Informatique du Crédit Agricole : grève très suivie selon l’intersyndicale

65% de grévistes : l’intersyndicale regroupant les représentants des informaticiens du Crédit Agricole revendique un grand succès pour la journée de mobilisation du 8 décembre. Un large consensus parmi les informaticiens semble se dégager pour s’opposer à la réorganisation du SI de la banque verte. Trop vite, trop fort. C’est ce que craignent les salariés qui réclament l’allongement du projet et l’augmentation du nombre d’emplois et de sites dans la future entité.

La mobilisation se durcit dans les services informatiques du Crédit Agricole. Sur les 2 361 informaticiens du groupe, 1 545 étaient en grève le 8 décembre selon l’intersyndicale qui s’oppose au projet Nice de restructuration du SI, visant à regrouper sur 16 sites une informatique aujourd'hui distribuée sur une soixantaine d'implantations et passant par la suppression de 1 000 postes.

Selon le décompte des responsables syndicaux, certains sites ont même enregistré 100 % de participation au mouvement. Sur les 5 GIE informatique du groupe, qui gèrent l'IT des caisses régionales et sont tous concernés par Nice, c’est EXA qui s’est le plus mobilisé avec 83 % de grévistes contre 65 % en moyenne.

Pour Arlette Carrié-Tisne, représentante du GIE Atlantica et l’une des porte-paroles de l’intersyndicale de la fédération nationale du Crédit Agricole, « les salariés en ont assez d’entendre cette direction dire qu’il faut faire des économies d’échelle alors qu’elle ne montre pas l’exemple et continue à bénéficier des retraites chapeau. » Selon elle, « le Crédit Agricole a les moyens de mener son projet de restructuration informatique autrement pour créer un outil informatique performant au service des salariés des Caisses Régionales du Crédit Agricole et au service des clients. »

Les délégués syndicaux dénoncent notamment ce qu'ils perçoivent comme une volonté de passage en force de la part de la direction, notamment le peu de cas que cette dernière ferait des contre-propositions que les représentants du personnel entendent remettre à la direction. "Nous avons le sentiment extrêmement désagréable de ne pas être entendus et d’être pris de haut", écrivait l'intersyndicale dans une lettre à la direction datant du 30 novembre.

L’intersyndicale réclame désormais un allongement de la durée du projet (pour une gestion sociale moins traumatisante) et l’augmentation du nombre d’emplois et de sites dans la future entité.

Concrètement, l’objectif de la direction est d’atteindre un budget maîtrise d’œuvre SI de moins de 500 M€ en 2014, contre plus de 700 M€ projetés à cette échéance sur les bases actuelles (à partir d’un budget 2009 d’un peu plus de 600 M€). Côté maîtrise d’ouvrage, le budget cible serait de l’ordre de 30 M€, contre plus de 40 M€ cette année. Des réductions drastiques qui paraissent difficilement atteignables aux organisations syndicales, compte tenu des suppressions de postes envisagées.

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