Hudson : la communauté envisage de se séparer officiellement d’Oracle

La communauté du projet d’intégration continue Open Source Hudson envisage de divorcer d’Oracle suite à un litige autour de la marque qu’Oracle a revendiqué avec autorité en décembre dernier. Hudson pourrait être rebaptisé Perkins et l’ensemble du projet basculer définitivement hors des serveurs d’Oracle. La communauté doit encore se décider.

Nouvel épisode dans le long feuilleton opposant Oracle et le monde de l’Open Source. Les cadres de la communauté du projet d’intégration continue initié par Sun, Hudson, ont décidé de prendre le taureau par les cornes et de formuler une proposition à la communauté suite aux "souhaits émis par Oracle en décembre dernier, de ne pas partager la paternité du projet Open Source.  A la clé, un changement de chapelle qui pourrait se traduire par un nouveau nom de baptême pour le projet - Hudson deviendrait "Perkins" -, et par une migration du code hors des serveurs d’Oracle.

A l’origine du conflit, qui remonte à juin 2009, la volonté de la communauté de migrer le code de Hudson hors des serveurs habituels de Sun (Java.net) réputés pour leur instabilité. Une migration est alors entamée de l’outil de tracking en premier lieu avant de réfléchir à un autre hébergement pour le code. GitHub est alors évoqué. Entre temps, Oracle, seul de son côté, migre le projet vers une autre infrastructure (Kenai - un java.net nouvelle génération), laissant la communauté sans accès au projet. Cette dernière, en réaction, migre à son tour le code de Hudson vers Github, afin de pouvoir de nouveau soumettre ses contributions. Ce qu’Oracle n’a pas apprécié. La firme de Larry Ellison s’est empressée de taper du poing sur la table, expliquant qu’elle ne peut certes pas empêcher un fork, mais qu’il faudra alors changer le nom du projet. Oracle étant le détenteur de la marque Hudson. Les deux camps avaient alors convenu de réfléchir à une issue possible.

"Une épée de Damoclès" au dessus d’Hudson

Et d’issue, la communauté n’en voit aujourd’hui qu’une, semble dire Andrew Bayer, un des développeurs cadres de la communauté sur le site Hudson Labs. Dans un long article, il explique avoir certes avancé sur certains points avec Oracle, mais indique qu’il reste aujourd’hui un élément véritablement bloquant : les droits sur le nom Hudson.  Un problème clé qu’il qualifie lui-même - il parle également au nom de Kohsuke Kawaguchi le créateur d’Hudson et de Sacha Labourey, Pdg de CloudBees - “d’ épée de Damoclès”.

“Le problème est que cette propriété de la marque donne la possibilité à Oracle d’annuler le droit d’appeler Hudson le projet Hudson en lui-même à n‘importe quel moment et bien qu’Oracle est tenté de donner quelques garanties […] il n’offre pas de garanties irrévocables que le projet Hudson préservera l’usage de son nom ad vitam æternam”, commente Andrew Bayer.

En découle alors, selon lui, une série de conséquences nocives pour le projet, comme la perte de son indépendance au profit d’Oracle. “Si le projet et son comité de gouvernance choisissent une orientation qu’Oracle désapprouve, Oracle aura la possibilité de confisquer les droits de dénomination”, souligne-t-il, tout en ajoutant : “Oracle pourrait également imposer certaines modifications du code, certaines décisions liées à l’infrastructure, y compris si la communauté Hudson y est opposée […] afin de conserver son droit de dénomination”. Bref, un environnement peu propice à l’évolution d’un projet Open Source communautaire.

La balle est désormais dans le camp d’Oracle. La firme de Larry Ellison doit à son tour formuler une proposition concrète à la communauté pour envisager une issue possible à ce conflit. La communauté devrait ensuite se prononcer sur ses intentions dans le cadre d’un vote.

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