Quand IBM veut breveter l’offshore pour appuyer sa stratégie de délocalisation

Une tentative parmi d’autres d’IBM en matière d’offshore : le dépôt d’un brevet sur un modèle mathématique permettant d’optimiser les chances de réussites d’une stratégie de délocalisation de son SI. Si big blue semble reculer sur la dimension « brevet », le souhait de l'industriel de crédibiliser sa démarche en dit long sur son futur en matière de services.

Nouvelle tentative… et nouvel échec. Mais qui en dit long sur le virage qu’est en train de prendre la 1ère SSII mondiale en matière de délocalisation de ses centres de services. IBM a tenté ces dernières semaines de breveter sa méthodologie en matière de offshore. En vain, selon le quotidien indien The Economic Times puisque Big Blue aurait renoncé à son projet alors que ce dernier était rendu public par l’US Patent & Trademark Office, l’organisme chargé des brevets aux Etats-Unis. Il s’agit de la seconde tentative infructueuse en quelques années.

Cette fois, sous la cote numéro http://beta.lemagit.fr/wp-content/uploads/2008/10/tq6vgaywctjl7mh7v3l3gt4k2drepxyb.jpg083107, Big blue a déposé un document baptisé « Method and system for strategic global resource sourcing ». Ou comment mettre sa stratégie Offshore en modèle mathématique. Pas moins de cinq ingénieurs ont travaillé sur un modèle sensé permettre de minimiser les risques dans le cadre d’une délocalisation lointaine des ressources informatiques. Une équipe intégrant deux indiens - Mayank Sharma et Karthik Sourirajan - et trois américains Ching-Hua Chen-Ritzo, Daniel Patrick Connors et Markus Ettl. Le modèle repose sur un ensemble complexe de variables qualitatives et quantitatives qui influent sur le succès d’une stratégie d’offshore et qui se voient attribuer des notations permettant de mesurer le risque. La méthodologie prend par exemple en compte – et met en équation – le niveau général d’éducation, ou encore les compétences linguistiques des salariés ou leur niveau de moralité aussi bien que le nombre de serveurs nécessaires à l’exploitation ou le niveau de salaire et les risques en matière de taux de changes. Des indicateurs clés dans la mesure ou nombre de clients finaux – s’ils sont convaincus par les économies de coûts – rechignent à déporter trop loin leur informatique et le support associé. Un frein donc que tente de lever Big blue avec sa matrice.

Un indicateur supplémentaire du pari offshore à grande échelle de Big Blue

Même si l’information de The Economic Times sur le renoncement d’IBM a vouloir breveter son approche se confirmait, la démarche de Big blue et la date choisie pour border sa méthodologie sont néanmoins éloquents du virage qu’est en train de prendre le groupe en matière de service. Le 26 mars dernier, IBM confirmait en effet une information du Wall Street Journal selon laquelle il s’apprêtait à licencier quelque 5 000 salariés aux Etats-Unis – sur 115 000 – pour transférer une bonne partie des fonctions correspondantes en Inde. Le quotidien économique précisait alors que 71 % des effectifs de Big Blue – sur un total de 400 000 - sont déjà hors des frontières américaines, contre 65 % en 2006. Début février, on apprenait qu’IBM avait mis en place un programme baptisé « Project Match » visant à proposer aux salariés qu’il remercie outre-Atlantique d’être reclassés dans l’une de ses filiales, principalement dans des pays émergents. Parmi les destinations proposées, on compte notamment l’Inde, la Russie, la Chine, mais aussi l’Argentine, le Brésil, le Mexique, la République Tchèque, la Hongrie, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, la Pologne, la Turquie, l’Afrique du Sud, le Niger ou encore les Emirats Arabes Unis.

Depuis, Big Blue s’est également penché sur un autre dossier chaud en matière de offshore : celui du rachat de Satyam, 4ème SSII indienne en pleine déconfiture mais toujours riche de plus de 45 000 salariés.

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