cet article, Kenai rassemblait 32 projets (dont les plus actifs, xVM server – l'hyperviseur en retard – et Jruby – une implémentation de Ruby en Java - ) et plus de 900 inscrits.

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