Pour harmoniser ses calculs de marge, Casino s'engage dans la refonte de son décisionnel

Le chantier pluri-annuel de refonte des systèmes d'information du distributeur stéphanois, débuté par la mise en place du progiciel de gestion de la chaîne logistique Gold, touche désormais les systèmes de reporting, entièrement repensés très largement autour des outils nés de la fusion entre SAP et BO.

En pleine refonte de ses systèmes d'information (mise en place du progiciel spécialisé supply chain Gold d'Aldata, choix de SAP pour les fonctions financières, mutualisation des domaines IT transverses entre ses différentes chaînes), le groupe Casino parachève la modernisation de son informatique en s'attaquant à la partie décisionnelle. Un projet qui s'étalera sur deux ans (entre la fin 2009, pour la définition des indicateurs, jusqu'à fin 2011). La fonction est jusqu'à présent éclatée entre de nombreuses applications et "exploite des données parfois non cohérentes et rafraîchies selon des fréquences différentes", selon Roch Laurent, le directeur du support technique et des développements de Casino IT, la structure de mutualisation des moyens informatiques du groupe stéphanois. Selon lui, le projet, qui concerne toutes les activités de la société hormis ses filiales indépendantes (Monoprix, Leader Price, Cdiscount), mobilisera entre 3 000 et 4 000 jours homme de prestations, auxquelles s'ajoute une équipe de 5 personnes en interne.

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Débuté fin 2009, le programme vise à mettre sur pied une plate-forme offrant trois niveaux de reporting : un premier niveau portant sur les données opérationnelles (stocks, marges, supply chain, dettes et créances, etc.), un second offrant des reportings thémathiques et une troisième fournissant des visions consolidées par branches ou entités pour les besoins de la direction générale (voir schéma ci-dessus). Avec, pour objectif premier, de parvenir à un mode de calcul unique de la marge selon une maille très fine (au magasin, au produit, etc.). Un vaste programme où le grand compte a été accompagné par Keyrus, notamment sur les parties schéma directeur, choix des outils et définition des indicateurs. Sans oublier quelques-uns des projets d'intégration déclenchés par ce vaste chantier.

Teradata et BW Accelerator pour encaisser l'inflation de la volumétrie

En parallèle de la mise en place de modules SAP (au-delà des modules financiers, la société est en en cours de déploiement du module gestion des fournisseurs et prévoit d'y ajouter les outils de fidélisation et de gestion des ressources humaines) et du choix des outils de BO pour le reporting, le groupe de distribution fait reposer sa plate-forme décisionnelle sur l'entrepôt de données BW de l'éditeur allemand pour quasiment l'ensemble du spectre (hormis quelques reportings opérationnels comme ceux relatifs au magasin, sous Teradata), où ont été reconstruits des reportings reposant auparavant sur des datamarts "non pérennes", selon Roch Laurent. Avec toutefois de fortes contraintes de volumétrie qui l'ont conduit à mettre en place BW Accelerator, une offre de SAP accélérant les requêtes via le chargement des données en mémoire et l'utilisation de la compression rendue possible par le stockage en colonnes. "Pour le reporting financier, via BW Accelerator, on a divisé les temps de réponse par 100", estime Cyril Krumb, de l'intégrateur Keyrus. "Avec l'intégration des données issues du marketing et de la vente, on sera alors plus proches des 35 To de données, contre 7 aujourd'hui. Nous aurons encore besoin de BW Accelerator", note Roch Laurent. La rationalisation des remontées des ventes dans BW, puis la distribution aux applications cibles et la création du datawarehouse BW au niveau des tickets de caisse doit s'étaler entre la mi-2010 et la fin de l'année. Les ventes détaillées représentant par exemple 17 millions de lignes par jour, et Casino gérant un historique de deux ans.

Une inflation de la volumétrie qui conduit Casino à envisager l'emploi de Teradata comme SGBD principal des systèmes BW. Le distributeur semble d'ailleurs décidé à pousser la concurrence jusqu'au bout sur ce segment, Roch Laurent nous ayant glissé, lors d'un événement SAP récent, également étudier les appliances In-Memory (exploitant une nouvelle base de données dérivée de MaxDB et le stockage en mémoire) annoncées récemment par le premier éditeur européen.

Les outils hérités de BO : un "plus" pour l'environnement SAP

Pour le volet restitution, le jeu paraît plus clair, Casino migrant vers les outils hérités du rachat de BO, ainsi que sur leurs évolutions depuis la fusion entre les deux éditeurs européens. Avec notamment le choix du module d'analyse d'OLAP Pioneer en remplacement du Bex de SAP, actuellement en place. Ou encore celui d'Xcelsius (renommé SAP Crystal) pour le reporting à la direction générale. Signalons que, pour cette population, la DSI de Casino étudie également la mise en place de tableaux de bord distribués sur les outils mobiles. Enfin, pour les reportings thémathiques, Casino opte pour Crystal Report intégré au portail SAP. "Les outils BO amènent un plus à l'environnement SAP, dont la partie reporting et tableaux de bord était auparavant le point faible", estime Roch Laurent, tout en soulignant les questions qui restent en suspend autour de la connectivité des produits, qui empruntent encore des voies différentes (SAP Integration Kit, Data Federator, intégration native). "C'est une offre encore jeune, appelée à évoluer rapidement."

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