Apple : un trimestre record... grâce à l'iPhone

Insolentes. Ce n’est pas autrement qu’il convient de qualifier les performances financières et commerciales d’Apple au quatrième trimestre 2008. Mais ces bons résultats ne doivent pas cacher l'apport considérable de l'iPhone au chiffre d'affaires de la firme, quand bien même les ventes de Mac semblent bien supporter la double pression de la crise et des ultra-portables à bas coût.

C’est un nouveau trimestre record pour Apple. La firme de Cupertino a en effet réalisé un chiffre d’affaires de 10,17 Md$ pour le dernier trimestre 2008 – 6 % de mieux qu’un an plus tôt –, assorti d’un bénéfice net de 1,58 Md$. Dans le détail, les chiffres présentés par Apple reflètent ce qui a tout l’air d’une stratégie payante.

Des ventes de Mac en (petite) forme

image 48,84 %. C’est la croissance qu’ont enregistré les ventes de Mac, en volume, au dernier trimestre 2008, par rapport à la même période un an plus tôt. C’est assurément bien mieux qu’un HP, un Dell ou un Lenovo, et même que l’ensemble de l’industrie mondiale du PC dont les ventes n’ont progressé que de 1,1 % au quatrième trimestre 2008. Mais les volumes ne sont presque en rien comparables : Apple s’est contenté d’écouler 2,5 millions d’ordinateurs personnels, là où un Lenovo en a vendu plus du double. Surtout, la performance de la firme à la pomme est bien loin de celles d’Acer ou de Toshiba, qui affichent une forte croissance à deux chiffres.

image 3Certes, peut-on arguer, les ventes d’Acer ont été clairement portées par celles des ultraportables à bas coût. Et cela se fera sentir sur les résultats trimestriels du constructeurs : ceux-ci devraient montrer un recul de 5 à 10 % du chiffre d’affaires au dernier trimestre 2008 par rapport à la même période, en 2007. Pour Apple, ce marché du low-cost semble d’ailleurs bon... à fuir comme la peste. Tim Cook, le directeur exécutif de l’industriel l’a rappelé aux investisseurs : « nous observons ce marché […] mais nous ne croyons qu’il sera durable. »

En valeur, les ventes d’ordinateurs personnels d’Apple ne semblent d’ailleurs pas souffrir de l’émergence rapide de ce nouveau segment du low-cost : la firme à la pomme a vendu pour 3,5 Md$ d’ordinateurs personnels au quatrième trimestre 2008, un chiffre stable par rapport à la même période de l’année précédente. Une stabilité que l’on peut être tentée d’imputer à l’absence de renouvellement de l’offre PC de bureau d’Apple dont les ventes, tant en volumes qu’en valeur, ont sensiblement reculé au quatrième trimestre, tandis que les celles d’ordinateurs portables profitaient d’une forte progression (+23 % en valeur sur un an, et +34 % en volume).

L’effet iPhone

image 1Mais ses bons résultats, Apple les doit avant tout clairement à l’iPhone, qui s’avère, jusqu’ici, être un relais de croissance d’une redoutable efficacité. Les ventes d’iPhone – 13,6 millions d’unités écoulées en 2008, pour près de 3 M$ de CA – et de produits et services associés ont rapporté à Apple 1,2 Md$ au dernier trimestre 2008, soit 417 % de mieux qu’un an plus tôt et… plus de 10 % du chiffre d’affaires. Les iPod rapportent quant à eux presque autant à la firme à la pomme que les Mac, à 3,4 Md$. Mais, si la saison de Noël est traditionnellement excellente pour Apple sur le front des baladeurs, elle s’inscrit, en 2008, en net recul en valeur (-16 %), par rapport à l’année précédente. En volumes, les ventes d’iPod marquent également le pas, avec une très légère progression sur un an, de 3 %. Un tassement attendu par les analystes .

Reste que, si Tim Cook ne prévoit pas d’arrivée d’Apple sur l’entrée de gamme de la téléphonie mobile, force est de constater que les ventes d’iPhone ont été bien moins bonnes au quatrième trimestre qu’au troisième, à 4,3 millions d’unités contre 6,9. Se pose alors la question de l’impact de la crise économique mondiale ainsi que de celui d’une éventuelle saisonnalité naissante qui verrait l’iPhone faire le gros de ses ventes au troisième trimestre de l’année civile, tandis que l’iPod fait les siennes au quatrième.

Une pomme prédatrice ?

Mais, dans un contexte de vache maigre généralisé, Apple peut se vanter d'avoir augmenté ses liquidités disponibles de 3,6 Md$ au cours du dernier trimestre, pour en porter le total à plus de 28 Md$, selon le directeur financier, Peter Oppenheimer. De quoi envisager des opérations de croissance externe ?

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