Tech Mahindra va finalement racheter Satyam

La SSII indienne va prendre le contrôle de Satyam. Réalisé au prix fort, ce rachat va permettre à Tech Mahindra de s’ouvrir à de nouveaux marchés et d’entrer dans le Top 5 des SSII indiennes. Mais cette acquisition ne règle pas forcément certains problèmes de fond notamment celui de la confiance des clients, celui des éventuelles poursuites en justice ou encore celui de l’emploi.

tech mahindraC'est finalement la SSII indienne Tech Mahindra qui a remporté la vente aux enchères de son homologue Satyam. Malgré les réticences de son actionnaire de référence, British Télécom, Tech Mahindra va débourser environ 267 M€ pour prendre le contrôle de 31 % du capital de Satyam. C'est environ 29 fois la valeur de marché actuelle de cette participation,  l'action Satyam côtant 2 Rs alors que Tech Mahindra avance près de 58 Rs par action. Et ce n'est pas fini : pour prendre le contrôle complet de Satyam, Tech Mahindra devra encore débourser environ 172 M€ pour 20 % supplémentaires du capital de Satyam.

L’opération devrait permettre à Tech Mahindra de se hisser sur la quatrième place du podium des SSII indiennes et de s’ouvrir à de nouveaux marchés, dont celui des services financiers. Avec environ 25 000 collaborateurs, la filiale de l’industriel Mahindra & Mahindra et de British Telecom se concentrait, jusqu’ici, sur le secteur des télécoms. Mais, parmi la liste des fidèles clients de Satyam figure aussi un équipementier qui ne peut vraisemblablement qu’intéresser Tech Mahindra en tant que partenaire : Cisco. Mais ce n’est pas tout : Tech Mahindra gagne aussi des compétences en matière d’intégration, de projets ERP ou encore pour l’embarqué.

Une entreprise à reconstruire

Restent de nombreuses questions et un important chantier de reconstruction pour la SSII indienne. Le premier sera de restaurer la confiance alors que de nombreux clients ont déjà fait défaut – ce qui pourrait coûter à Satyam 300 M$ de CA annuel selon Forrester. Anand Mahindra, président du conseil d’administration de la SSII, en est bien conscient : « nous allons travailler à restaurer la réputation de Satyam », indiquait-il ce lundi 13 avril à nos confrères du Times of India. Il est vrai qu'il y a urgence : le chiffre d’affaires annuel de Satyam serait tombé de 1,8 Md$ au cours de l’exercice fiscal 2007-2008, à 1,3 Md$ pour l’exercice 2008-2009, clos le 31 mars, pour une marge opérationnelle de l’ordre de 3 %.

[Retrouvez l’intégralité du feuilleton Satyam]

A cela vient s’ajouter la question de la coopération au sein du conseil d’administration de Satyam. Certes, Larsen & Toubro, avec ses actuels 12 % du capital – payés au prix fort, de l’ordre de 81 Rs par action –, ne devrait pas être en situation de vraiment gêner Tech Mahindra. Mais, après l’échec de sa tentative de prise de contrôle, Larsen & Toubro pourrait être tenté de faire de l’obstruction : « ce n’est pas la fin du monde mais il y a un sentiment de regret » aurait indiqué un cadre dirigeant de L&T à nos confrères du Hindu Business Line. Néanmoins, pour ce même cadre, cette participation devrait « être traitée comme un investissement stratégique dans une entreprise profitable. » Pas question de vendre tout de suite, donc.

Plusieurs fronts à stabiliser

Sur le terrain judiciaire, l’affaire Satyam mettra probablement de longs mois à se régler. Mais, rien qu’aux Etat-Unis, les procédures en cours pourraient coûter de 80 à 100 M$ à son nouveau propriétaire, selon Nera, un cabinet d’études et de conseil économique nord-américain. Le conflit avec l’américain Upaid pourrait quant à lui coûter jusqu’à 1 Md$.

Enfin, le front de l’emploi pourrait bien être un nouveau terrain miné. Si les effectifs de Satyam semblent désormais bien connus, la question de leur loyauté est posée. si le fait de connaître leur acquéreur devrait rassurer les salariés, le Hindu Business Line note que chez Satyam, chacun semble aujourd’hui inquiet pour la pérennité de son poste. Les collaborateurs envoyés sur site, à l’étranger, auraient déjà commencé à essayer d’anticiper d’éventuels licenciements… ou rapatriements. Surtout, pour le gouvernement indien, qui a géré à distance le processus de vente de Satyam, il n’est pas question d’empêcher Tech Mahindra de procéder aux restructurations qui lui sembleront nécessaires. Une liste de 13 000 salariés non indispensables aurait déjà été établie.

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