La virtualisation de l’environnement utilisateur gagne en reconnaissance

Méconnue, mal comprise, la virtualisation de l’environnement utilisateur semble en train de gagner la reconnaissance qu’elle mérite. Si VMware a racheté RTO Software, sur ce domaine, en février 2010, AppSense, quant à lui, garde son indépendance mais s’est récemment vu sélectionné par Cisco et HP pour leurs architectures de référence pour la virtualisation du poste de travail.

Tout semblait s’accélérer, au premier semestre 2010. En février, VMware s’offrait RTO Software pour proposer à ses clients une suite logicielle complète d’administration des machines virtuelles et des profils des utilisateurs. Plus tard, mi-mai, AppSense, un autre spécialiste du secteur, se voyait décerner le titre de «solution Citrix de l’année». Un titre pour lequel concourrait un concurrent : RES Software. Entre les solutions de ces deux éditeurs, celles d’Unidesk, de Tricerat ou encore de Liquidware Labs, la gestion des environnements des utilisateurs semblait faire carton plein. Mais l’animation est retombée. Jusqu’à récemment. Citrix et VMware ont chacun commencé à proposer des briques de gestion des profils utilisateurs (UPM). Surtout, coup sur coup, Cisco et HP ont décidé de référencer les solutions d’AppSense pour leurs architectures VDI de référence. 

Mais à quoi sert l’UPM ? Grossièrement, le poste de travail virtualisé apparaît surtout comme un poste de travail banalisé : à chaque ouverture de session, l’utilisateur peut être amené à devoir reconfigurer les préférences de ses applications, redéfinir ses imprimantes en fonction de l’endroit et du terminal à partir duquel il accède à son poste de travail virtuel, réinjecter ses favoris dans son navigateur Web, reprendre sa signature de messagerie électronique, re-personnaliser le dictionnaire du correcteur orthographique, etc. Bref, tout recommencer pour retrouver un environnement de travail familier. L’UPM vise à corriger cela. 

Dans le cas particulier de Cisco, Pierre Renard, Country Manager France d’AppSense, explique que l’équipementier a «testé et validé nos outils avec ses solutions de VDI. Une démarche en ligne avec celles d’autres partenaires : IBM, Dell, HP, Microsoft. Cisco voulait pouvoir fournir une offre complète avec gestion des profils des utilisateurs et voulait, surtout, la valider face à la montée en charge, pour des environnements avec un grand nombre d’utilisateurs ». Et s’il y a encore une vie pour l’UPM au-delà des offres de Citrix et de VMware, c’est, selon lui, que «le problème est fort. Mais ces deux éditeurs se sont contentés de combler des vides dans le périmètre exclusif de leurs offres ». D’ailleurs, le rachat de RTO Software avait été «anticipé". "Ce que nos partenaires aiment avec AppSense, c’est notre indépendance. Et l’on souhaite rester indépendants alors même que certains ont essayé de nous racheter.» 

Surtout, pour lui, la gestion des profils des utilisateurs offre des applications ailleurs que dans le VDI : AppSense se positionne aussi pour les migrations vers Windows 7 et, pour Pierre Renard, «il est plus simple de passer au VDI après avoir virtualisé les environnements des utilisateurs ». Mais les projets peuvent paraître lourds : «un projet de taille moyenne, avec 2000 utilisateurs et une centaine d’applications, dans le cadre de la migration vers un nouveau système d’exploitation, peut prendre entre 20 et 30 jours après analyse de l’environnement.» Le principal écueil venant des applications nécessitant des développements spécifiques : «nous proposons un catalogue de paramètres standard qui intègre de plus en plus d’applications. Mais les applications métiers ou développées spécifiquement demandent toujours du temps. On va de plus en plus vite mais il n’y a pas de miracles.» Pour accélérer le processus, l’éditeur fournit des outils d’analyse. Mais la documentation des applications spécifiques n’est pas toujours disponible et cela ralentit le processus - «même s’il devient bien plus simple qu’avant ». Empiriquement, à partir d'anciens projets clients, Pierre Renard estime que 30 à 35 % des applications d’une entreprise nécessitent une personnalisation spécifique des réglages. 

Mais la concurrence ne reste pas les bras croisés. Cette année, lors de Citrix Synergy, c’est Liquidware Labs qui a reçu le titre de «solution Citrix de l’année». Mi-juillet 2010, l’éditeur avait été retenu par Dell Services pour les déploiements VDI. RES Software, de son côté, a été nommé pour le «Best of Synergy Award for Best Partner Solution for Desktop Transformation ».

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