Après HP, l’OS Web séduit Motorola et Microsoft

HP, Microsoft et Motorola semblent s’engouffrer dans une brèche ouverte plus tôt par Google et Chrome OS : celle d'un système intermédiaire qui sert de relai entre un terminal et les services Cloud et qui repose sur un moteur de rendu de navigateur

La stratégie de HP de faire de webOS un système secondaire au PC aurait-elle donné des idées aux autres acteurs du secteur ? C’est une question que l’on pouvait se poser la semaine dernière, lorsque Microsoft et Motorola ont décidé, de façon séparée, de mettre en avant leur travaux futurs autour d’un OS “cloudifié” (on parle de OS Web), codé en utilisant notamment les standards du Web. A l’image du très tendance Chrome OS, dont les premiers terminaux équipés se font encore attendre.

Pour HP, nous rappelaient conjointement Yves de Talhouët, Pdg de HP France, et Leo Apotheker, Pdg du groupe, la semaine dernière dans une conférence téléphonique, webOS - un OS développé à l’origine par Palm (racheté par HP) pour motoriser ses smartphones Pré  - s’inscrit dans une vaste stratégie cloud. Et vient quelque peu jouer un rôle intermédiaire entre les multiples terminaux (PC Windows, téléphones, tablettes tactiles et imprimantes - là où HP souhaite intégrer son OS) et le Cloud du groupe. “Profiter de l’ensemble des points de contacts et les convertir en points de création de valeur dans le Cloud”, lançait de façon très elliptique le Pdg de HP France. Une vision dont la concrétisation technique - comme une éventuelle intégration de webOS à des PC Windows - reste aujourd’hui sans véritable réponse. Il s’agirait alors de combiner “le meilleur des deux mondes” [Windows et webOS, NDLR] en visant le segment très en vogue des “Prosumers” (contraction pour professionnels et grand public - consumer), un symbole de la consumération des outils professionnels.

Motorola, un OS pour se différencier par les services Cloud

Cette stratégie visant à créer un point de contact Cloud multi-terminaux aurait déjà intéressé Motorola. Le constructeur a décidé, selon nos confrères d’InformationWeek, de développer son propre OS orienté Web et se serait par ailleurs entouré d’ ingénieurs recrutés chez Adobe et Apple pour le concevoir. Très ancré sur Android, qui motorise ses terminaux mobiles, Motorola ne devrait pas pour autant laisser de côté l’OS de Google aussi rapidement, mais réfléchirait davantage à un moyen de se différentier par la voie de services Cloud accessibles via de multiples terminaux, rapportent nos confrères de The Register, qui doutent de la volonté du constructeur de développer une “alternative” à Android. Et de s’interroger sur l’adoption de l’OS Open Source par les OEM et les opérateurs télécoms, lorsque le Cloud se sera imposé sur le segment.

Et pendant ce temps-là, rappellent encore nos confrères, Microsoft élaborerait également son système Web - nom de code ServiceOS - dont les développements avanceraient à pas de géants. Si aujourd’hui, on distingue encore mal les contours et le périmètre d’utilisation du système, il semblerait qu’il repose pleinement sur une couche de navigateur qui en constituerait le coeur. Cet OS aurait notamment pour objectif des sécuriser les flux entre Cloud et terminaux. ServiceOS pourrait bien voir le jour après la sortie de Windows 8, soit en 2013.

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