Apple pourrait se relancer dans la course aux processeurs

Fin de cycle pour Apple ? Après avoir sous-traité tant la conception que la fabrication de ses puces pour iPod puis iPhone, la société dirigée par Steve Jobs pourrait bien repartir sur une technologie maison dès 2010. C’est ce que croit savoir le Wall Street Journal et c’est ce qu’indique la succession de recrutement de pointures du secteur en provenance notamment d’IBM, AMD ou ATI.

Apple et les processeurs, l’histoire recommence. Tandis que la plupart des fabricants, touchés par la crise, taillent dans leurs effectifs – Intel en tête – le constructeur des Macintosh a décidé de renforcer ses équipes de design de composants, selon le Wall Street Journal. La firme à la pomme vient de procéder en quelques mois à des recrutements de haut niveau. Bob Drebin – en charge des processeurs graphiques chez AMD – est déjà dans les murs et Apple vient tout juste d’engager Raja Koduri, un ex-directeur technique chez ATI. Ils complètent un trio dont la figure de proue devrait être Mark Papermaster, arraché à IBM à l’automne et au cœur d’un embroglio qui s’est finalement soldé par son arrivée fin janvier à Cupertino. Mark Papermaster avait notamment participé chez IBM à la conception des puces PowerPC – qui ont jadis motorisé les Mac - et des serveurs lames du constructeur. D’où les tentatives de Big Blue pour faire échouer le transfert.

[ Sur la stratégie d’Apple en matière de processeurs pour iPhone, lire l’analyse de Valéry Marchive sur Casualtek, un blog LeMagIT ]

Les arrivées de Papermaster, de Drebin et bientôt de Koduri suivent le rachat en avril 2008 par Apple de PA Semi, qui produisait des puces basées sur l'architecture Power d'IBM, et qui chez Apple devrait se concentrer sur de nouvelles puces à technologie ARM (Dan Dobberpuhl, le fondateur de PA Semi est aussi l'un des co-développeurs des puces StrongARM - ex-XScale chez Intel - et de l'Alpha chez Digital). avant son rachat par Apple, PA Semi avait développé une puce 64 bit PowerPC bi-coeur cadencée à 2 GHz, le processeur Pwrficient PA6T-1682M, une puce très économe en énergie consommant entre 7 et 13 W en moyenne et notamment utilisée dans des systèmes embarqués (télécommunications, stockage, applications militaires…).

A rebrousse-poil de la tendance à l'externalisation

Selon le Wall Street Journal, la probabilité de voir Apple produire ses propres puces pour améliorer les performances de ses iPhone, iPod et autres Mac est désormais très grande, même si ces dernières ne devraient pas sortir avant 2010. La firme continue de recruter des ingénieurs à tous les niveaux de la chaîne de conception des processeurs. Les concevoir en interne devrait notamment lui permettre d’améliorer leurs performances en terme de consommation et de les doter de possibilités graphiques uniques pour la vidéo haute définition ou les jeux. Il est à noter qu'Apple a une longue tradition de développement de ses propres circuits intégrés, puisque la plupart des Mac pre-intel embarquent des puces conçues en interne par la firme à la pomme. 

Il n'en reste pas moins que si la stratégie d’Apple devait effectivement déboucher sur une série de nouveaux processeurs à architecture ARM, cela marquerait une rupture dans un mouvement continu ces dernières années, qui a vu la plupart des constructeurs informatiques et fabricants d'équipements électronique grand public sous-traiter la fabrication, mais également la conception de leurs composants à des tiers. Dans ce cas, les fournisseurs des puces intégrées des ipod et autres iphone auraient sans doute du souci à se faire.

Leurs processeurs ARM et autres DSP "standards" motorisent pour l’instant les équipements de la firme à la pomme. Une situation qui – selon le Wall Street Journal – serait considérée comme problématique par des cadres d’Apple avides de préserver les spécificités techniques de leurs appareils mais aussi conserver le maximum de secret sur les spécifications de leurs produits. Dernier argument plaidant en faveur d'une stratégie d'internalisation, la capacité de production disponible des grands fondeurs tels que TSMC, Global Foundries n'a jamais été aussi élevée ce qui permettrait à Apple, au vu de sa puissance de frappe, de négocier des prix de fabrication défiant toute concurrence et donc d'accroître encore ses marges ou son avantage compétitif. Ce serait un retour aux stratégies des années 90, durant lesquelles les grands de la téléphonie disposaient tous d'un bras armé de conception de puces...

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