La gestion des profils utilisateurs devient une commodité

L’intégration de briques liées à la gestion des profils utilisateurs dans les offres standard de Citrix et de VMware pour la virtualisation du poste de travail n’a pas été sans conséquence. Rencontrés à Citrix Synergy, qui se déroulait fin octobre à Barcelone, certains spécialistes du domaine ont commencé à développer des offres gratuites. Jusqu’à reconnaître que la gestion des profils s’est banalisée et n’offre plus, en elle-même, de valeur ajoutée significative.

Harry Labana, vice-président et directeur technique d’AppSense, dresse un constat sans concession : «la gestion des profils, en tant que tel, est devenue une commodité, sans valeur ajoutée significative.» A l’entreprise utilisatrice, peut-être, mais à l’éditeur spécialiste du secteur, assurément. Et cela se comprend : VMware a intégré de premières briques de gestion des profils utilisateurs (UPM, User Profile Management) à View 5, le fruit du rachat de RTO Software en 2010. Citrix a fait aussi des pas dans ce sens. Et l’éditeur est même allé récemment plus loin avec le rachat de RingCube, en août dernier. Sa technologie permet de créer des fichiers personnalisés baptisés personal vDisk qui renferment les applications, les données et la configuration de chaque utilisateur. Toutes les images communes aux utilisateurs, comme l'OS, ne sont quant à elles stockées qu'une unique fois. vDesk se charge d'assembler les fichiers utilisateurs avec l'OS pour diffuser l'ensemble sur le poste de travail de l'utilisateur qui en a fait la demande.

Et l’on touche là justement à l’UPM : grossièrement, le poste de travail virtualisé apparaît surtout comme un poste de travail banalisé; à chaque ouverture de session, l’utilisateur peut être amené à devoir reconfigurer les préférences de ses applications, redéfinir ses imprimantes en fonction de l’endroit et du terminal à partir duquel il accède à son poste de travail virtuel, réinjecter ses favoris dans son navigateur Web, reprendre sa signature de messagerie électronique, re-personnaliser le dictionnaire du correcteur orthographique, etc. Bref, tout recommencer pour retrouver un environnement de travail familier. C’est cela que l’UPM vise à corriger. 

«Se cannibaliser avant que les concurrents en le fassent»

Mais si, il y a quelques mois, l’UPM semblait gagner en reconnaissance, c’était finalement pour mieux se banaliser, sous l’effet des efforts de Citrix et de VMware pour étendre le spectre fonctionnel de leurs solutions. Mark Templeton, Pdg de Citrix, que nous interrogions sur le sujet, fin juin, ne le nierait pas, reconnaissant chercher «à offrir l’éventail de capacités que la plupart des clients recherchent ». Et de préciser construire «les API et les relations partenaires pour la fourniture des autres fonctionnalités, celles qui sont recherchées par moins de clients ». C’est donc vers les fonctionnalités avancées qu’il faut aller pour survivre. Philippe Pech, directeur France de RES Software, en est le premier conscient, lui qui nous expliquait, il y a quelques semaines, que, «en tant qu’éditeur, on se doit de continuer à innover», face notamment aux stratégies de Citrix et de VMware. Quitte à ne plus chercher du tout à retirer de valeur de certaines offres de base...

Sur Citrix Synergy, RES Software a ainsi annoncé Workspace Manager Express, une solution gratuite, qui «intègre les fonctions fondamentales de Workspace Manager 2011». Bref, le socle fonctionnel de base. Et, pour passer aux fonctions avancées, il faut acquérir la version complète. Ce qui n’implique pas pour autant une offre gratuite de basse qualité : il faut bien se démarquer de ces Citrix et VMware qui font le marché... Fonctionnellement, les solutions avancées de RES Software et d’AppSense vont donc loin dans l’UPM, intégrant de l’automatisation : «ce qu'on fait, c’est de la personnalisation et l’on peut déclencher des éléments spécifiques en fonction d’événements prédéfinis. C’est beaucoup plus sophistiqué», explique Harry Labana. Pour lui, «notre métier consiste à se center sur l’utilisateur, à définir ce qu’est l’utilisateur », notamment la perspective de mobilité : «nous venons de constituer une équipe dédiée à cette question et à celle de la mobilité des données. L’idée étant qu’à partir du moment où l’on a réussi à extraire ce qui fait la personnalité d’un environnement, on peut ouvrir de nouveaux cas d’usage. [...] nous sommes encore en phase de test sur ce sujet mais nous commencerons bientôt à présenter des éléments.» 

En fait, pour décrire cette obligation d’avancer, Harry Labana a même des termes particulièrement crus : «vous devez cannibaliser votre propre marché avant qu’un concurrent ne le fasse.» Ou un partenaire... 

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