Plan de relance : les TPE de l'informatique s’en satisfont, mais demeurent inquiètes

Particulièrement ciblée par le plan de relance, les TPE de l’informatique – par la voix de leur représentant - se disent satisfaites des efforts en terme d’exonération de charge ou d’accès simplifié aux appels d’offres publics. Principale déception : l’absence de prise en compte spécifique d’un secteur pourtant porteur de forte croissance potentielle.

Dans l’expectative et inquiètes quant aux conséquences de la crise qui produit ses premiers effets sur leurs organisations, les TPE informatiques semblent tout de même satisfaites des annonces du plan de relance présenté par Nicolas Sarkozy. Pour Olivier Bouderand, secrétaire général du 3SCI, syndicat des sociétés de service et des conseils en informatique, clairement orienté sur les TPE du secteur, « nous sommes étranglés par les charges. Donc l’exonération sur les embauches de 2009 est une bonne chose mais c’est simplement dommage que ce soit limité à ce seul exercice. On aurait préféré un dispositif sur deux ans, surtout que la crise ne s’arrêtera certainement pas le 31 décembre 2009 ». Dans les entreprises de moins de 10 salariés, toutes les embauches seront exonérées de charges sociales jusqu'au niveau du SMIC (en fait une aide de 180 euros par mois). Au-delà, la mesure sera dégressive jusqu'au niveau de 1,6 fois le salaire minimum.

Les TPE se sentent d’autant plus vulnérables que le carnet de commande est quasiment géré à vue. « Pour l’instant c’est vrai que dans l’informatique, on ne perçoit pas vraiment de ralentissement. Mais cette inertie aura un terme. On risque d’avoir au 1er semestre les conséquences des arrêts de projets décidés par les entreprises utilisatrices en 2008 » affirme Olivier Bouderand.

"En 2009, il risque d'y avoir de la casse"

Autre crainte, la relance des investissements décidé sur les secteurs clés que sont le BTP et l’automobile n'auront des effets qu'à moyen terme. « Si ces secteurs vont mieux, on en profitera mais pas tout de suite » explique ainsi Olivier Bouderand. Le problème, c’est que nombre de structures ne pourront pas nécessairement attendre. « 2009 est une année charnière pour de nombreuses TPE informatique qui ont été créée depuis 2006 et n’ont donc toujours pas passé le cap fatidique des trois ans d’existence. Il risque d’y avoir de la casse ».

Les acteurs informatiques auraient sans doute préféré que le secteur soit plus directement pris en compte. D’autant que le Président de la République a insisté sur la dimension prospective de l’effort, censé préparer la croissance de demain citant comme moteur les économies du numérique et de la connaissance, reposant toutes deux sur l’industrie IT. Un regret persistant pour Olivier Bouderand qui se dit « pas persuadé que les technocrates qui conseillent le gouvernement comprennent les problématiques liées aux TPE de l’informatique, alors que notre secteur ne cesse de se développer ».

"Les procédures complexes favorisent les grandes SSII"

Dans ce contexte, l’annonce d’un cadre allégé pour les appels d’offres – l’une des annonces les plus applaudies par un parterre choisi d’entrepreneurs du Nord lors de la présentation par Nicolas Sarkozy de son plan de relance – est tout de même très bien accueillie par les petites structures. « Il nous fallait un plus grand accès à ces marchés publics. Aujourd'hui, la gestion des appels doffre est très fastidieuse pour les TPE », souligne Olivier Bouderand qui ajoute que « plus les procédures sont compliquées, plus elles favorisent les grosses SSII implantées localement ».

La nouvelle procédure sera effectivement simplifiée dès le début de 2009. Surtout, le
seuil de passation des marchés publics sera porté de 206 000 euros à 5,15 millions d'euros, soit le seuil proposé par l’Europe. En deçà donc, tout sera plus simple pour les PME. Certains marchés pourront même être traités de gré à gré avec les collectivités publiques, avec un niveau d'exemption totale de procédure qui passera de 4 000 à 20 000 euros.

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